- 21m27s
4 min de lecture
Le public chante en chœur lors d'un meeting électoral commun aux candidats démocrates à Weslaco, au Texas, le 25 octobre 2026, en vue des élections de mi-mandat du 3 novembre.
Crédit : Gabriel V. Cardenas / AFP
Je m'abonne à la newsletter « Infos »
Mettre RTL en favori sur Google
Ils pourraient bien détenir l'une des clés des élections de mi-mandat américaines. Le 3 novembre prochain, près de 50 millions de jeunes âgés de 18 à 29 ans seront en âge de voter aux États-Unis, selon une étude de Circle. Parmi eux, 8,5 millions n'avaient pas encore atteint la majorité électorale lors de la présidentielle de 2024. Une réservoir de voix considérable, à l'heure où démocrates et républicains se disputent le contrôle du Congrès.
À une semaine du scrutin, les sondages dessinent une tendance favorable aux démocrates. Selon les données publiées en 2026 par le Pew Research Center, 54% des 18-29 ans s'identifient au Parti démocrate ou déclarent pencher en faveur, contre 38% pour le Parti républicain. Un changement notable par rapport à 2024, lorsque les deux camps faisaient pratiquement jeu égal, à 46% contre 47%.
Selon Pew en 2026, parmi les 18-29 ans, 54 % s'identifient comme démocrates ou penchent démocrate, contre 38 % républicains.
Crédit : Pewresearch - National Public Opinion Reference Surveys conducted 2020-26.
La tendance se confirme dans les intentions de vote. Dans une enquête publiée le 9 octobre, Pew révèle que 51% des électeurs inscrits de moins de 30 ans privilégient un candidat démocrate à la Chambre des représentants contre 23% pour un républicain. Un quart demeure toutefois indécis ou envisage de soutenir un autre candidat.
Ces chiffres semblent marquer un changement de dynamique par rapport à la présidentielle de 2024. Donald Trump avait alors réussi à progresser auprès des jeunes électeurs, notamment des jeunes hommes, bousculant l'idée selon laquelle la génération Z constituerait un électorat naturellement acquis aux démocrates.
Deux ans plus tard, cette progression républicaine semble s'être essoufflée. Mais ce retour vers les démocrates ne signifie pas nécessairement une adhésion renouvelée à leur programme. Il pourrait également traduire une insatisfaction à l'égard de l'administration Trump. Le pouvoir d'achat constitue notamment un enjeu central. Entre le coût du logement, les difficultés d'accès à l'emploi et la hausse des prix, les préoccupations économiques pèsent sur les perspectives d'avenir des jeunes Américains. Autant de sujets susceptibles d'alimenter leur mécontentement à l'égard du pouvoir en place.
La jeunesse américaine est loin de constituer un bloc homogène. Les différences de genre, de niveau d'études, d'origine sociale et de territoire traversent cette génération et derrière les moyennes nationales se cachent des comportements politiques parfois très différents.
Si les moins de 30 ans penchent nettement en faveur des démocrates dans les enquêtes d'opinion, ils restent historiquement moins nombreux à participer aux élections de mi-mandat qu'aux présidentielles. En 2022, seuls 18% des jeunes de 18 et 19 ans avaient voté aux midterms, contre 24% des 20-29 ans, selon CIRCLE.
Les 8,5 millions de nouveaux électeurs représentent donc un potentiel considérable, mais rien ne garantit qu'ils se déplaceront pour voter. Les disparités sont également marquées selon les groupes démographiques. En 2022, 29% des jeunes Blancs avaient participé aux élections de mi-mandat contre 15% des jeunes Noirs et 14% des jeunes Latinos.
Ces deux derniers groupes représentent une part importante de la nouvelle génération électorale américaine. Selon Circle, près de 47% des 18-29 ans en âge de voter en 2026 sont issus de minorités raciales ou ethniques.
Dans les circonscriptions où les deux partis se disputent chaque siège, les jeunes pourraient faire la différence. Selon les analystes interrogés par Reuters en octobre, 40 à 50 des 453 circonscriptions de la Chambre des représentants seraient véritablement compétitives cette année. Dans ces territoires, une mobilisation supplémentaire, même limitée, pourrait modifier le résultat.
La Californie en offre une illustration. En 2024, le démocrate Adam Gray avait remporté le 13e district de l'Etat avec seulement 187 voix d'avance sur son adversaire républicain. Il affronte cette année Kevin Lincoln dans une circonscription dont les frontières ont été depuis redessinées. Quelques centaines de bulletins peuvent donc suffire à départager deux candidats.
Le même raisonnement s'applique aux élections sénatoriales disputées, notamment dans le Maine et dans le Michigan, où la mobilisation de certains groupes électoraux pourrait contribuer à départager les candidats.
À l'échelle nationale, les démocrates disposent donc d'un avantage important auprès des moins de 30 ans mais il doit être relativisé. Une préférence exprimée dans un sondage ne se transforme pas automatiquement en bulletin de vote. Ensuite, parce que les élections américaines se jouent État par État, circonscription par circonscription. Une forte mobilisation des jeunes dans les grandes villes démocrates ne suffirait pas nécessairement à faire basculer les sièges les plus disputés.
Les jeunes Américains apparaissent comme l'un des principaux atouts des démocrates mais leur influence dépendra moins de leur nombre que de leur capacité à mobiliser là où les élections seront les plus serrées.
Conscients du poids électoral de cette génération, les démocrates ont multiplié les initiatives pour séduire et mobiliser les moins de 30 ans. En janvier 2026, le Comité national démocrate (DNC) a notamment lancé "When We Count", une vaste campagne d'inscription sur les listes électorales, dotée d'un budget d'au moins un million de dollars. Le programme prévoit de recruter et de rémunérer de jeunes militants chargés d'aller à la rencontre de nouveaux électeurs.
La particularité de cette initiative tient au fait qu'elle cible aussi les jeunes qui ne fréquentent pas l'université et qui sont souvent moins accessibles aux campagnes traditionnelles menées sur les campus.
La bataille se joue également sur les réseaux sociaux. Selon ABC News, le Parti démocrate a constitué un réseau de plus de 500 créateurs de contenu afin de diffuser ses messages auprès des jeunes Américains. Vidéos humoristiques, mèmes et séquences provocatrices visant Donald Trump : les démocrates cherchent à adopter les codes numériques d'une génération qui s'informe en majorité sur les réseaux sociaux. D'après les chiffres communiqués par le DNC au Washington Post, ce réseau représente une audience cumulée de plus de 75 millions d'abonnés.
Reste à savoir si ces efforts porteront leurs fruits. Toucher les jeunes sur les réseaux sociaux ou les convaincre de s'inscrire sur les listes électorales ne garantit pas leur présence dans les bureaux de vote.
Ne laissez pas Google décider de vos sources.
Ajouter RTL comme source préférée
Bienvenue sur RTL
Ne manquez rien de l'actualité en activant les notifications sur votre navigateur
Cliquez sur “Autoriser” pour poursuivre votre navigation en recevant des notifications. Vous recevrez ponctuellement sous forme de notifciation des actualités RTL. Pour vous désabonner, modifier vos préférences, rendez-vous à tout moment dans le centre de notification de votre équipement.
Bienvenue sur RTL
Rejoignez la communauté RTL, RTL2 et Fun Radio pour profiter du meilleur de la radio
Je crée mon compte