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États-Unis : Mike Pence peut-il vraiment faire basculer l’élection au Congrès ?

ÉCLAIRAGE - Le vice-président américain présidera mercredi le Congrès réuni pour certifier la victoire de Joe Biden. Mais Donald Trump lui demande de s'y opposer.

Mike Pence le 10 octobre 2020
Mike Pence le 10 octobre 2020
Crédit : Zak BENNETT / AFP
Thomas Pierre & AFP

Être loyal à la Constitution ou au président américain ? Mike Pence doit faire face à un dilemme majeur ce mercredi 6 janvier. Après trois ans et onze mois de loyaux services, le vice-président des États-Unis se retrouvera au Congrès sous la pression de Donald Trump qui lui demande de s'opposer à la certification de sa défaite à l'élection du 3 novembre.

"J'espère que notre grand vice-président ne nous décevra pas", a lancé le président sortant en meeting en Géorgie lundi soir. "C'est un type formidable", a-t-il ajouté, "mais s'il nous déçoit, je l'aimerai moins". Mardi, il est revenu à la charge sur Twitter: "Le vice-président a le pouvoir de rejeter des grands électeurs choisis de manière frauduleuse".

Mike Pence présidera en effet la séance conjointe de la Chambre des représentants et du Sénat qui doit officialiser, mercredi, le vote de 306 grands électeurs en faveur du démocrate Joe Biden contre 232 pour Donald Trump.

Pence peut-il vraiment renverser l'élection ?

Le sort de la présidentielle américaine repose-t-il pour autant dans ses mains ? Pas vraiment. Selon la Constitution, son rôle, principalement protocolaire, consiste à "ouvrir" les certificats envoyés par chacun des 50 Etats pour transmettre les votes de leurs grands électeurs. 

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Dès lors, seuls les élus peuvent contester les résultats dans certains Etats. Pour avoir le droit d'exprimer leurs objections, il faut qu'elles soient portées à l'écrit par au moins deux élus, un de la Chambre et un du Sénat. Dans ce cas, les parlementaires peuvent se retirer dans leurs chambres respectives pour en débattre pendant au maximum deux heures, avant de voter à la majorité simple.

Il faut que l'objection soit adoptée dans les deux enceintes pour être retenue, ce qui compte-tenu de la majorité démocrate à la Chambre des représentants n'a aucune chance de se produire. Malgré tout, la pression exercée par Donald Trump, qui a appelé ses partisans à manifester devant le Congrès, place son vice-président en position délicate.

Ambition présidentielle

D'une grande loyauté jusqu'ici, il doit éviter le courroux du président et de ses fervents supporteurs, s'il veut conserver ses chances de se présenter à la primaire républicaine pour la présidentielle de 2024. "Malgré les menaces de Trump", il "doit défendre la Constitution et confirmer le vote des électeurs", a estimé le sénateur démocrate Chris Van Hollen. 

S'il se tient à ce rôle, à la fin du décompte, il devra donc annoncer le vainqueur de la présidence, mais aussi de la vice-présidence et admettre du même coup sa défaite face à la colistière de Joe Biden, Kamala Harris. 

Sous pression, Mike Pence aurait pourtant déjà tranché. Selon le New York Times, le numéro 2 américain aurait fait savoir à Donald Trump mardi, lors de leur déjeuner hebdomadaire, "qu'il ne pensait pas avoir le pouvoir" de bloquer la certification par le Congrès de la victoire de Joe Biden. 

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