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Guerre en Iran : pourquoi des militaires français se trouvent en Irak, où un soldat a été tué ?

La France a annoncé la mort d'un de ses soldats au Kurdistan irakien, le premier depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Quelque 600 militaires français sont déployés au Levant, principalement pour des missions de formation.

Des soldats français engagés dans l'opération Chammal, le 9 février 2019, près d'Al-Qaïm, à quelques kilomètres du dernier bastion de l'EI dans l'est de la Syrie.

Crédit : Daphné BENOIT / AFP

Juliette Vignaud

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La guerre au Moyen-Orient a franchi une nouvelle étape, après la mort du premier militaire français. L'annonce a été faite par Emmanuel Macron sur X. "L'adjudant-chef Arnaud Frion du 7ème bataillon de chasseurs alpins de Varces est mort pour la France lors d'une attaque dans la région d'Erbil en Irak", a écrit le président français. "La guerre en Iran ne saurait justifier de telles attaques", a souligné le chef de l'État, sans indiquer qui en était l'auteur.

C'est le premier soldat français tué depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, où Emmanuel Macron souhaitait que la France reste dans une posture "strictement défensive". Selon le ministère des Armées, l'attaque s'est déroulée sur la base de Mala Qara, dans le nord de l’Irak, "à 20h40 (heure de Paris)" ce jeudi 12 mars. Six autres militaires ont été blessés et seront prochainement rapatriés en France. 


En parallèle, un groupe armé pro-iranien nommé Ashab al-Kahf a annoncé, vendredi 13 mars sur Telegram, prendre pour cible les intérêts français dans la région après le déploiement du Charles de Gaulle en Méditerranée orientale. "Après l'arrivée du porte-avions français dans la zone d'opérations du Commandement central américain et son engagement dans les opérations, nous annonçons à partir de cette nuit que tous les intérêts français en Irak et dans la région seront pris pour cible", a déclaré le groupe pro-iranien d'Irak sur Telegram. 

Le groupe a exhorté les forces de sécurité à rester à au moins 500 mètres d'une base à Kirkouk (nord) où se trouvent, indique-t-il des militaires français, sans revendiquer directement d'attaque. 

Opération Chammal

La France est présente militairement en Irak dans le cadre d'une coalition internationale contre l'organisation État islamique. En 2014, à la demande du gouvernement irakien, 80 pays et cinq organisations internationales se sont accordés pour déployer des soldats, à la fois en Irak et en Syrie, pour lutter contre l'expansion de Daesh dans la région. 

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Cette présence s'inscrit dans le cadre de ce que l’état-major des armées appelle l’opération "Chammal", volet français de l'opération internationale Inherent Resolve

Depuis 2014, l’opération Chammal a donné lieu à quelque 13.500 sorties aériennes et plus de 1.570 frappes qui ont détruit 2.400 objectifs, selon les chiffres du ministère des Armées. La France représente le troisième contributeur de l'opération internationale.

Formation et conseil

Aujourd'hui, l'action de la coalition est limitée par la perte de l'influence de l'État islamique sur le territoire. Depuis 2022, plus aucune opération militaire n'est menée au sol, mais quelque 600 militaires tricolores sont encore déployés au Levant, selon deux objectifs : l'appui et le conseil. 

Ils sont ainsi intégrés à différentes structures et assurent à la fois formation et appui aérien avec dix Rafale positionnés sur des bases aériennes au Levant et aux Émirats arabes unis. Ils entraînent notamment au Kurdistan irakien des membres des forces de sécurité kurdes. Un volet maritime de l’opération Chammal est également assuré par la présence quasi continue d’une frégate en Méditerranée orientale ou dans le golfe Arabo-Persique.

La France a également pris le commandement de la mission NM-I de l'Otan, en mai 2025, en la confiant au général Christophe Hintzy, qui comprend également quatre autres officiers français. Il s'agit d'une mission non combattante de conseil et de renforcement des capacités au profit des forces de défense et de sécurité irakiennes. Une mission relativement marginale jusqu'à présent mais amenée à évoluer.

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