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"Leur plaisanterie a mal tourné" : quand quatre élèves de Saint-Cyr se retrouvent suspectés d’avoir incendié un cargo au Japon

Des militaires français de l’école d’officiers de Saint-Cyr sont soupçonnés d’avoir mis le feu à un navire marchand américain stationné au Japon en novembre 2024. Une enquête disciplinaire de l'armée de Terre visant ces quatre officiers est par ailleurs en cours.

Des élèves de l'école militaire de Saint-Cyr.

Crédit : SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

Des élèves de Saint-Cyr impliqués dans un incendie de bateau à Okinawa

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Des élèves de Saint-Cyr impliqués dans un incendie de bateau à Okinawa

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William Galibert - édité par Ennio Aparicio-Szkudlarek

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Ils étaient censés incarner ce que la France fait de mieux en matière de discipline et de sens des responsabilités. Pourtant, le 25 novembre 2024, ces élèves se sont comportés comme des minables. Formés à Saint-Cyr, ces quatre futurs cadres de l'armée française étaient en goguette dans l'archipel japonais d'Okinawa. Ils étaient en stage de fin d'études à l'Académie nationale de défense de Yokosuka, au Japon. Ce jour-là, c'est permission. Les soldats peuvent aller se balader quelques jours. 

Mais le 25 novembre 2024, la petite escapade de ces français va virer au naufrage. À l'issue d'une nuit probable de beuverie et d'ennui, une idée brillante leur vient à l'esprit : monter sur un cargo, sous pavillon américain, tranquillement amarré sur un port d'Okinawa. 

La suite de la soirée a été documentée par Le Canard Enchaîné : le bateau prend feu. Les flammes se propagent et les secours japonais sont appelés en urgence. Les images de vidéosurveillance présentes ce soir-là vont capter les quatre silhouettes. Ces derniers ont immédiatement sauté dans l'eau glacée, alors que le bateau était en train de flamber. 

Ils brûlent le navire et puis s'en vont

Les élèves officiers vont réaliser un peu tardivement que leur plaisanterie a pris une autre dimension. Ils ont cru pouvoir s'en tirer comme ça, mais c'était sous-estimer les autorités japonaises et Le Canard Enchaîné

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Plus tard, lors de leur audition, les quatre militaires jurent que ce n'était qu'un accident. Pourtant, le soupçon d'une opération secrète se fait entendre. Un souvenir remonte à la surface et inquiète la France : le Rainbow Warrior, un navire que les services français avaient coulé en 1985, en Nouvelle-Zélande. La scène s'était déjà produite durant la nuit, sur un bateau, et l'État français s'était aussi retrouvé embarrassé. 

La France ridiculisée par ses officiers

Sauf que cette fois, il n'y a pas de plan secret. Juste ces quatre élèves officiers en permission qui ont joué aux apprentis pyromanes et se sont jetés à l'eau dès que ça tournait mal. À Okinawa, on n'a pas goûté à cette farce à la française. Pour eux, il ne s'agit pas d'un regrettable incident, mais bien d'un incendie criminel. 

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Paris est alerté et identifie rapidement les quatre malfrats, qui avaient depuis quitté le Japon. Côté français, c'est la honte. Les élèves sont auditionnés et la France reconnaît les faits. Elle promet que l'affaire sera traitée avec la plus grande fermeté, mais si possible sans trop faire de bruit. Les quatre élèves poursuivent d'ailleurs leurs études, selon Le Canard Enchaîné.

Un juge d'instruction enquête actuellement sur l'affaire, a annoncé ce mercredi 28 janvier le parquet de Paris via l'AFP. Une enquête disciplinaire de l'armée de Terre visant ces quatre officiers, qui se trouvent actuellement en école d'application, est par ailleurs en cours, selon une source militaire. Mais les preuves sont claires : l'uniforme ne protège ni de la bêtise, ni du ridicule et de ses conséquences.

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