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États-Unis : un policier envoie son chien mordre un homme noir déjà à genoux

Un Afro-Américain a été mordu par un chien policier, sur ordre de l'agent de police de Salt Lake City, alors qu'il était à genoux lors d'une interpellation.

Une voiture de patrouille de la police de Salt Lake City (illustration)
Une voiture de patrouille de la police de Salt Lake City (illustration) Crédit : GEORGE FREY / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Ryad Ouslimani
Ryad Ouslimani
Journaliste RTL

Les faits remontent au 24 avril dernier. Jeffery Ryans fumait une cigarette aux alentours de 3h30 du matin, dans la cour derrière sa maison de Salt Lake City, dans l'État de l'Utah, quand un policier arrive avec son chien et ordonne à l'Afro-Américain de se mettre à genoux. Alors qu'il lève les mains et commence à se baisser, le policier blanc frappe la jambe gauche du civil. 

La scène, racontée par le journal local Salt Lake Tribune et relayée par le Washington Post, grâce au visionnage de la caméra corporelle du policier au mois d'août, se poursuit avec le policier qui ordonne au chien de mordre Jeffery Ryans, déjà à terre. 

Depuis, l'agent Nickolas Pearce le policier, est confronté à des accusations et une enquête pour usage excessif de la force, a indiqué la police locale mercredi 16 septembre. Jeffrey Ryans "ne représentait certainement pas une menace imminente de violence ou de préjudice pour qui que ce soit", a expliqué Sim Gill, procureur du district de Salt Lake City. La victime ne résistait pas à son arrestation selon les images. 

"Je suis à terre, arrêtez !"

Jeffery Ryans au policier
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Quelques heures plus tôt, le journal local indique que la fille de Jeffrey Ryans avait appelé le numéro d'urgence, signalant que son père criait et frappait sa mère. Cette dernière avait pourtant une ordonnance restrictive envers son mari. Mais le Washington Post indique que "selon une enquête de la Civilian Review Board (Commission civile de révision) de la ville, Ryans pensait que l’ordre avait été levé et que sa femme l’avait laissé entrer dans la maison".

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Sur les images d'une autre caméra corporelle examinées par le Washington Post, il semble que se sont trois policiers qui sont intervenus ce matin-là. Un premier a demandé à Jeffrey Ryans de se tenir contre la clôture, pendant que deux autres dont l'agent Pearce faisaient le tour. C'est alors qu'il a été ordonné à Jeffrey Ryans de se mettre à genoux. 

Pendant qu'il s'exécute, le journal assure qu'on entend le policier ordonner au chien appelé Tuco d'attaquer. "Je suis à terre, pourquoi je suis mordu ? Je suis à terre, arrêtez !", criait la victime. Pendant que le chien enfonçait ses crocs dans la jambe gauche de Jeffrey Ryans, un autre policier le menottait. Au bout d'une minute, le chien se voit ordonner de lâcher prise. "Bon garçon, bon garçon", entend-on l'agent féliciter.

Le lieutenant n'a pas alerté les affaires internes

En voyant la jambe en mauvais état, les policiers appellent les secours. Opérée plusieurs fois, la jambe de Jeffrey Ryans a des risques d'être amputée selon son avocat. D'après le rapport du Civilian Review Board, les hauts responsables de la police de Salt Lake City n'ont eu vent de l'incident que lors du dépôt de plainte de Jeffrey Ryans en août. 

Après enquête, il s'avère que le sergent de l'agent Pearce a bien été au courant de l'incident, et a transmis les images des caméras à son lieutenant, qui a négligé d'alerter les affaires internes. "Le fait que le lieutenant n'ait pas signalé cet incident en haut de la chaîne est inquiétant et inacceptable", pointe le rapport. Depuis, le lieutenant a pris sa retraite, sans qu'il y ait un rapport avec l'affaire. 

Ce n'est qu'après la publication des images dans le Salt Lake City Tribune, le 11 août, que la hiérarchie de la police a pris l'affaire en main et a suspendu l'agent Pearce. Les affaires internes ont ouvert une enquête, et l'utilisation des chiens est pour le moment suspendue au sein de la police. Depuis, le procureur a lui aussi lancé des poursuites contre le policier. Pearce est accusé de voies de fait graves au deuxième degré, passibles de 15 ans de prison.

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