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États-Unis : Donald Trump est-il sur le point de se gracier ?

ÉCLAIRAGE - Selon le "NYT", Donald Trump pourrait, avant de quitter la Maison Blanche, s’accorder une grâce présidentielle.

Donald Trump dans le Bureau oval, le 13 novembre 2020
Donald Trump dans le Bureau oval, le 13 novembre 2020 Crédit : MANDEL NGAN / AFP
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Thomas Pierre Journaliste

Pugnace, Donald Trump l’est incontestablement, lorsqu'il s’agit de ne rien concéder, quand bien même son ministre de la Justice le désavoue publiquement. Mais le président sortant sait aussi se montrer indulgent, notamment au moment d’accorder sa grâce présidentielle. Et magnanime, le républicain pourrait l’être envers lui-même, sa famille et ses collaborateurs les plus loyaux, rapporte le New York Times

Après avoir conspué la peine de prison de son ami Roger Stone et gracié son ancien conseiller Michael Flynn, Donald Trump envisagerait désormais de pardonner trois de ses enfants, son gendre, ainsi que son avocat Rudy Giuliani, selon ABC News. Une clémence que lui confère la Constitution américaine, et dont il serait également prêt à faire preuve envers sa propre personne avant de quitter le Bureau Ovale.

Le président Trump ne s’est d’ailleurs jamais caché qu’il pourrait faire usage de ce pouvoir en temps voulu. Faisant l'objet de l'enquête du procureur Mueller sur une probable ingérence russe lors de sa campagne de 2016, le républicain avait affirmé en 2018 sur Twitter son "droit absolu" à pouvoir se gracier lui-même : "Comme cela a été stipulé par de nombreux spécialistes du droit, j'ai le droit absolu de me GRACIER, mais pourquoi le ferais-je alors que je n'ai rien à me reprocher ?".

Se prémunir pour l'avenir

Lundi, l'animateur de Fox News Sean Hannity l'a d'ailleurs incité à y recourir, compte tenu de la prétendue animosité des démocrates à son encontre. "Le président sortant doit pardonner à toute sa famille et à lui-même car (les démocrates) veulent que cette chasse aux sorcières se poursuive éternellement", a-t-il déclaré à l'antenne. 

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Le magnat de l'immobilier, à la tête d'un vaste empire familial, pourrait en effet vouloir chercher à préserver ses enfants; Donald Trump Jr., Eric Trump et Ivanka Trump, ainsi que son gendre et conseiller Jared Kushner, d'éventuelles représailles en justice de la part de l'administration Biden. 

Une chose est sûre en tout cas, c'est que l'horizon judiciaire de Donald Trump pourrait s'assombrir après la Maison Blanche. À New York, le milliardaire est visé par deux enquêtes qui pourraient chacune lui valoir des poursuites. La première, pénale et initiée par le procureur de Manhattan vise de possibles faits de fraude fiscale, d'arnaque à l'assurance et manipulations comptables. La seconde, civile, cherche à déterminer si la Trump Organization a menti sur la taille de ses actifs pour obtenir des prêts et des avantages fiscaux. 

Un système de corruption au pardon présidentiel ?

À noter cependant, la grâce présidentielle, si elle le prémunit bien de crimes établis au niveau fédéral, elle ne le protège pas pour autant de délits jugés localement. Et dans cet agenda judiciaire déjà bien chargé, pourrait également s'inviter une nouvelle affaire sur l'octroi du pardon présidentiel lui-même.

En effet, la manière dont Donald Trump et la Maison Blanche distribueraient ce "presidential pardon" ferait actuellement l'objet d'une investigation sur un potentiel système de corruption. Selon CNN, le ministère de la Justice enquêterait notamment sur un éventuel "comité politique associé à l'échange d'une grâce présidentielle". 

Il est de tradition pour les présidents sortants d'attribuer des grâces dans les derniers jours de leur mandat, mais alors que plusieurs des conseillers présidentiels ont été reconnus coupables d'accusations pénales fédérales, Donald Trump pourrait être tenté de "pardonner" à ceux qui lui ont été fidèles.

Enfin, si Donald Trump venait à s'auto-pardonner, ce serait une première dans l'Histoire américaine. Un temps également envisagée par Nixon, cette solution n'avait à l'époque (en 1974) pas été retenue. Sans précédent, une telle décision aurait entraîné la saisie quasi-automatique de la Cour Suprême. Ce qui pourrait aussi être le cas pour Donald Trump. 

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