3 min de lecture Présidentielle américaine

Présidentielle USA : vaincu, Trump pourrait-il démissionner avant la fin de son mandat ?

ECLAIRAGE - L'hypothèse d’une démission de Donald Trump avant le terme de son mandat, en cas de défaite le 3 novembre, agite le microcosme de Washington.

Donald Trump quittant le Bureau oval, à la Maison Blanche, le 1 octobre 2020
Donald Trump quittant le Bureau oval, à la Maison Blanche, le 1 octobre 2020 Crédit : Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Photo-Thomas-Pierre
Thomas Pierre Journaliste

Ce ne sont encore que des bruits de couloirs. Des rumeurs qui trouvent pourtant un certain écho chez les commentateurs politiques de Washington. Elles prétendent qu'au vue des sondages alarmants et de la campagne de plus en plus erratique menée par Donald Trump, la Maison Blanche envisagerait déjà une porte de sortie "honorable" pour le président, s'il venait à subir un revers cinglant le 3 novembre. 

Ce "scénario catastrophe", qui lui permettrait de garder la tête haute, aurait également l'avantage d'éviter une contestation longue et procédurière des résultats du scrutin de la part du camp Trump. En effet, le milliardaire s'est toujours refusé à garantir une transition pacifique du pouvoir en cas de défaite, laissant planer une éventuelle menace sur la démocratie américaine

En juillet déjà, bien avant que le candidat républicain ne dévisse dans les sondages, le très sérieux site Politico se demandait comment Trump prendrait le fait de se voir "tatouer" le terme de 'looser' sur le front, et si pour éviter une telle humiliation il ne serait pas tenté de quitter la course avant novembre. 

Alors quand début octobre un élu démocrate rapporte que, selon une source républicaine au sein de la Maison Blanche, Donald Trump se serait vu "conseiller de démissionner avec honneur plutôt que de partir dans la défaite", avant d'ajouter : "il a peur de la prison" et "il doit discuter avec Pence d'un pardon", l'idée a le temps de faire son chemin dans le microcosme de la capitale américaine. 

Trump pardonné par Pence ?

À lire aussi
Le démocrate Joe Biden, le 28 juillet 2020, à Wilmington dans le Delaware Présidentielle américaine
Présidentielle américaine : Joe Biden a voté par anticipation

Car c'est justement sur la question d'une "grâce présidentielle" que cette prétendue information (ou véritable intox) prend de l'épaisseur, et constitue une alternative vraisemblable à ce que pourrait augurer l'après-3 novembre. Surtout que chez les démocrates, qui se préparent déjà à une âpre bataille judiciaire avec le camp Trump, le précédent Nixon est dans toutes les têtes. 

En 1974, le président Richard Nixon, acculé par les révélations du Watergate et subissant une procédure de destitution, choisit de démissionner, passant de facto les pleins-pouvoirs au vice-président Gerald Ford. Une décision historique prise non sans avoir au préalable négocié une contrepartie de la part du nouveau président Ford : être gracié de tous ses méfaits afin de ne subir aucune poursuite judiciaire. 

Dès lors, s'il perd son immunité présidentielle, il faut bien reconnaître que l'avenir judiciaire de Donald Trump s'annonce morose, tant les révélations récentes, notamment sur ses finances, donneront de la matière à des investigations plus fouillées du côté des magistrats américains. Un scénario comparable, où Mike Pence octroierait un pardon au président Trump, serait donc une sérieuse piste à étudier chez les républicains, s'il n'en était une autre : celle d'un "auto-pardon" par Donald Trump lui-même. 

Trump peut-il s' "auto-pardonner" ?

Audacieuse, cette question constitutionnelle, qui a même eu droit au chapitre cette semaine au Congrès, lors des auditions d'Amy Coney Barret pour sa nomination à la Cour Suprême, avait déjà été évoquée par le milliardaire républicain en 2018. 

Faisant alors l'objet de l'enquête du procureur Mueller sur une éventuelle ingérence russe lors de sa campagne de 2016, le républicain avait affirmé sur Twitter son "droit absolu" à pouvoir se gracier lui-même : "Comme cela a été stipulé par de nombreux spécialistes du droit, j'ai le droit absolu de me GRACIER, mais pourquoi le ferais-je alors que je n'ai rien à me reprocher ?".

Un temps également envisagée par Nixon, cette solution n'avait à l'époque pas été retenue. Sans précédent, une telle décision entraînerait en effet la saisie quasi-automatique de la Cour Suprême. Dès lors, avec une nouvelle juge conservatrice dans ses rangs, les Sages pourraient trancher en faveur du 45e président des Etats-Unis. Une raison de plus pour accélérer la nomination d'Amy Coney Barret avant le 3 novembre. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Présidentielle américaine Justice Donald Trump
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants