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"La hausse du pétrole est une pub supplémentaire pour les industries chinoises" : François Lenglet explique comment Pékin profite de la guerre en Iran

La Chine, qui achète du pétrole en masse aux pays du Golfe persique, n'est pas inquiétée par la hausse de son prix en raison de stocks importants et de son investissement dans la transition énergétique.

Le Président Xi Jinping en juillet 2023

Crédit : NG HAN GUAN / POOL / AFP

Comment la Chine s'est affranchie de toute dépendance énergétique

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Comment la Chine s'est affranchie de toute dépendance énergétique

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François Lenglet - édité par Ennio Aparicio-Szkudlarek

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La Chine est le plus grand importateur de pétrole du monde. La moitié de ses achats proviennent du Golfe persique, aujourd'hui frappé par la guerre. Il est pourtant le pays qui va le moins souffrir du choc pétrolier, car Pékin s’y prépare depuis des années.

Les Chinois ont constitué d’énormes réserves. Avec près d'1,4 milliard de barils stockés, le pays s'assure au moins cinq mois de consommation. Cela leur a permis d'augmenter leurs importations de pétrole sur les derniers mois, alors que les tensions montaient près du détroit d'Ormuz. Il a ainsi acheté 16% de pétrole de plus sur les deux premiers mois de 2026.

En outre, Pékin peut développer ses achats à son allié, la Russie. Le gazoduc "force de Sibérie" de 2.000 km relie déjà les deux pays depuis 2019, et pourrait bientôt être doublé.  

Pékin mise sur l'électricité

Au-delà des réserves et de l’approvisionnement, cela fait des décennies que le pays travaille à diminuer son exposition au risque pétrolier, avec une constance et une détermination remarquable.

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Ils remplacent le pétrole par de l’électricité. Celle-ci est massivement produite par du charbon (la Chine en est le premier producteur mondial), du nucléaire (elle possède 61 réacteurs en service, 36 en construction et 21 en projet) et des énergies renouvelables. En 2024, les capacités en énergie solaire et éolienne installées en Chine étaient supérieures à la totalité des capacités installées dans le reste du monde.

Tout cela a évidemment permis une électrification croissante de l’industrie et du parc automobile. Les voitures électriques se vendent plus que les voitures thermiques. Et sur la seule année 2026, la croissance du parc devrait permettre d’économiser 600.000 barils de pétrole par jour. Le développement des filières nucléaires, automobiles, des batteries, et des filières renouvelables a été initié il y a trente ans, sans compter les avantages à l’export.

La hausse du pétrole est une pub pour les filières chinoises

La Chine est devenue leader dans toutes ces technologies. Autrement dit, chaque dollar de plus pris par le baril de pétrole est une pub supplémentaire pour les voitures électriques de BYD ou les éoliennes Goldwind. Désormais, l'ensemble des ventes à l’export de la Chine en matière de transition énergétique (éoliennes, voitures propres, batteries) lui rapporte plus que les ventes de pétrole et de gaz ne rapportent aux États-Unis. 

Non seulement l’industrie chinoise subit le choc pétrolier moins que les autres, mais elle en profite. C’est du Sun Tzu dans le texte. La meilleure victoire est celle qu’on obtient sans combattre, en profitant simplement des erreurs faites par l’autre. En l’occurrence, le déclenchement de la guerre d’Iran par les États-Unis peut renforcer les atouts de la Chine.

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