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Japon : pourquoi le mariage de la princesse Mako brise la tradition impériale

La princesse Mako, nièce de l'empereur du Japon, s'est mariée mardi après des années de controverse au sujet de son union avec son fiancé roturier Kei Komuro, renonçant à une importante indemnité financière et prévoyant de déménager aux Etats-Unis.

La princesse Mako du Japon et son mari Kei Komuro, à Tokyo le 26 octobre 2021.
La princesse Mako du Japon et son mari Kei Komuro, à Tokyo le 26 octobre 2021.
Crédit : Nicolas Datiche / POOL / AFP
Japon : le mariage controversé de la princesse Mako avec un roturier
03:07
Philippe Dova & Thomas Pierre

À Tokyo, la princesse Mako a épousé ce mardi son fiancé Kei Komuro. La date du mariage avait été repoussée plusieurs fois et suscité dans le pays une controverse comparable à celle de Meghan et Harry en Grande-Bretagne. Cette union aura enfin eu lieu, mais dans la plus stricte intimité : pas de retransmission télévisée, pas de carrosse et encore moins de cérémonie traditionnelle, comme l'exige le protocole de la cour impériale. 

En s'obstinant à vouloir épouser un roturier, la nièce de l'empereur Naruhito et fille aînée du prince héritier du trône Akishino a perdu son statut de princesse. Mais même sans les fastes, ce mariage est avant tout une victoire pour le jeune couple. Leur relation a en effet résisté à des années de controverses.  L'idylle entre la princesse Mako et Kei Komuro débute en 2017 sur les bancs de l'Université chrétienne internationale de Tokyo

Et déjà, à l'époque, le fait même que la princesse soit autorisée par son père à fréquenter l'établissement avait fait couler beaucoup d'encre. Une envie de changement pour Akishino qui, en acceptant ce mariage, privilégie le bonheur de sa fille au détriment des us et coutumes séculaires du palais. Et cette envie est largement partagée par les parents japonais de la génération du prince héritier. 

Ce mariage peut-il faire évoluer la société japonaise ?

Au pays où le mariage entre deux individus est très souvent un contrat d'intérêt entre les familles des mariés plutôt qu'une histoire d'amour, la détermination de la princesse Mako pourrait devenir un symbole fort d'émancipation pour les jeunes Japonaises, comme Konami et Ayaka, étudiantes à l'Université Taisho de Tokyo : "la princesse Mako et Kei Komuro sont vraiment amoureux. Ils ont voulu se marier malgré toutes les difficultés et les histoires, les contraintes". 

"C'est bien que les choses changent", expliquent-elles. "Je suis heureuse pour eux et d'accord avec eux (...) Moi aussi, je rêvais d'être princesse quand j'étais petite, mais d'un autre côté, je n'aurais jamais pu accepter les contraintes. C'est insupportable, ce manque de liberté individuelle", ajoutent ces jeunes japonaises. 

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C''est justement pour vivre totalement libre que la princesse Mako a refusé de recevoir les 1,2 million d'euros attribués aux femmes de la famille impériale qui épouse un roturier. Les jeunes mariés ne vivront pas pour autant d'amour et d'eau fraîche. Ils partiront s'installer à New York ou Kei Komuro est employé dans un cabinet d'avocats, et cela dès que la désormais madame Komuro aura obtenu son premier passeport. En tant que princesse, elle n'en avait jamais eu auparavant. 

Une tradition impériale séculaire

Mako est la nièce de Naruhito, en tant que fille aînée du frère cadet de l'empereur, le prince Fumihito d'Akishino. Le principe de succession dans la famille impériale japonaise est strictement masculin, même s'il y a eu exceptionnellement quelques impératrices régnantes dans sa longue histoire. Mais la dernière d'entre elles, Go-Sakuramachi, a régné il y a 250 ans.

Seuls les hommes sont autorisés à monter sur le trône du Chrysanthème, et les filles nées dans la famille impériale comme Mako doivent la quitter le jour de leur mariage, écartant définitivement leur descendance éventuelle de la succession impériale. Le maintien de ce système de filiation patrilinéaire est défendu bec et ongles par les traditionalistes japonais, mais il est un objet de débat lancinant, du fait du manque d'héritiers mâles.

En effet, le frère de Mako, Hisahito, 15 ans, est le seul héritier du trône, après leur père Fumihito d'Akishino. A l'avenir et en l'absence de réforme, la succession impériale serait dans l'impasse si Hisahito n'avait pas de descendance masculine.

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