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"Il peut menacer la quasi-totalité de l'Europe" : qu'est-ce que l'Orechnik, missile hypersonique utilisé par la Russie pour frapper l'Ukraine ?

La Russie a mené de nouvelles frappes contre l'Ukraine, dans la nuit du 8 au 9 janvier. Des missiles hypersoniques ont été utilisés. Conçus pour porter des têtes nucléaires, ils ne portaient pas de charge de ce type.

L'Ukraine frappée par des missiles hypersoniques envoyés par Moscou, le 9 janvier 2026

Crédit : Eugene KOTENKO / AFP

AFP - édité par La rédaction numérique de RTL

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Ce vendredi 9 janvier, la Russie a annoncé avoir frappé pour la deuxième fois l'Ukraine avec l'Orechnik, un missile de dernière génération conçu pour porter des têtes nucléaires, une arme dont le président Vladimir Poutine a vanté la puissance. Il n'était pas possible dans l'immédiat de savoir précisément quelle cible a été visée par ce missile qui, comme la première frappe fin 2024, ne portait pas de charge nucléaire.

Le ministère russe de la Défense a présenté cette frappe comme une "réponse" à une attaque présumée de drones ukrainiens en décembre sur une résidence de Vladimir Poutine, que Kiev dément avoir menée. 

L'existence de cet engin balistique, capable de voler à une vitesse hypersonique, avait été révélée le 21 novembre 2024, lorsqu'il avait frappé une grande usine militaire dans la ville de Dnipro, dans le centre de l'Ukraine. Cette frappe avait alors été présentée par Moscou comme une réponse aux attaques ukrainiennes menées à l'époque contre la Russie avec des missiles américains et britanniques ATACMS et Storm Shadow. 

Moscou a depuis annoncé le début de sa production en série et le Bélarus, pays allié de la Russie situé aux portes de l'UE, a indiqué qu'il a été déployé sur son territoire mi-décembre 2025. Voici ce que l'on sait de ce missile, dont le nom signifie "noisetier" en russe.

"L'Orechnik peut menacer la quasi-totalité de l'Europe"

Selon Vladimir Poutine, il s'agit d'un missile balistique "à portée intermédiaire", qui peut atteindre des cibles comprises entre 3.000 et 5.500 km.
L'Orechnik n'entre donc pas dans la catégorie des missiles intercontinentaux (d'une portée de plus de 5.500 km). Mais, s'il était tiré depuis l'Extrême-Orient russe, il pourrait théoriquement toucher des cibles sur la côte ouest des États-Unis.

"L'Orechnik peut (également) menacer la quasi-totalité de l'Europe", avait relevé en 2024 Pavel Podvig, chercheur à l'Institut des Nations unies pour la recherche sur le désarmement (Unidir) à Genève, dans un entretien au média Ostorozhno Novosti. Jusqu'en 2019, la Russie et les États-Unis ne pouvaient mettre en service de tels missiles, en vertu du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) signé en 1987 pendant la Guerre froide. Mais en 2019, le président américain Donald Trump avait retiré Washington de ce texte, accusant Moscou de le violer, ce qui a ouvert la voie à une nouvelle course aux armements.

Le missile russe Orechnik

Crédit : Omar Zaghloul / ANADOLU / Anadolu via AFP

Fin 2024, lors d'une réunion télévisée avec des responsables militaires, Vladimir Poutine avait assuré que Moscou avait une réserve de ces missiles "prêts à l'emploi". L'Orechnik "est basé sur le modèle russe de missile balistique intercontinental RS-26 Roubej", lui-même dérivé du "RS-24 Iars", selon le Pentagone.

"2,5 à 3 kilomètres par seconde", affirme Vladimir Poutine

Le programme d'armement du RS-26 Roubej, dont le premier test réussi remontait à 2012, avait été gelé en 2018, d'après l'agence d'État russe TASS.
Il avait pâti d'un manque de moyens pour mener "simultanément" ce projet avec le développement des systèmes hypersoniques nouvelle génération Avangard, censés pouvoir atteindre une cible quasiment partout dans le monde.

Selon Vladimir Poutine, le missile Orechnik peut atteindre la vitesse de Mach 10, "soit 2,5 à 3 kilomètres par seconde" (environ 12.350 km/h) et "la température des éléments percutants atteint 4.000°C", soit "presque autant, selon lui, qu'"à la surface du soleil". D'après le renseignement militaire ukrainien (GUR), la vitesse atteinte par le missile fin novembre 2024 "sur la partie finale de la trajectoire" était "supérieure à Mach 11" (environ 13.600 km/h). Enfin, l'Orechnik serait aussi muni de têtes multiples qui suivent chacune une trajectoire indépendante lors de leur entrée dans l'atmosphère, ce qui augmenterait encore la difficulté d'interception, a affirmé Vladimir Poutine.

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Selon l'analyste militaire polonais Marcin Andrzej Piotrowski, les ogives de l'Orechnik "pénètrent dans l'atmosphère et atteignent leurs cibles à des vitesses hypersoniques" mais contrairement à d'autres missiles hypersoniques, elles "n'effectuent aucune manœuvre à des vitesses hypersoniques". 

Des vidéos des tirs russes du 9 janvier et celui du 21 novembre 2024, diffusées sur les réseaux sociaux, montrent plusieurs puissants flashs successifs tombant du ciel.

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Une vidéo du tir russe du 21 novembre 2024, diffusée sur les réseaux sociaux, montrait six puissants flashs successifs au moment de l'attaque, signe, d'après le GUR ukrainien, que le missile "était équipé de six ogives". Une équipe de l'AFP présente à Dnipro après l'utilisation du premier Orechnik avait constaté des dégâts très limités tandis que les habitants avaient rapporté cette nuit-là un "bruit infernal" et de fortes lumières. Selon des experts militaires, ce premier tir avait pu être dénué de charge explosive et effectué par Moscou en tant que démonstration à visée politique.

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