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Peugeot-Citroën : "L’industrie française a déjà payé pour la Pologne", selon François Lenglet

ÉDITO - L'entreprise Peugeot-Citroën est revenue sur son plan de transfert de salariés polonais dans son usine automobile de Hordain, dans le Nord. Cette annonce avait déclenché la fureur des syndicats.

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Peugeot-Citroën réaménage son transfert de salariés polonais, les syndicats vent debout Crédit Image : SIPA | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Camille Descroix

L'entreprise Peugeot-Citroën a finalement aménagé son projet, celui de faire venir travailler des Polonais dans l'usine automobile de Hordain, dans le Nord. Cette décision avait déclenché une levée de boucliers des syndicats.

La semaine dernière, le constructeur avait annoncé faire venir 530 salariés, principalement de l’usine de Gliwice, en Pologne, pour les faire travailler trois mois en France, payés aux conditions françaises et logés aux frais de l’employeur. Le tout pour répondre à un plan de charge très tendu : il y a une très forte demande pour les véhicules utilitaires, à cause des retards de livraisons pendant le confinement

Ces embauches se faisaient évidemment au détriment des intérimaires français. L’affaire a déclenché la fureur des syndicats français, qui voulaient privilégier ces intérimaires, aujourd’hui au chômage, et les remontrances du pouvoir politique.

Quel intérêt pour PSA ?

De mettre en œuvre, au sein du groupe industriel, une solidarité européenne, pour faire travailler les salariés d’une usine actuellement en sous-charge, celle de Pologne. Comme si les salariés, avant d’être polonais, étaient des "Peugeot", et qu’à ce titre, l'entreprise était tenue de leur fournir du travail. 

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Le problème, c’est que Peugeot est une entreprise française, qui a d’ailleurs été fortement aidée par le contribuable français il y a six ans, quand elle était en faillite. Elle profite du plan de soutien à l’automobile et des mesures d’aides liées à la crise, payées elles aussi par le contribuable.

Cette affaire a mis Peugeot dans un conflit de loyauté : faut-il qu’une entreprise soit fidèle à son territoire d’origine ou à son collectif d’entreprise, fut-il international ?

PSA a-t-elle oublié sa nationalité ?

Cela est difficile à entendre alors que la France est, comme d’autres, en difficulté économiques graves. On attend d’une entreprise qu’elle fasse passer la France et les Français avant les autres, une sorte de patriotisme. 

Si l’on veut exercer sa solidarité, il y a déjà de quoi faire en France. Employer des polonais alors que les intérimaires français seraient sans emploi, c’est comme si l’assurance-chômage française faisait une sorte de subvention à la Pologne. Est-ce vraiment nécessaire aujourd’hui ? 

Ajoutons encore qu’on a déjà consenti d’énormes transferts d’emploi en Pologne, sous la forme de délocalisations industrielles d’usines qui étaient installées chez nous auparavant, dans l’électro-ménager par exemple. C’était, à l’époque, déjà justifié par la solidarité européenne, et bien sûr par les prix moindres pour le consommateur. Donc, l’industrie française et ses emplois ont déjà payé pour la Pologne.

Déplacer les salariés français à l'étranger, une bonne idée ? Non, disent les syndicats

On pourrait imaginer qu’un jour, les Français profitent d’un tel système, en allant travailler ailleurs. Mais est-ce souhaitable de transborder en permanence des contingents de salariés par-delà les frontières en fonction des besoins de telle ou telle usine ? 

Les syndicats sont contre : ils ne veulent pas de ce qu’ils appellent les "nomades de l’industrie", et on ne peut pas leur donner tort. Que va faire PSA ? Une cote mal taillée, en employant 235 intérimaires Français, 124 Polonais, le reste étant à définir. 

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