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Amy Acton, candidate démocrate au poste de gouverneur de l'Ohio et Vivek Ramaswamy, candidat républicain.
Crédit : Montage RTL avec l'AFP
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Dans l'Ohio, l'un des États les plus importants du Midwest américain, la campagne pour le poste de gouverneur vient de prendre une tournure particulièrement brutale. Alors que les électeurs doivent départager le républicain Vivek Ramaswamy et la démocrate Amy Acton, le 3 novembre prochain, une publicité électorale a déclenché une tempête politique qui dépasse désormais les frontières de l'État.
C'est une vidéo de campagne du candidat républicain qui est au coeur de la controverse. Dans ce spot publicitaire, la mère biologique d'Amy Acton accuse publiquement sa fille de mentir sur son passé et met en doute sa capacité à gouverner.
"J’aime ma fille, mais Amy a un sérieux problème. C’est une menteuse. Elle ment sur son passé", affirme-t-elle dans cette vidéo, selon les propos rapportés par CBS News et Axios. Elle conteste notamment les descriptions faites par sa fille de son enfance difficile. "Elle dit avoir grandi sous une tente. Rien de tout cela n'est vrai."
La vidéo a commencé à circuler sur les réseaux sociaux dans la soirée du lundi 19 octobre. Donna Arthur affirme aimer sa fille tout en l'accusant d'avoir menti pendant des années sur son enfance. Elle suggère également qu'Amy Acton souffrirait de problèmes psychologiques et qu'elle ne serait donc pas en mesure d'assumer les fonctions de gouverneure.
Rapidement, la vidéo est relayée par plusieurs personnalités de la droite américaine, dont Donald Trump Jr. Dans un premier temps, son origine reste incertaine, mais le 20 octobre, l'équipe de Vivek Ramaswamy finit par reconnaître avoir produit la publicité. Selon Axios, le candidat républicain prévoit même de consacrer 4 millions d'euros à sa diffusion et ce malgré les critiques.
Face aux accusations de sa mère, Amy Acton a décidé de répondre publiquement. Dans une déclaration publiée sur Facebook le 20 octobre, elle revient sur les violences qu'elle affirme avoir subies pendant son enfance. "Entre 10 et 12 ans, j’ai subi des violences sexuelles de la part de son mari, tandis que ma mère biologique ne faisait rien pour me protéger", déclare-t-elle.
La candidate démocrate accuse également son adversaire d'instrumentaliser une histoire familiale particulièrement douloureuse. "J’ai toujours su qu’elle était profondément malade et perturbée. C’est triste de voir Vivek Ramaswamy l’exploiter pour son propre bénéfice politique", ajoute-t-elle.
Une version en partie vérifiée par les archives judiciaires de l'époque. Le Washington Post, et d'autres médias américains ont examiné des documents judiciaires et des articles de presse datant de 1978. Ces archives établissent que Cledith Arthur, le second mari de Donna Arthur, avait été arrêté et inculpé pour le viol de sa belle-fille, alors âgée de 12 ans.
Selon ces documents, les agressions se seraient déroulées entre décembre 1976 et avril 1978. C'est le père biologique d'Amy Acton qui avait signalé les faits aux autorités. Le beau-père avait plaidé coupable avant de disparaître après son inculpation. Il n'a jamais été jugé et est mort en 2004.
La polémique a également poussé Philip Stearns, le frère d'Amy Acton, à sortir de sa réserve. Dans une déclaration rendue publique par l'équipe de campagne de la démocrate, il affirme que sa soeur et lui ont été retirés de la garde de leur mère après l'arrestation de leur beau-père et soutient que Donna Arthur est restée mariée à l'homme accusé d'avoir violé sa fille, et ce jusqu'à sa mort.
Dans une vidéo publiée sur le compte X de sa soeur, Philip Stearns raconte également que cette dernière aurait supporté une grande partie des maltraitances familiales pour tenter de le protéger.
Depuis 1978, Amy Acton n'a pratiquement eu aucun contact avec sa mère. Dans un entretien accordé en 2019 au journal local The Vindicator, elle avait raconté avoir tenté d'embrasser sa mère au tribunal, après l'arrestation de son beau-père. Cette dernière aurait détourné le visage et ce serait la dernière fois qu'elle l'aurait vue.
Plusieurs personnalités conservatrices ont dénoncé la publicité. Meghan McCain, fille du défunt sénateur républicain John McCain, a condamné la démarche. Casey Putsch, ancien adversaire de Ramaswamy lors de la primaire républicaine est allé jusqu'à annoncer qu'il voterait pour Amy Acton après avoir découvert la vidéo.
Le vice-président américain JD Vance a, lui, choisi de défendre Ramaswamy. Lors d'un déplacement dans l'Ohio, mercredi 21 octobre, Vance s'est déclaré écoeuré par les républicains qui critiquaient cette publicité, estimant que leur indignation était mal placée.
À l’inverse, le sénateur républicain Jon Husted et l’ancienne ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley ont exprimé leur désapprobation. Le président Donald Trump s'est de son côté tenu à distance de la controverse.
L'enjeu est considérable pour Vivek Ramaswamy. Cet entrepreneur milliardaire, ancien candidat à l'investiture présidentielle républicaine de 2024, cherche à remporter son premier mandat électif. Face à lui Amy Acton, médecin et ancienne directrice du département de la santé de l'Ohio, s'est fait connaître pendant la pandémie de Covid-19.
Selon le Washington Post, certains sondages récents plaçaient Acton légèrement devant Ramaswamy, dans la marge d'erreur. La polémique survient également alors que le vote anticipé a déjà commencé : plus de 676.000 électeurs avaient voté au moment des premières révélations.
La question est désormais de savoir si cette offensive personnelle mobilisera davantage l'électorat républicain ou si elle provoquera un rejet chez les électeurs indépendants et modérés. A ce stade, aucune donnée ne permet de mesurer précisément son effet électoral.
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