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Présidentielle américaine : Donald Trump et l'ombre de l'extrême droite

DÉCRYPTAGE - L'élection présidentielle américaine a mis en lumière l'existence des groupuscules armés d'extrême-droite qui constituent, selon la police fédérale, la principale menace terroriste sous le mandat de Donald Trump.

Donald Trump à la Maison Blanche en mars 2020
Donald Trump à la Maison Blanche en mars 2020
Crédit : MANDEL NGAN / AFP
Marie-Pierre Haddad & AFP

Une élection sous haute tension. L'ambiance se crispe aux États-Unis, alors que le dépouillement se poursuit dans plusieurs États du pays. À Portland, des manifestants armés de fusils d'assaut ont brûlé des drapeaux américains. La situation dans cette enclave libérale de l'Oregon traduit le sentiment d'une division désormais actée entre deux Amériques. 

Une frénésie d'achat d'armes s'est emparée de certains Américains. Un reflet de l'angoisse grandissante face au cumul de la pandémie, de violences très médiatisées et d'un climat politique hyper-tendu.

Un casque anti-bruit vissé sur la tête, les pieds écartés, Brenda Dumas pointe son pistolet flambant neuf vers une cible de carton. "Battez-vous", crie l'instructeur. Des détonations retentissent dans la clairière de la Boondocks Firearms Academy, en banlieue de Jackson, dans le sud des États-Unis.

L'ombre des Proud Boys

De Charlottesville à Cleveland, l'ombre de l'extrême droite violente plane sur le mandat de Donald Trump, régulièrement accusé de cultiver l'ambiguïté sur ses relations avec les suprémacistes blancs. Le président américain a tenté d'apaiser la polémique créée par ses propos lors du débat avec Joe Biden, quand il avait estimé que les Proud Boys, un groupuscule nationaliste, devaient se "tenir prêts". La petite phrase a suscité une vague de critiques.

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Devant la presse, il a appelé les milices d'extrême droite à "laisser la police faire son travail" face aux violences commises, selon lui, par les militants antifascistes qui manifestent depuis plusieurs mois contre le racisme et les brutalités policières à travers les États-Unis. Ces marches dégénèrent parfois en affrontements avec la police ou avec des groupes paramilitaires, et peuvent tourner au drame. Deux militants antifascistes et un membre d'un groupuscule d'extrême droite ont ainsi été tués lors de manifestations.

"Je ne sais pas qui sont les Proud Boys. La seule chose que je peux dire est qu'ils doivent se retirer et laisser la police faire son travail", a dit le président, affirmant qu'il avait "toujours dénoncé" les partisans du suprémacisme blanc.

Une ambiguïté avec les milieux nationalistes

Les démocrates ont unanimement condamné les propos de Donald Trump. "Il n'y a pas d'autre façon de le dire: le président des États-Unis a refusé de désavouer les suprémacistes blancs lors du débat hier soir", a commenté Joe Biden sur Twitter. "Mon message aux Proud Boys et à tout autre groupe de suprémacistes blancs est 'arrêtez tout'", a-t-il insisté devant la presse. "Si vous êtes avec (le président), vous êtes avec les suprémacistes blancs. C'est tout simple", a réagi la joueuse de football Megan Rapinoe, militante pour les droits des femmes et des personnes LGBT.

Le groupe paramilitaire fondé à New York en 2016, aux membres exclusivement masculins et qui soutient Donald Trump, avait dès mardi soir transformé la parole présidentielle en slogan, postant sur les réseaux sociaux un logo et des t-shirts avec la mention "Stand Back, Stand By". Même s'il condamne régulièrement les actes racistes et antisémites, Donald Trump a dès sa campagne en 2016 été accusé de cultiver une certaine ambiguïté avec les milieux nationalistes.

En août 2017, des centaines de militants de l'ultra-droite s'étaient rassemblés à Charlottesville, en Virginie, où des heurts avec des manifestants antiracistes avaient éclaté. Un sympathisant néo-nazi avait percuté une foule en voiture, faisant un mort et 19 blessés.

"White power"

Le président s'était attiré une avalanche de critiques en estimant qu'il y avait "des gens bien des deux côtés" lors de ces affrontements, a rappelé Joe Biden. Car depuis 2017, les actions d'une extrême droite ultra-violente et raciste se sont multipliées aux États-Unis. 

Une attaque contre une synagogue de Pittsburgh a fait 11 morts fin 2018 - un acte condamné par Donald Trump qui s'était rendu sur place à l'époque - et en août 2019, un jeune Américain a tué pour un motif raciste 22 personnes en majorité hispaniques dans un hypermarché d'El Paso, au Texas.

Face au mouvement historique de colère contre le racisme et les brutalités policières envers les Afro-Américains qui traverse le pays depuis fin mai, Donald Trump dénonce plutôt les violences perpétrées selon lui par les militants de la gauche radicale. Et en plein débat sur le passé esclavagiste du pays, il fustige "une campagne visant à effacer notre histoire". En juin, il avait brièvement partagé la vidéo d'un affrontement entre plusieurs de ses partisans et de ses opposants, où l'on voyait un homme hurler "white power", cri de ralliement des suprémacistes blancs.  

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