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"Je ne comprends pas pourquoi on a réduit les escaliers à ce point" : l'ex-gérant du Constellation à Crans-Montana s'interroge sur les travaux réalisés dans le bar

Entre 2005 et 2015, Éric Dosdo était à la tête du bar suisse, Le Constellation à Crans-Montana, dans lequel un incendie a fait 40 morts et 116 blessés la nuit du Nouvel an. Il s'exprime pour la première fois depuis le drame.

La police annonce "plusieurs dizaines de personnes" présumées mortes dans l'incendie d'un bar de Crans-Montana, en Suisse.

Crédit : MAXIME SCHMID / AFP

Jérémy Descours

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Il a tenu Le Constellation de 2005 à 2015. Éric Dosdo, ex-gérant de l'établissement suisse, a pris la parole pour la première fois ce lundi 12 janvier chez nos confrères helvétiques de la RTS. Ce témoignage arrive onze jours après l'incendie mortel survenu la nuit du Nouvel An (40 morts et 116 blessés) dans ce bar situé dans une station de ski huppée de Crans-Montana.

"Je ne comprends pas pourquoi on a réduit les escaliers à ce point-là", s'interroge d'emblée Éric Dosdo au micro de la RTS avant d'ajouter : "Certainement, pour les rendre plus jolis". Selon les différents témoignages recueillis depuis l'incendie, il s'avère que cet escalier permettant de descendre au sous-sol a été modifié par Jacques et Jessica Moretti à leur arrivée à Crans-Montana

D'après un rapport d'enquête publié par la presse italienne, 34 des 40 victimes ont péri dans cet escalier, trop étroit pour permettre une sortie dans de telles circonstances.  

"On n’avait pas de consonance de boîte de nuit"

Le Constellation a en effet bien changé depuis le départ d'Éric Dosdo en 2015. En particulier le sous-sol. "Il n'y avait pas de piste de dance, c'était uniquement des parties plus ou moins aménagées en salon. En bas, à l'époque, on avait pas mal de jeux, on avait trois billards, on avait un jeu de fléchettes, des jeux pour tous", se remémore l'ex-gérant.  

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Sur des photos, fournies par Éric Dosdo, on aperçoit que le plafond n'était pas non plus recouvert de mousse acoustique. "On n’avait pas de mousse, on n’avait pas besoin d’acoustique réellement (...). On n’avait pas de consonance de boîte de nuit, et on arrêtait au plus tard à 1 heure du matin", poursuit-il. 

"Des extincteurs, on en avait six", assure par ailleurs l'ancien propriétaire. Pourtant, selon la RTS, Jacques et Jessica Moretti n'en n'ont gardé qu'un seul après leur installation.

Jacques Moretti placé en détention provisoire

Pour rappel, d'après les premiers éléments de l'enquête, le drame a été provoqué par des bougies étincelantes entrées en contact avec une mousse acoustique posée au plafond du sous-sol de l'établissement. Des interrogations portent aussi sur la présence et l'accès aux extincteurs, et la conformité des voies de sortie de ce bar. Le couple Moretti est soupçonné d'"homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d'incendie par négligence".

Ce lundi, le tribunal du canton suisse du Valais a ordonné le placement en détention provisoire de Jacques Moretti "pour une durée initiale de trois mois". Le Tribunal des mesures de contrainte (TMC) du canton du Valais a expliqué dans un communiqué avoir pris cette mesure "en raison de l'existence d'un risque de fuite, seul risque invoqué par le ministère public" valaisan.

Au sujet de Jessica Moretti, le ministère public a estimé, vendredi dernier, que "vu son parcours et ses attaches personnelles (...) une demande de mesures de substitution permettait de pallier le risque de fuite".

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