4 min de lecture Nucléaire

Iran : accident sur un site nucléaire "sans potentiel de pollution" radioactive

Un accident s'est produit jeudi 2 juillet dans l'enceinte du complexe nucléaire de Natanz dans le centre de l'Iran. Il n'aurait fait aucune victime sur le site de production d'uranium.

La centrale nucléaire iranienne de Bouchehr
La centrale nucléaire iranienne de Bouchehr Crédit : ATTA KENARE / AFP
Chloé
Chloé Richard-Le Bris et AFP

Un accident n'ayant fait aucune victime ni causé de "pollution" radioactive s'est produit jeudi matin dans l'enceinte du complexe nucléaire de Natanz dans le centre de l'Iran, selon l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA).

"C'était un entrepôt sans matériel nucléaire à l'intérieur et donc sans potentiel de pollution", a déclaré à la télévision d'État le porte-parole de l'Organisation, Behrouz Kamalvandi. "Des équipes d'experts sont actuellement sur place et enquêtent sur les causes de l'accident", a-t-il ajouté, sans préciser la nature du sinistre, un incendie, selon l'agence Tasnim, qui cite le gouverneur de Natanz, Ramézan-Ali Ferdowsi.

Pas de victime à déplorer mais "nous avons néanmoins des dégâts financiers et matériels", a affirmé Behrouz Kamalvandi. Il a assuré qu'"il n'y avait pas eu d'interruption de l'activité du centre d'enrichissement" de l'uranium de Natanz : celui-ci "fonctionne à son rythme habituel".

L'Iran s'affranchit des obligations de l'accord de Vienne

L'OIEA avait initialement publié un communiqué qui indiquait que l'accident avait touché "un des hangars en construction dans l'enceinte du site de Natanz", abritant une des principales usines d'enrichissement d'uranium du pays.

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Depuis mai 2019, en riposte à la décision prise un an auparavant par les États-Unis de se retirer unilatéralement de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015, l'Iran s'est progressivement affranchi de ses obligations prévues par ce texte. En septembre 2019, le pays a relancé les activités de production d'uranium enrichi qu'il avait accepté de suspendre à Natanz en vertu de l'accord.

Selon le dernier rapport de surveillance du programme nucléaire de l'Iran établi début juin par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Téhéran fait tourner à Natanz 5.060 centrifugeuses dites de première génération, réparties en "30 cascades" produisant de l'uranium enrichi, et y mène des activités de recherche et développement en rapport avec l'enrichissement de ce minerai.

L'Iran ne fabrique apparemment pas de bombe atomique

Le rapport ajoute que la République islamique produit de l'uranium enrichi jusqu'à 4,5%. Ce taux est supérieur aux 3,67% autorisés par l'accord de Vienne mais reste très loin du seuil requis (plus de 90%) pour la fabrication d'une bombe atomique.

La République islamique a toujours démenti chercher à se doter d'une telle arme, comme l'en accusent les États-Unis et Israël.

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