3 min de lecture Prisons

Phil Spector, de producteur de légende à meurtrier paranoïaque

Retour sur la mort de Phil Spector, ce "mauvais génie du rock" condamné en 2009 à dix-neuf ans de prison pour le meurtre de l’actrice Lana Clarkson, le 3 février 2003.

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Phil Spector, un meurtre qui lui a valu de mourir en prison Crédit Image : AL SEIB / POOL / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
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Isabelle Choquet édité par Emmanuelle Brisson

Phil Spector, producteur de légende, mais aussi personnage sulfureux condamné pour avoir tué Lana Clarkson, est au centre des journaux du lundi 18 janvier. Le journal l'Obs vient même de republier un article paru pendant le premier procès.

Rappelons-nous du 3 février 2003. Il est 5 heures du matin et le chauffeur de Spector dort dans la Mercedes, quand soudain, il est réveillé par un coup de feu. À la porte du château baroque où vit le producteur, Adriano voit apparaître son maître, un Colt entre les doigts, les mains ensanglantées. Selon son témoignage, Spector dit simplement : "Je crois que je viens de tuer quelqu’un." Derrière lui, la belle Lana s'est effondrée dans un fauteuil du vestibule, le crâne en bouillie. 

L'Obs revient sur la rencontre presque inéluctable entre la starlette ratée et le producteur de pop music déchu. Le premier contact a eu lieu au House of Blues, le légendaire café-club de Sunset Boulevard. Lana est une blonde de 40 ans aux jambes de rêve. Elle devrait se rendre à l'évidence, elle n’a aucun talent. Mais comme toutes les créatures perdues, elle rêve toujours du coup de chance qui la lancera enfin. Arrive Phil Spector, et comme dit l'Obs, "il n'a pas sucé que des glaçons." Son compteur affiche trois daiquiris, deux grogs, et déjà deux petites pépées. Une nuit comme tant d'autres. 

Spector n’a jamais accepté de ne plus faire partie de l’Olympe du rock. Il a été au sommet dans sixties, grâce à son fameux Wall of sound : un mur de son saturé de synthé. 

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Spector a surnagé grâce à Let it be, il s'est cramponné à John Lennon sur Imagine, mais depuis la fin des années 1970, il est fini. Il est incapable de se débarrasser de son style d’ado déjanté, de ranger ses redingotes de velours, ses chemises mauves et ses perruques délirantes. Ses journées, il les passe cloîtré dans son "Xanadou", son manoir néo-victorien. Il se passe en boucle Citizen Kane, c'est son film préféré. 

Un homme entouré mais pourtant si seul

Il a gardé ses manières de diva, capable de virer un domestique d'un claquement de doigt ou de donner un pourboire de 500 dollars à une serveuse. Quand il sort, il est entouré d’armoires à glace en costume à rayures et on le voit parfois au bras de sa jeune femme, très blonde. Il est très entouré et il crève de solitude. Alors, quand il est vaguement en forme, il joue les oiseaux de nuit. On continue à l'inviter dans les soirées parce que c'est Phil Spector.

C'est d'ailleurs ce qu'il dit à Lana quand il débarque au House of blues. Elle ne l'a pas reconnu, avec sa perruque, elle l'a même pris pour une femme. Elle se fait reprendre par son boss : "Réserve-lui un traitement en or, ma belle". Spector la drague, elle lui sourit gentiment, ils repartent ensemble. On ne saura jamais ce qui s'est passé, ou ce qui ne s'est pas passé, mais on connaît la fin.

"12 flingues et 14 téléphones"

Spector parlera d'un accident, ce qui est dur à croire. Dans son manoir de grand paranoïaque, les policiers retrouvent 12 flingues et aussi 14 téléphones. Les armes à feu l'ont toujours fasciné. D'ailleurs il défouraillait à tout bout de champ, ça faisait partie de la légende. Toutes ses amies ou ses copines d'un soir racontent les menaces, les pistolets braqués sur elles. Il s'est fait virer d'une soirée pour avoir brandi sa pétoire en hurlant que toutes les femmes méritent une balle dans la tête. Il a tiré dans le plafond du studio de John Lennon un jour d'enregistrement, il a posé son flingue sur la nuque de Leonard Cohen, en lui disant "Leonard, I love you". Plein d'esprit, Cohen aurait répondu : "J’espère que c’est vrai, Phil". 

Phil Spector est le mauvais génie du rock. Un article à lire ou à relire sur le site de l'Obs.

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