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Guerre en Ukraine : que risquent les milliers de manifestants interpellés en Russie ?

ÉCLAIRAGE - Depuis le 24 février, au moins 14.700 personnes ont été arrêtées en Russie lors de manifestations anti-guerre. Les peines prononcées jusqu’ici restent relativement clémentes, mais les menaces s’alourdissent.

Un manifestant opposé à la guerre en Ukraine à Moscou le 24 février 2022.
Un manifestant opposé à la guerre en Ukraine à Moscou le 24 février 2022.
Crédit : Kirill KUDRYAVTSEV / AFP
Guerre en Ukraine : que risquent les milliers de manifestants interpellés en Russie ?
00:02:17
Guerre en Ukraine : que risquent les milliers de manifestants interpellés en Russie ?
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Thomas Prouteau - édité par Étienne Bianchi

Quelque 919 personnes qui manifestaient dimanche contre "l'opération militaire russe en Ukraine" ont été interpellées à travers 38 villes de Russie, selon russe l'ONG OVD-Info, spécialisée dans le suivi des manifestations et l’aide juridique. En tout, depuis le 24 février, au moins 14.700 personnes ont été interpellées en Russie lors de manifestations contre le conflit selon la même source.

La majorité des manifestants russes interpellés ont jusqu’ici été poursuivis pour des infractions mineures : notamment pour non-respect des règles des manifestations publiques, manifestation illégale, outrage à policier ou encore violation du code de santé publique.

Particularité de ces infractions dans la loi russe : il ne s’agit pas délits pénaux mais d’infractions administratives. Les sanctions vont de la simple amende (de 20 à 3.000 euros) euros à des jours de détention administrative, trente au maximum. La plupart des manifestants passent donc entre 10 et 30 heures au commissariat avant d'être convoqués devant un tribunal.

Pour plusieurs d’entre eux RTL a eu connaissance de peines allant d’une semaine à 15 jours de détention administrative. La nouvelle loi votée il y a quelques jours et qui prévoir jusqu’à 15 ans de prison pour la diffusion d’informations préjudiciables à l'armée russe (une bannière anti-guerre est suffisante selon certains avocats russes) est donc encore rarement invoquée.

Des menaces qui s'alourdissent

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Seulement il y a un "mais". Car les manifestants ont été prévenus qu'à la troisième interpellation les poursuites deviendront criminelles, et pour certaines lois, comme celle sur le dénigrement de l’armée, dès la deuxième interpellation. D'après l'ONG russe OVD-info, 31 dossiers criminels ont déjà ouverts à l’encontre de manifestants, parfois même pour terrorisme. Pour eux les sanctions s’annoncent beaucoup plus lourdes : en procédure criminelle, les manifestants risquent en effet plusieurs années de prison. Prison souvent synonyme, encore aujourd'hui en Russie, de séjours en camps pénitentiaires en Sibérie. Les condamnations ne sont pas encore tombées, mais les personnes concernées attendent leur procès avec inquiétude.

"Ça nous inquiète beaucoup car 31 dossiers criminels pour des manifestants pacifiques c’est beaucoup, même pour la Russie, explique à RTL Maria Kouznitsova, porte-parole de OVD-Info. Il s’agit principalement d’activistes restés en Russie, donc le pouvoir veut leur faire peur pour qu’ils arrêtent de manifester."

La stratégie de la peur semble fonctionner

Une intensification de la répression que l’on retrouve aussi dans certaines pratiques policières. Des interrogatoires accompagnés de coups ont été documentés dans des commissariats de Moscou, les téléphones de certains manifestants sont fouillés de force en pleine rue, même si c'est illégal, les avocats sont parfois interdits d'assister leurs clients, les perquisitions chez les organisateurs se multiplient… À Oufa dans le Sud de la Russie, une femme a été arrêtée pour un message anti-guerre posté sur un groupe de discussion sur Internet. 

Hier soir, l'employée de la première chaîne de télévision russe qui a brandi une pancarte anti-guerre en plein journal télévisé a été immédiatement interpellée mais ce matin, ses avocats sont incapables de la localiser dans Moscou et on ne sait pas quel type de poursuites va lui être appliqué.
 
La stratégie de la peur semble fonctionner. Une opposante de Saint-Pétersbourg a confié à RTL qu'il y avait plus de policiers que de manifestants dimanche dans la ville et que le maigre cortège prévu n'avait même pas réussi à se former. La voix de la contestation s'étiole en Russie à mesure que le régime se durcit.

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