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Guerre en Ukraine : pourquoi les États baltes craignent (aussi) la Russie

ÉCLAIRAGE - L'offensive militaire en Ukraine est observée de près en Estonie, qui partage une frontière avec la Russie, et par les deux autres pays baltes, Lettonie et Lituanie, ex-républiques soviétiques.

Un exercice de l'OTAN à Tapa, en Estonie, le 6 février 2022.
Un exercice de l'OTAN à Tapa, en Estonie, le 6 février 2022.
Crédit : ALAIN JOCARD / AFP
Thomas Pierre

L'Estonie, la Lettonie et la Lituanie sont-elles les prochaines cibles de Moscou ? Méfiants à l'égard de la Russie après 50 ans de régime soviétique, les États baltes craignent d'être les prochains dans le collimateur de Moscou si sa campagne en Ukraine est couronnée de succès. Et la récente escalade des tensions entre Vilnius et Moscou est venu un peu plus renforcer cette crainte d'une mainmise russe sur une région autrefois sienne. 

Mardi 21 juin, Moscou a ainsi promis de "sérieuses" représailles contre la Lituanie après la mise en application de sanctions européennes liées à l'invasion de l'Ukraine. Qualifiant d'"actes hostiles" les restrictions imposées sur le transit par voie ferrée en direction de l'enclave de KaliningradNikolaï Patrouchev, secrétaire du Conseil de sécurité russe, a déclaré que "des mesures appropriées" seraient "adoptées prochainement" et qu'elles auraient "de sérieuses conséquences négatives pour la population de la Lituanie".

De quoi alimenter dans ces territoires baltes le spectre d'un retour de l'ours russe et le cauchemar stalinien de son occupation. Mi-mai, une étude publiée par le Washington Post montrait ainsi que 71% des Estoniens, 66% des Lituaniens et 72% des Lettons non-russophones considéraient que la Russie constituait la principale menace pesant sur leur pays. Un sentiment encore renforcé par l'invasion russe en Ukraine. 

Car, comme Kiev, les États baltes faisaient partie de l'Union soviétique. Annexés pendant la Seconde Guerre mondiale, l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont retrouvé leur indépendance lors de son effondrement en 1991. Tallinn, Riga et Vilnius s'étaient alors empressés de demander leur adhésion à l'Otan et à l'Union européenne. Ce sera chose faite en 2004, au grand dam de la Russie et de Vladimir Poutine qui verra là une provocation occidentale.

La mer Baltique, un "lac de l'Otan" ?

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Du point de vue de Moscou, la mer Baltique est en effet aujourd'hui en passe de devenir un "lac de l'Otan", estime le chercheur suédois Robert Dalsjö, de l'Institut pour la Défense FOI. Avec la Suède et la Finlande intégrées à l'alliance atlantique, tous les pays riverains seront membres de l'alliance atlantique. "Les possibilités pour l'alliance de restreindre la marine russe vers ses bases seront encore meilleures qu'elles ne le sont déjà", explique-t-il.

Un tel "élargissement de l'Otan ne constitue pas une menace immédiate" assurait pourtant mi-mai Vladimir Poutine, "mais le déploiement d'infrastructures militaires sur les territoires de ces pays entraînera bien sûr une réponse". Dans l'esprit du maître du Kremlin et de son entourage, il n'est pas question de laisser les occidentaux contrôler la région qui abrite également l'enclave russe de Kaliningrad, avant-poste militaire russe en Europe et un atout stratégique indéniable.

Un enjeu pour Moscou

"Si l'Ukraine tombe, alors les pays baltes seront les prochains" sur la liste, assurait même mi-juin l'opposant et ancien chef de gouvernement russe Mikhaïl Kassianov. Leur sort serait même déjà discuté en haut-lieu au Kremlin. Selon 'General SVT', la chaîne Télégram prétendument tenue par un ancien responsable des renseignements extérieurs russes, Vladimir Poutine aurait même estimé en privé que si une opération spéciale avait été menée contre les Pays baltes, le succès aurait été, à la différence de l'Ukraine, "pratiquement garanti". 

D'où l'inquiétude qui monte aujourd'hui dans les capitales baltes. La Première ministre d'Estonie Kaja Kallas appelait en mai dans le Figaro à ne pas négocier avec le président russe. "On ne doit pas proposer de porte de sortie à Vladimir Poutine, car ce serait pour lui un message clair qu’il peut recommencer", dit-elle. "La solution ne peut être que militaire. L’Ukraine doit gagner cette guerre".

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