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L'Arabie Saoudite aurait piraté le smartphone du patron d'Amazon Jeff Bezos

L'opération aurait eu lieu cinq mois avant l'assassinat du journaliste critique du royaume Jamal Khashoggi, qui écrivait régulièrement dans le journal du fondateur d'Amazon.

Le fondateur d'Amazon Jeff Bezos et le prince hériter saoudien MBS
Le fondateur d'Amazon Jeff Bezos et le prince hériter saoudien MBS Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

C'est une affaire d'espionnage hors-norme qui renforce les soupçons sur l'implication du régime saoudien dans l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi. Selon des révélations du Guardian ce 22 janvier, le téléphone portable du milliardaire américain et patron d'Amazon Jeff Bezos, un iPhone, a été piraté en mai 2018 pendant un échange privé avec le prince héritier du royaume, Mohammed Ben Salmane. 

Une vidéo infectée envoyée par l'intermédiaire de la messagerie cryptée WhatsApp aurait permis d'infiltrer le smartphone du richissime homme d'affaires. De grandes quantités de données, au contenu forcément sensible, auraient ainsi été extraites de l'appareil du fondateur d'Amazon en toute discrétion durant plusieurs mois. Les pirates auraient employé un logiciel espion utilisé dans d'autres cas de surveillance impliquant le royaume, comme le logiciel Pegasus-3 du groupe israélien NSO. 

Les sources du quotidien britannique ne précisent pas la nature des données ni la façon dont elles ont pu être mises à contribution par Riyad. Mais selon un rapport de sécurité commandé par l'équipe de Jeff Bezos, il est hautement probable que le contenu de son téléphone ait pu être consulté en détail par des agents saoudiens. 

L'ombre de l'affaire Khashoggi

Ces révélations font à nouveau planer le spectre du meurtre de Jamal Khashoggi. L'infiltration remonte au 1er mai 2018. Cinq mois plus tard était assassiné le journaliste saoudien, célèbre critique du régime. Jamal Khashoggi écrivait régulièrement dans le Washington Post, le journal américain propriété de Jeff Bezos, qui a par la suite abondamment couvert l'enquête sur son assassinat. 

L'entourage de Jeff Bezos avait commencé à envisager la piste d'un piratage en janvier 2019, neuf mois après la mort de Jamal Khashoggi, après la publication dans le tabloïd américain National Enquirer de détails intimes sur la vie privée du milliardaire, dont des SMS révélant la liaison extraconjugale qui a mené à son divorce avec MacKenzie Bezos. Gavin De Backer, en charge de l'enquête interne pour l'homme d'affaires, estimait alors qu'il était "clair que MBS tient le Washington Post pour un ennemi majeur".

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L'ambassade d'Arabie Saoudite aux États-Unis dément fermement les accusations de piratage. "Les récents articles des médias qui suggèrent que [Ryiad] est derrière un piratage du téléphone de Jeff Bezos sont absurdes. Nous demandons qu’une enquête soit menée sur ces allégations afin que nous puissions connaître tous les faits", a-t-elle fait savoir sur Twitter

Ces nouvelles révélations pourraient conduire la justice à réexaminer les agissements du prince héritier saoudien et de son entourage les mois précédant le meurtre de Jamal Khashoggi. Seuls les exécutants ont été condamnés par la justice saoudienne, fin décembre. Mais les cerveaux supposés de l'opération ont été innocentés. Des experts de l'ONU ont confirmé les informations du Guardian mercredi et réclamé une enquête sur le piratage présumé du fondateur d'Amazon.

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