2 min de lecture
Une maison est partiellement submergée par les eaux boueuses après les crues soudaines survenues à Trishuli Bazar, dans le district de Nuwakot au Népal, le 26 août 2026.
Crédit : Prakash MATHEMA / AFP
Je m'abonne à la newsletter « Infos »
Mettre RTL en favori sur Google
Des crues dévastatrices et meurtrières. Selon des bilans encore très provisoires, au moins 180 personnes sont mortes et plus de 1.300 sont portées disparues, dont quatre Français, après qu'un puissant torrent d'eau, de boue et de débris a dévalé à grande vitesse les deux côtés de la frontière montagneuse du Népal et du Tibet, territoire chinois, mercredi 26 août. Selon l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS), la crue a été provoquée par un effondrement de glacier, d'une violence telle qu'il a provoqué un séisme de magnitude 5,2 et des glissements de terrain.
"On voit, en regardant les images satellites d'hier et d'avant-hier [mercredi et mardi, NDLR], qu'un glacier s'est fracturé, s'est détaché puis a été emporté dans la vallée", explique Étienne Berthier, glaciologue au CNRS, invité de RTL ce jeudi 27 août au matin. Il prévient néanmoins que les circonstances sont encore à confirmer par des scientifiques, qui vont continuer à étudier le phénomène dans les mois à venir.
"Dans sa chute vertigineuse de près de 2.000 mètres de dénivelé, toute cette glace a fondu et s'est transformée en coulée de boue. Elle a tout emporté sur son passage et par rapport au volume initial d'eau, plein de matières, de sable, de sédiments, qui ont amplifié le phénomène", décrit-il.
La topographie extrême de l'Himalaya a aggravé les risques. Le sommet où se trouvait ce glacier, le Langtang Ri, s'élève en effet à 7.205 mètres "C'est un relief extrêmement abrupt [...] Le dénivelé est tel que tout phénomène d'instabilité prend des proportions énormes parce que la vitesse à laquelle vont se produire les phénomènes vont s'amplifier par les différences d'altitude", analyse Étienne Berthier.
Selon les premières estimations, la première vague de glace a déferlé à plus de 150 km/h sur ses 20 premiers kilomètres. "Ça peut vite se transformer en volume considérable", analyse l'expert du CNRS.
Le puissant mur d'eau et de boue a balayé la vallée de la rivière Trishuli dans le district de Nuwakot, au nord de Katmandou, et celle de la Bhotekoshi à l'est de la capitale, emportant de nombreuses habitations et leurs occupants.
Les inondations et les glissements de terrain sont fréquents pendant la mousson d'été (juin-septembre) au Népal, au Tibet et dans toute l'Asie du Sud. Selon les scientifiques, le changement climatique accroît l'intensité et la fréquence de tels événements.
"C'est probablement un effet du réchauffement climatique, même si sur cet événement-là, il va nous falloir du temps et du recul pour lui attribuer concrètement ce phénomène", reconnaît Étienne Berthier. L'expert du CNRS précise qu'il va falloir également "déterminer qu'il n'y a pas eu un éboulement en parallèle à l'effondrement du glacier".
Mais cet éboulement serait là aussi causé par l'impact du changement climatique, en raison de la "fonte du permafrost, ce ciment de glace qui maintient les montagnes en place et colmate toutes les fractures". "La vague de réchauffement liée à l'homme se propage à l'intérieur des montagnes, ce qui engendre de plus en plus d'éboulements. On ne peut pas encore être catégorique, mais dans les deux cas, c'est le réchauffement qui produit les mécanismes", résume le glaciologue.
Une possible deuxième vague n'est d'ailleurs pas à exclure. "Le lac qui s'est constitué (après l'avalanche) au niveau du fleuve ne s'est toujours pas totalement libéré", a averti le gouvernement népalais, ajoutant que la "possibilité d'une nouvelle coulée (...) ne peut être immédiatement écartée".
Ne laissez pas Google décider de vos sources.
Ajouter RTL comme source préférée
Bienvenue sur RTL
Ne manquez rien de l'actualité en activant les notifications sur votre navigateur
Cliquez sur “Autoriser” pour poursuivre votre navigation en recevant des notifications. Vous recevrez ponctuellement sous forme de notifciation des actualités RTL. Pour vous désabonner, modifier vos préférences, rendez-vous à tout moment dans le centre de notification de votre équipement.
Bienvenue sur RTL
Rejoignez la communauté RTL, RTL2 et Fun Radio pour profiter du meilleur de la radio
Je crée mon compte