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L'ancien président américain Barack Obama prend la parole lors d'un meeting électoral en vue des élections de mi-mandat, à Morrow, en Géorgie, le 28 octobre 2026.
Crédit : ERIK S. LESSER / AFP
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"Je suis gonflé à bloc. Je suis prêt à me lancer". Près de vingt ans après sa première campagne présidentielle, Barack Obama renoue avec les électeurs démocrates. Mais cette fois, l'ancien président ne brigue aucun poste. À quelques jours des élections de mi-mandat (le 3 novembre), qui doivent renouveler la Chambre des représentants et une partie du Sénat, il tente de remobiliser son camp dans un scrutin qui s'annonce serré.
Le 24 octobre, il a lancé sa dernière offensive électorale dans le Midwest, avec deux meetings organisés à Cleveland, dans l'Ohio, puis à Detroit, dans le Michigan. Quatre jours plus tard, il était en Géorgie pour soutenir les candidats démocrates. Une série de déplacements soigneusement ciblés dans des États où se jouent plusieurs des élections les plus disputées du pays.
Ce retour sur le devant de la scène intervient alors que les démocrates espèrent reprendre le contrôle du Congrès et limiter le pouvoir de Donald Trump pour les deux dernières années de son mandat.
Selon un sondage CNN réalisé par l'Institut SSRS et publié en juin 2026, 57% des Américains ont une opinion favorable de Barack Obama, contre seulement 34% pour Donald Trump et 30% pour Joe Biden. Plus révélateur encore, Obama bénéficie du soutien de 96% des sympathisants démocrates. Sa popularité auprès des indépendants est également plus de deux fois supérieure à celle de Trump ou de Biden.
Ces chiffres expliquent en grande partie pourquoi les démocrates se tournent de nouveau vers lui. Dans un paysage politique profondément polarisé, Obama apparaît comme une personnalité capable non seulement de rassembler son propre camp mais aussi de séduire une partie des électeurs indépendants qui pourraient bien faire la différence.
L'ancien président dispose d'un avantage considérable puisqu'il n'est plus directement associé à l'exercice du pouvoir. Donald Trump doit défendre son bilan et Joe Biden reste marqué par les difficultés de sa présidence. Obama, lui, est en mesure de capitaliser sur les souvenirs de ses années à la Maison-Blanche sans avoir à répondre quotidiennement de ces précédentes décisions.
Le retour en campagne de Barack Obama s'accompagne d'un changement de ton. D'habitude relativement discret, l'ancien président américain a livré à Cleveland, le 24 octobre, un réquisitoire très sévère contre Donald Trump, dénonçant deux années de "chaos", de "cruauté", de "corruption" et d'"incompétence".
Il a attaqué la politique économique du président républicain, ses droits de douane et les conséquences de la guerre en Iran sur le pouvoir d'achat des Américains. Tout ça sans perdre ce qui avait contribué à son succès politique : l'humour et l'ironie. Dans l'Ohio, il s'est moqué des travaux de rénovation entrepris par Trump à la Maison-Blanche, comparant sa décoration à celle d'un restaurant Cheesecake Factory imaginé par Saddam Hussein.
Derrière la plaisanterie, Obama cherche à affaiblir l'image d'homme fort de Donald Trump en opposant deux styles de leadership : celui d'un président préoccupé par son image personnelle et celui des responsables démocrates concentrés sur les problèmes quotidiens des Américains.
L'engagement de Barack Obama dépasse largement ses interventions publiques. Selon NBC News, son équipe affirme qu'il a contribué à lever plus de 15 millions de dollars pour les campagnes des démocrates, notamment grâce à des événements et des opérations de collecte de fonds. Il a également enregistré plus d'une vingtaine de publicités destinées à soutenir des candidats.
Son rôle central dans cette élection souligne aussi les difficultés du Parti démocrate. Depuis la fin de son mandat, aucune figure nationale n'a réellement réussi à concentrer l'attention médiatique, à lever des fonds et à entraîner l'électorat. Après la défaite de Kamala Harris en 2024, les démocrates cherchent encore les figures capables d'incarner leur avenir. En attendant, ils s'appuient sur leur ancien président pour porter leur message.
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