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Joe Biden était élu il y a un an : les 3 périodes-clés du début de son mandat

ÉCLAIRAGE - Le 7 novembre 2020, Joe Biden était élu président des États-Unis. Un an plus tard, sa popularité est en berne et son premier bilan à la tête du pays, mitigé.

Joe Biden à la Maison Blanche le 5 novembre 2021
Joe Biden à la Maison Blanche le 5 novembre 2021
Crédit : AFP
Lionel Gendron

Un an jour pour jour après son élection, quel président est Joe Biden ? Quel bilan pouvons-nous tirer de ses premiers mois à la Maison Blanche ? Pour rappel, entre l’élection, début novembre, et la cérémonie d’investiture, le 20 janvier, il s’écoule presque trois mois.

Une période de transition normalement, mais qui aura été marquée par la contestation acharnée des résultats de l'élection par Donald Trump, avec en point d’orgue l’attaque du Capitole, le 6 janvier, qui a fait cinq morts, et des dégâts sur le système politique et sur la démocratie américaine.

Neuf mois plus tard, force est de constater que Joe Biden est en mauvaise posture : 54% d'Américains désapprouvent sa politique, selon un récent sondage. Une popularité en berne qui s'explique par son premier bilan mitigé à la tête du pays. Une présidence qui aura connu trois périodes-clés: les "100 jours", la "cassure" de cet été, et une période d’incertitude. 

À écouter

108. Joe Biden : un an après son élection, quel est le premier bilan de sa présidence ?
18:28

1 - Le démarrage en trombe des "100 jours"

Les "100 premiers jours" de Joe Biden sont atypiques. Les États-Unis comme tous les autres pays se trouvent en pleine crise sanitaire. Et dans cette période, le démocrate surprend par sa vitalité. La campagne l'avait montré fatigué, pas dans le coup, gaffeur. Une fois à la Maison-Blanche, il change littéralement de braquet en amorçant une frénésie de réformes. 

Une semaine après sa prise de fonction, Joe Biden a déjà signé 34 décrets, dont 12 pour revenir sur les décisions de son prédécesseur, en réintégrant notamment l'accord de Paris. C’est le retour du multilatéralisme pour les États-Unis, qui parlent de nouveau avec leurs alliés. Même si en vérité, Joe Biden est loin d’avoir abandonné le "America first" de Donald Trump. 

À écouter aussi

 
Sur le plan intérieur, Joe Biden est surtout attendu sur sa gestion du Covid-19, pour laquelle il montre rapidement des premiers succès. Déjà, les États-Unis développent ou codéveloppent les trois principaux vaccins : Pfizer-Biotech, Moderna, et Johnson & Johnson. Ce qui aide à avoir des stocks. Ensuite, les États-Unis montrent leur puissance en terme de logistique pour assurer la campagne de vaccination. Joe Biden avait promis 100 millions de personnes vaccinées en 100 jours : l’objectif sera quasiment doublé.

Sur la scène internationale également, le ton est donné : "America Is Back", avec un président américain offensif. Le Russe Vladimir Poutine est qualifié de "tueur", le Chinois Xi Xinping n’a pas "une once de démocratie en lui". Les États-Unis reconnaissent aussi officiellement le génocide arménien. 

Premiers accrocs

Le premier réel accroc dans la présidence Biden est sans doute la crise migratoire à la frontière mexicaine, avec ces dizaines de milliers de migrants poussés notamment par l’espoir d’une Amérique plus accueillanteMais l’administration américaine est débordée. Des mineurs se retrouvent dans des centres d’accueil dans des conditions déplorables. La Maison-Blanche est piégée entre son discours d’humanité et la volonté de ne pas donner le signal que tout le monde peut venir aux États-Unis. Des premières dissensions apparaissent au sein du parti démocrate. 

 
Sur la gestion du Covid, les États-Unis ont certes démarré en trombe mais une fois que toutes les personnes désireuses de se faire vacciner le sont, un plafond de verre est atteint. Le gouvernement essaye alors d’aller chercher, un par un, les réticents, en organisant des loteries pour gagner plusieurs dizaines de milliers de dollars, en offrant des bières ou des doughnuts. Tout est bon pour convaincre les "antivax", beaucoup plus nombreux aux États-Unis qu’en France. Mais les résultats se font attendre. Début novembre, moins de 60% des Américains sont complètement vaccinés, contre 75% en France.

2 - La cassure du retrait américain d'Afghanistan

Mais la grande cassure pour Joe Biden a lieu au mois d’août avec le retrait des troupes américaines d'Afghanistan. Un retrait acté et négocié avec les talibans par la précédente administration, finalisé par Joe Biden, et qui se déroulera de manière chaotique. 

Au mois d’avril, le département et les services de renseignement élaborent un plan de retrait en estimant qu’ils pourront garder l’ambassade américaine ouverte avec plus de 1.400 ressortissants américains sous la protection de 650 soldats. D’autant, estime-t-il, que les soldats afghans pourront contenir au moins pendant un an les Talibans. Dans les faits, les forces afghanes entraînées et financées par les Américains ne font pas le poids face à l'avancée des Talibans, qui sont de retour au pouvoir en quelques semaines. 


Ce retrait donne un sentiment d’impréparation et d’échec. Il laisse aussi un goût amer pour les alliés comme la France qui ont dû se plier au tempo américain. Quelques semaines plus tard, Paris est pris au dépourvu par le comportement américain dans l’affaire des sous-marins australiens. Joe Biden admet une "maladresse" mais jure qu’il était persuadé que la France avait été mise au courant. La France les autres alliés américains font face à une évidence : Joe Biden est, lui-aussi, un adepte d' "America first". Après les années de diplomatie très dures avec Donald Trump, beaucoup de pays pensaient que tout serait plus simple avec Joe Biden. Ce n’est pas le cas.

3 - Joe Biden déjà bloqué

Tous ces éléments ; la campagne de vaccination qui fait du surplace, le retrait chaotique de Afghanistan, la crise migratoire, a sapé la popularité de Joe Biden dans les sondages. Il passe de 50 % d’opinions favorables à 40 % en quelques semaines. Une partie de son électorat commence à s’en éloigner. Les Afro-américains par exemple, qui avaient placé beaucoup d’espoir en lui commencent à être déçus.

Depuis Joe Biden semble bloqué, contrarié, à cause de dissensions au sein de son parti. Du coup, il est obligé de faire des concessions sur le congé parental, par exemple, ou sur les remboursements de médicaments. Et cela donne une impression de faiblesse, même si c’est le fonctionnement du système politique américain qui est aussi en cause. 

Le juge de paix, ce sera bien sûr dans un an les "mid-terms", les élections de mi-mandat. Il y avait fin octobre un scrutin très important pour le poste de gouverneur en Virginie. C’est le candidat républicain, novice en politique, qui s’est imposé. C’est un signe très fort et un camouflet pour le président américain. Dans une récent sondage, 70 % des Américains des personnes interrogées disent désormais que le pays se dirige dans la mauvaise direction. 

Une satisfaction tout de même à la veille de ce premier anniversaire, Joe Biden a célébré samedi 6 novembre son premier grand succès législatif, après l'adoption dans la douleur de son vaste plan d'investissements dans les infrastructures. 

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