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Nikki Haley, l'atout féminin de Donald Trump aux ambitions mystérieuses

Mardi 9 octobre, Nikki Haley a démissionné de son poste d'ambassadrice des États-Unis à l'ONU, la dernière d'une longue série parmi l'équipe stratégique du président.

Nikki Haley et Donald Trump dans le bureau ovale le 9 octobre 2018
Nikki Haley et Donald Trump dans le bureau ovale le 9 octobre 2018 Crédit : Olivier Douliery / AFP
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Cécile De Sèze
et AFP

Elle est l'une des figures les plus importantes de l'administration Trump. C'est le président américain qui l'a nommée au poste d'ambassadrice des États-Unis aux Nations Unies en janvier 2017. Une des rares femmes qui l'entourent professionnellement.

Nikki Haley a annoncé sa démission surprise mardi 9 octobre, la dernière d'une longue série parmi l'équipe stratégique du président. "Elle m'a dit il y a environ six mois qu'elle souhaitait prendre une pause", a justifié mardi le milliardaire républicain, louant le "travail fantastique" de son "amie", présente à ses côtés, tout sourires, dans le Bureau ovale.

Son départ sera effectif à la fin de l'année, et son ou sa remplaçant-e sera annoncé "d'ici deux ou trois semaines", a fait savoir le président américain. Plus tôt, il avait évoqué l'hypothèse d'une nomination de sa fille Ivanka - "ce serait de la dynamite" - mais "je serais accusé de népotisme", a-t-il aussitôt regretté. L'intéressée a elle-même exclu cette possibilité dans un tweet. 

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Des motivations encore inconnues

Nikki Haley, 46 ans, à qui l'on prête régulièrement des vues sur la Maison Blanche, a assuré qu'elle ne serait pas candidate à la présidentielle de 2020 et qu'elle soutiendrait Donald Trump. "Il est important de savoir quand il est temps de faire un pas de côté", a seulement expliqué l'ex-gouverneure de Caroline du Sud. Ses motivations restent donc un mystère.

Ambitions politiques ? Désaccords de fond au lendemain de l'arrivée du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême malgré des accusations d'abus sexuels ? Besoin de se renflouer dans le privé alors que ses déclarations d'intérêts font apparaître d'importantes dettes ?

Ou alors le risque soulevé par une enquête potentielle, réclamée lundi, à la veille de sa démission, par une association de défense de l'éthique sur sept vols en avions privés offerts l'an dernier à l'ambassadrice par des hommes d'affaires ? 

Une "partenaire formidable"

Quoi qu'il en soit, son départ a pris de court des collègues à Washington et à l'ONU, où son bilan a été globalement salué. "Partenaire formidable", a commenté laconiquement le secrétaire d'État, Mike Pompeo, qui a repoussé les questions des journalistes.

"C'est un autre signe de la politique étrangère chaotique de cette administration", a pour sa part déploré le chef de file démocrate à la commission des Affaires étrangères du Sénat, Bob Menendez. Il fait suite aux nombreux limogeages et démissions autour du président en près de deux ans. L'équipe diplomatique initiale aura ainsi été totalement remodelée, après l'arrivée au printemps de M. Pompeo à la tête de la diplomatie américaine et de John Bolton comme conseiller à la sécurité nationale.

Ces deux poids lourds ont en partie éclipsé cette étoile montante du camp républicain, qui avait auparavant bénéficié de l'effacement du précédent ministre des Affaires étrangères Rex Tillerson.

Une ligne dure contre la Corée du Nord et l'Iran

Nikki Haley s'est distinguée en portant d'emblée une ligne dure, notamment contre la Corée du Nord et l'Iran, les deux priorités diplomatiques de Donald Trump.

Depuis New York, elle se faisait également l'écho des critiques présidentielles à l'égard de l'ONU, vue comme une bureaucratie inefficace dans laquelle Washington investit beaucoup trop d'argent mais aussi comme une institution avec d'évidents "biais anti-israéliens". 

Selon Stephen Pomper, de l'International Crisis Group, elle était à cet égard "un facteur de division, attaquant les institutions et les ONG qui défendent la transparence et les droits fondamentaux, et travaillant à transformer l'aide humanitaire en arme politique". 

Ancienne critique de Donald Trump

Cette fille d'immigrés indiens n'a pas toujours été du côté de Donald Trump. En février 2016, elle avait jugé que le milliardaire incarnait "tout ce qu'un gouverneur ne veut pas d'un président". Et, juste avant la victoire du 8 novembre 2016, elle se disait encore "pas fan" du tonitruant candidat républicain. Elle lui reprochait de dénoncer les immigrés, de ne pas condamner des groupes racistes comme le Ku Klux Klan. Elle disait qu'il était trop "irresponsable" pour être président.

Mais elle a ensuite gagné ses galons dans la galaxie Trump. Si elle a laissé entendre l'existence de désaccords avec le président, notamment lorsque ce dernier n'a pas clairement condamné les sympathisants nazis après la mort d'une manifestante antiraciste lors de violences à Charlottesville à l'été 2017, elle a toujours pris soin de ne pas les étaler sur la place publique. 

"Si je ne suis pas d'accord avec quelque chose et crois que c'est suffisamment important pour être discuté avec le président, je le fais. Et il écoute", avait-elle dit en septembre, en réponse à la tribune anonyme d'un membre de l'administration qui évoquait une "résistance de l'intérieur" aux agissements de Donald Trump. 

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Mardi 9 octobre, Nikki Haley a démissionné de son poste d'ambassadrice des États-Unis à l'ONU, la dernière d'une longue série parmi l'équipe stratégique du président.
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2018-10-10 15:32:51
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