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Pourquoi la France va boycotter la conférence de suivi de Durban sur le racisme

La première conférence de Durban de l'ONU, qui s'est tenue en 2001 en Afrique du Sud, avait été marquée par de nombreuses déclarations antisémites.

Le logo des Nations unies visible au siège des Nations unies le 20 mai 2021 à New York. (Illustration)
Le logo des Nations unies visible au siège des Nations unies le 20 mai 2021 à New York. (Illustration)
Crédit : ANGELA WEISS / AFP
Florine Boukhelifa & AFP

Plusieurs pays européens ainsi que les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Australie, le Canada et Israël ont déjà annoncé leur boycott de cette réunion prévue le 22 septembre prochain. Comme une dizaine d'autres pays, la France ne participera pas à la conférence Durban IV de suivi de la conférence de l'ONU contre le racisme, organisée à l'occasion du vingtième anniversaire de Durban I en Afrique du Sud, marquée par des déclarations antisémites.

"Préoccupé par l'historique des déclarations antisémites prononcées dans le cadre de la conférence des Nations unies sur le racisme, dite conférence de Durban, le président de la République Emmanuel Macron a décidé que la France ne participerait pas à la conférence de suivi qui aura lieu cette année", a indiqué le palais présidentiel de l'Élysée vendredi 13 août.

Précédée par deux conférences mondiales contre le racisme en 1978 et 1983 à Genève, la conférence de Durban qui s'était tenue du 31 août au 8 septembre 2001, quelques jours avant les attaques terroristes du 11 septembre, avait sombré dans des querelles entre Arabes et Occidentaux sur la question sous-jacente d'Israël, États-Unis et Israël quittant même la réunion. Les pays arabes ainsi que les Palestiniens espéraient obtenir une condamnation claire des violations des droits de l'Homme commises selon eux contre des Palestiniens en Israël et dans les territoires occupés et souhaitaient voir le sionisme assimilé à une forme de racisme.

Les conférences de 2009 et 2011 déjà boycottées

Les participants s'étaient aussi profondément divisés sur les questions du colonialisme et de l'esclavagisme. Par la suite, de nombreux pays occidentaux, dont la France, avaient boycotté, déjà, les conférences de suivi de 2009 et 2011.

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"Attachée à l'universalisme des droits de l'Homme, la France continuera de lutter contre toutes les forces de racisme et veillera à ce que la conférence de suivi de Durban se tienne dans le respect des principes fondateurs des Nations unies", a affirmé la présidence française. En 2020, Emmanuel Macron avait de nouveau mis en garde contre "l'insupportable regain de l'antisémitisme dans notre Europe", ce "mal souterrain" qui peut "porter son visage de toujours" ou "emprunter les masques nouveaux de la haine islamiste de l'antisionisme".

"Bravo", a tweeté, après l'annonce de l'Élysée, Simone Rodan-Benzaquen, directrice générale de l'AJC Europe (American Jewish Association). Dans une tribune de presse le mois dernier, cette dernière avait qualifié la conférence de 2001 de "terrible revers pour la lutte universaliste contre le racisme, pervertissant et instrumentalisant cette cause contre le sionisme, Israël et les Juifs". "La réalité est que Durban a marqué un tournant voire un point de départ dans la manière dont l'antisémitisme se manifeste aujourd'hui", déclarait-elle aussi.

De son côté, Israël a rappelé le déferlement "de haine" auquel elle avait donné lieu : "La conférence initiale de Durban était un spectacle de haine et de propagande anti-israélienne et les événements qui ont suivi sont devenus des événements d'incitation à la haine anti-israélienne. Onze pays, dont Israël, ont décidé de ne pas participer à cet événement pour cette raison précise", a dit à l'Agence France-Presse (AFP) vendredi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Lior Haiat.

Pays-Bas, Autriche, Hongrie, République tchèque, ont pareillement invoqué la portée historique de la conférence de 2001 pour refuser de s'associer à la conférence de suivi. En revanche, un haut responsable du ministère palestinien des Affaires étrangères, qui a requis l'anonymat, a confirmé à l'AFP la participation palestinienne "avec une délégation officielle venant de Palestine ou de New York" et ce, "malgré la position de certains pays de l'Union européenne".

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