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États-Unis : la mort d'al-Baghdadi, une triple victoire pour Donald Trump

La mort du chef de l’État islamique sonne comme une victoire politique, militaire et symbolique pour le président des États-Unis.

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États-Unis: la mort d'al-Baghdadi, une triple victoire pour Trump Crédit Image : SAUL LOEB / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
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Philippe Corbé
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édité par Noé Blouin

La mort du fondateur de Daech, dans un raid mené par un commando américain, est une grande victoire pour le Donald Trump. Il s'agit même d'une triple victoire.

Victoire militaire d’abord, l'objectif numéro 1 en matière de sécurité nationale, lorsque le président est arrivé au pouvoir il y a 1.000 jours, c'était d’éradiquer l’organisation État islamique. Les forces américaines ont largement contribué à écraser le califat territorial de Daech. C’est d'ailleurs comme ça qu’il justifie le retrait des troupes. Trump était accusé, ces dernières semaines, y compris parmi ses proches soutiens, de laisser le champ libre à Daech. Pour la première fois, on a vu les prémices d’une fronde contre lui, de la part des élus de son propre camp.

Ensuite, c’est une victoire symbolique. Donald Trump cherche toujours à apparaître comme le plus fort et dépeindre ses adversaires en faible. Il l’a fait dans un monologue de 50 minutes, où il a raconté l’opération "comme dans un film", selon ses mots. Il savoure, en dépeignant al-Baghdadi en "lâche" qui "pleurait", les djihadistes, en "chiens apeurés" et en "loser". Il répète 6 fois qu'al-Baghdadi "gémissait" dans ses derniers instants. Son ministre de la Défense, qui était à ses côtés, lui n’a rien entendu, et ajoute qu’il n’était pas possible d’entendre quoi que ce soit sur les images de drones en direct.

Un formidable argument de campagne

Et puis troisièmement, c’est une victoire politique, à un an de la présidentielle. Qu'aurait-on dit si l’intervention s’était conclue par un échec sanglant pour les Américains ? D’autant que l’opération a été accélérée parce qu’il a décidé le retrait de Syrie. La mort d’al-Baghdadi, est un formidable argument de campagne, simple à expliquer simple à comprendre. C’est une réponse aux adversaires de Trump, qui jugent que sa politique étrangère est un échec et l’accusent de mettre en danger les États-Unis.

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En 2012, pour sa réélection, le président Obama utilisait dans ses clips de campagne l’argument de l’exécution de Ben Laden. C’est difficile de mesurer si ça a eu un effet direct sur sa réélection, mais ça agaçait Donald Trump qui tweetait, en 2012, "arrêtez de féliciter Obama pour avoir tué Ben Laden. Ce sont les forces spéciales qui ont tué Ben Laden". Est-ce que les Américains vont être plus reconnaissants envers lui qu’il ne l’était avec le président Obama ? On vient peut-être d’avoir un indice au stade.

Plus précisément, au stade des Washington Nationals, pour la phase finale du championnat de base-ball. Le président est venu dans les tribunes. Et lorsqu’il est apparu sur le grand écran, la foule l'a hué. On a aussi entendu des cris : "lock him up, lock him up", "enfermez-le, enfermez-le", référence au chant qu’il fait chanter dans ses meetings contre ses adversaires. On a aussi vu des banderoles appelant à sa destitution. Washington n’est pas représentatif de l’Amérique, mais c’est une humiliation quelques heures après la plus grande victoire de sa présidence.

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