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Le bar Le Constellation dans la station de ski de Crans-Montana en Suisse le 2 janvier 2026, qui a été ravagé par un incendie mortel le soir du Nouvel An.
Crédit : MAXIME SCHMID / AFP
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Cinq jours après l'incendie mortel survenu dans le bar "Le Constellation" de Crans-Montana, dans lequel 40 personnes ont perdu la vie et 119 autres ont été blessées la nuit du Nouvel An, le président de la commune suisse (équivalent du maire de la ville) a pris la parole lors d'une conférence de presse, ce mardi 6 janvier. Durant cette prise de parole, Nicolas Féraud a reconnu des "manquements", notamment l'absence de contrôle de 2020 à 2025.
En effet, depuis 2020, la mairie ne s'est jamais rendue dans cet établissement tenu par deux Français. Depuis 5 ans donc, aucun contrôle des installations de sécurité n'a été fait, alors que la commune a l'obligation légale de le faire tous les ans. Les propriétaires du bar ont malgré tout été contrôlés une fois, en septembre dernier, mais ce contrôle réalisé par un bureau externe portait uniquement sur les nuisances sonores.
Sur cette absence de contrôle de sécurité, le président de la commune, dit ne pas avoir été au courant. "Je l'ai appris samedi", assure-t-il. Quant à la question sur le nombre d'agents dont dispose la ville pour effectuer ces fameux contrôles : la réponse est 5 pour 128 établissements.
"Nous sommes profondément navrés. Nous n'avons pas eu signe que les contrôles ne se faisaient pas selon les demandes", a assuré le président de la commune de Grans-Montana. Mais que répond-il aux familles qui pourraient penser que cette défense est un peu légère ? "C'est la justice qui donnera les responsabilités de chacun", poursuit Nicolas Féraud.
Dans ce dossier, la commune a annoncé se porter partie civile. Elle pointe du doigt la négligence du propriétaire qui n'avait pas respecté la capacité maximum d'accueil de son établissement et n'avait pas prévenu l'utilisation régulière de feux de Bengale à quelques centimètres d'un plafond en mousse.
Invité de RTL Midi, ce mardi, Me Sébastien Fanti, avocat de quatre familles de victimes de Grans-Montana (quatre personnes qui ont été blessées durant l'incendie et qui sont toujours hospitalisées), fustige "l'attitude" de la commune dans ce dossier.
"Au départ, le président de commune avait dit que les services techniques avaient travaillé conformément à la loi et que les contrôles avaient été effectués. Je pense qu'il s'est exprimé trop rapidement, sans vérifier dans ses propres dossiers ce qu'il en était. Aujourd'hui, il fait cette amende honorable", salue le conseil. Mais, selon lui, la commune pourrait "être tenu pour responsable sur le plan pénal, non pas en tant que collectivité publique, mais par ses membres et ses collaborateurs".
"Dès l'instant où elle n'a pas fait les contrôles, sa responsabilité, la responsabilité des hommes, puisque la justice pénale, ce sont des hommes et des femmes, elle est reconnue, donc elle sera établie", appuie Me Sébastien Fanti qui regrette "des maladresses, des erreurs" suite au drame. "À un moment donné, il faut se reprendre en main. Il faut respecter les normes, respecter les lois", poursuit-il tout en réclamant la consultation de tous les documents de la commune, pas encore transmis aux avocats.
Sur les cinq agents disponibles pour contrôler les 128 établissements de la commune, l'avocat des familles de victimes bat en brèche cette explication de la commune. Selon Me Sébastien Fanti, la ville compte seulement 13 bars et trois bars sur les pistes. L'avocat met en effet de côté les restaurants ou tout autre établissement de bouche. "L'appréhension du risque, quand vous avez 13 bars, ne constitue-t-elle pas une nécessité de contrôle de ces 13 bars avant les autres ?", s'interroge-t-il au micro de RTL.
Et de poursuivre : "Si vous avez raté un contrôle annuel, je veux bien l'entendre. Si vous avez raté des contrôles pendant cinq ans, mais comment vous voulez que j'explique ça aux parents d'enfants qui sont décédés ou blessés à l'hôpital ?" Pour le conseil, cette explication donnée par les responsables de la commune "n'est pas digne du malheur qui frappe nos amis, nos hôtes".
"On doit vous demander pardon, on doit se mettre à genoux pour vous dire 'nous n'avons pas été en capacité d'assurer la sécurité de vos enfants'. C'est ça la vérité. Quant au manque de moyens, dans une commune parmi les plus riches du canton du Valais de Suisse... Mais comment vous voulez plaider le manque de moyens quand vous avez des millions ? C'est impossible. C'est une défense qui est absurde", martèle l'avocat.
Enfin, Me Sébastien Fanti réclame, sur le RTL, le placement en détention provisoire des deux gérants du bar du Valais. "J'espère bien que cela va se passer très vite, poursuit-il. De nombreux juristes dans ce pays ne sont pas du tout d'accord avec cela. Personne ne peut comprendre cette décision. Si ces deux personnes quittaient la Suisse et se rendaient en France, elles deviendraient inextradables en vertu de votre code de procédure pénale".
Et de conclure : "Je suis évidemment malheureusement content de voir une enquête miroir en France qui pourra contrôler la qualité du travail de l'enquête suisse. J'ai déjà vécu des situations similaires ici, et le Valais n'en était pas sorti grandit. Il faut que le ministère public se ressaisisse rapidement".
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