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"Perfidie" ou non ? Comment l’armée américaine a maquillé un avion en appareil civil pour frapper des narcotrafiquants présumés

La première attaque de l'armée américaine en septembre contre un bateau de trafiquants de drogue présumés avait fait onze morts. Mais elle pourrait s'avérer être un acte de "perfidie", interdit par le droit international, du Pentagone, selon le "New York Times".

Le logo du Pentagone des États-Unis, à Washington.

Crédit : Celal Gunes / ANADOLU / Anadolu via AFP

AFP & Gabriel Joly

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L'armée américaine a utilisé un avion maquillé en appareil civil lors de sa première attaque contre un bateau de trafiquants de drogue présumés, qui avait fait onze morts en septembre, a révélé lundi 12 janvier le New York Times. Cette pratique pourrait constituer un crime de guerre, selon le quotidien, le droit international humanitaire interdisant la "perfidie", qui consiste notamment à tromper l'adversaire en feignant d'avoir le statut de civil.

Les États-Unis mènent depuis septembre une campagne de frappes contre des embarcations, présentées par Washington comme appartenant à des trafiquants de drogue, qui ont fait plus de 100 morts dans les Caraïbes et le Pacifique.

L'administration de Donald Trump n'a jamais fourni la moindre preuve que les navires visés étaient effectivement impliqués dans un quelconque trafic. La première de ces frappes avait été annoncée le 2 septembre par le président américain et avait fait onze morts, selon lui.

Citant des responsables au fait du dossier, le New York Times rapporte que cette frappe a été réalisée par un avion déguisé en appareil civil, qui transportait ses munitions à l'intérieur du fuselage et non de manière visible sous les ailes.

Clairement identifiable ou non ?

Le major-général à la retraite Steven Lepper, ancien juge-avocat général adjoint de l'armée de l'air américaine, a déclaré au média que si l'avion avait été peint de manière à dissimuler sa nature militaire et s'était approché suffisamment près pour que les personnes à bord du bateau puissent le voir, les trompant au point de les empêcher de se protéger ou se rendre pour survivre, il s'agissait d'un crime de guerre selon les normes des conflits armés.

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Le service de presse du Commandement des opérations spéciales des États-Unis a refusé de commenter la nature des aéronefs, mais a toutefois insisté sur le fait qu'ils ont fait l'objet d'un examen juridique. "Avant leur mise en service, chaque aéronef est soumis à une procédure d’acquisition rigoureuse afin de garantir sa conformité avec le droit national, les politiques et réglementations du ministère et les normes internationales applicables, notamment le droit des conflits armés", a déclaré Kingsley Wilson, porte-parole du Pentagone au New York Times.

Les forces américaines avaient ensuite lancé une seconde salve contre le navire déjà touché, tuant des survivants. Cette double frappe avait été qualifiée par des élus de crime de guerre. L'armée a depuis eu recours a des appareils militaires reconnaissables, dont des drones, pour ces opérations, précise le journal new-yorkais. Et ce, même s'il n'est pas certain que ces engins aient tous volé à une altitude suffisamment basse pour être repérés et visibles de la cible.

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