2 min de lecture Chine

Ouïghours : la France propose une mission d'"observateurs indépendants" sur place

Jean-Yves Le Drian a de nouveau dénoncé devant l'Assemblée nationale, ce mardi 28 juillet, "des pratiques injustifiables" à l’encontre de la minorité musulmane ouïghoure dans la région du Xinjiang, au nord-ouest de la Chine.

Un "centre" suspecté de détenir des Ouïghours, près de Hotan, dans le Xinjiang, ici en mai 2019
Un "centre" suspecté de détenir des Ouïghours, près de Hotan, dans le Xinjiang, ici en mai 2019 Crédit : GREG BAKER / AFP
Sarah Ugolini
Sarah Ugolini
et AFP

La France a proposé ce mardi 28 juillet qu'une "mission internationale émanant d'observateurs indépendants", "sous la houlette" de la Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, se rende au Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, pour enquêter sur la situation de la minorité musulmane ouïghoure.

Dans cette région, "il y a des pratiques injustifiables qui vont à l'encontre des principes universels inscrits dans les grandes conventions internationales des droits de l'Homme", a estimé le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian devant l'Assemblée nationale.

Il a notamment cité "l'internement des Ouïghours dans des camps, des détentions massives, du travail forcé, des stérilisations forcées, la destruction du patrimoine culturel des Ouïghours (...), la surveillance généralisée de la population, un système répressif global dans toute la région".

Si les autorités chinoises disent que ça n'existe pas, alors il faut aller l'attester sur place

Jean-Yves Le Drian devant l'Assemblée nationale.
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La semaine dernière, s'exprimant également devant l'Assemblée nationale, le ministre avait jugé "inacceptable" l'internement de membres de la minorité ouïghoure. Il avait aussi réclamé "l'accès d'observateurs indépendants internationaux au Xinjiang".

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Réagissant à ces déclarations le lendemain, la Chine avait dénoncé des "mensonges". La politique de Pékin au Xinjiang "ne vise aucun groupe ethnique spécifique ni religion", avait affirmé le porte-parole de Pékin, assurant que la politique de son pays dans la région ne relevait pas des droits humains ni de la liberté de culte, mais de la lutte contre "le terrorisme et le séparatisme".

"Mes déclarations de la semaine dernière ont suscité des réactions des autorités chinoises", a répondu mardi le ministre français. "Je leur dis ici que j'en ai pris bonne note", a-t-il poursuivi. 

"Puisqu'ils disent que mes propos sont infondés, nous proposons qu'il y ait une mission internationale émanant d'observateurs indépendants, sous la houlette de la Haut-commissaire aux droits de l'Homme Mme Bachelet, qui se rende sur place, qu'ils voient et qu'ils rendent témoignage, puisque, si les autorités chinoises disent que ça n'existe pas, alors il faut aller l'attester sur place", a ajouté Jean-Yves Le Drian. Michelle Bachelet est Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme.

Les Ouïghours constituent le principal groupe ethnique du Xinjiang, une immense région qui a notamment des frontières communes avec l'Afghanistan et le Pakistan. Régulièrement frappée par des attentats meurtriers, attribués par Pékin à des séparatistes ou des islamistes ouïghours, elle est sous haute surveillance policière.

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