3 min de lecture États-Unis

États-Unis : des appels au renvoi d'un conseiller de Trump, accusé de sympathies racistes

Des parlementaires juifs ont lancé un appel pour limoger Stephen Miller, conseiller de Donald Trump, et accusé de suprémacisme blanc à la suite d'une fuite d'emails.

Stephen Miller, conseiller de Donald Trump.
Stephen Miller, conseiller de Donald Trump. Crédit : Brendan Smialowski / AFP
Chloé
Chloé Richard-Le Bris et AFP

Un des conseillers les plus radicaux de Donald Trump, Stephen Miller, est connu pour être le défenseur décomplexé d'une politique résolument anti-immigration. Mais pas que. Une récente fuite d'emails le montre aussi s'inspirant des idées du suprémacisme blanc. Vingt-cinq parlementaires juifs ont exigé son départ.

"En tant que membres juifs du Congrès, nous vous demandons de relever immédiatement Stephen Miller de ses fonctions", ont écrit dans une lettre adressée ce week-end au président américain ces élus démocrates parmi lesquels figure Adam Schiff, qui a supervisé l'enquête en destitution contre le président républicain. Pour ces parlementaires, "son soutien bien documenté aux leitmotivs du nationalisme blanc et violemment anti-migrants est absolument inacceptable".

Plus de 100 membres démocrates du Congrès avaient déjà lancé un appel semblable après la publication en novembre des emails en question par une organisation surveillant les groupes extrémistes aux États-Unis, le Southern Poverty Law Center. Il y en a plus de 900, envoyés en 2015 et 2016 par Stephen Miller, 34 ans à l'époque, à des rédacteurs en chef du site internet d'information d'extrême droite Breitbart.

"J'ai été horrifiée par ces emails et leur contenu"

Dans ces messages, il partage notamment des liens vers des sites d'extrême droite et lie l'immigration à la violence. Stephen Miller recommande aussi de faire mention du "Camp des Saints", roman du Français Jean Raspail, populaire dans les milieux d'extrême droite, qui narre l'arrivée massive de migrants sur la Côte d'Azur et s'inspirant de la théorie dite du "grand remplacement". 

À lire aussi
Des milliers de manifestants contre les violences policières étaient rassemblés le 2 juin devant le tribunal à Paris à l'appel du comité de soutien à la famille d'Adama Traoré. violence
"La police française tue 13 fois moins que la police américaine", affirme Olivier Mazerolle

"J'ai été horrifiée par ces emails et leur contenu, mais malheureusement, je n'ai pas été surprise", a dit dimanche à la radio NPR Kim Schrier, l'une des 25 parlementaires de confession juive à avoir signé la lettre au président Trump. Elle ajoute : "Je pense qu'aucun d'entre nous ne s'est étonné de voir qu'une si grande partie de la rhétorique émanant de Stephen Miller (...) était enracinée dans une rhétorique antisémite et liée au nationalisme blanc". Et le fait que Stephen Miller soit lui-même juif ne change rien, a-t-elle insisté.

Stephen Miller a notamment été l'un des architectes du décret présidentiel interdisant l'entrée sur le territoire américain aux ressortissants de plusieurs pays à majorité musulmane. "C'est un discours de haine et c'est inacceptable, quelle que soit la personne dont cela émane", affirme la parlementaire.

Pour Miller, "il n'y a rien de problématique dans mes emails..."

Stephen Miller n'a pas semblé déstabilisé par la dernière polémique. Sur Fox News, il a jugé que ses écrits étaient la preuve de son patriotisme. "Il n'y a rien de problématique dans mes emails (...), à moins qu'être fier d'être Américain et se battre pour les citoyens américains ne soit un crime".

Mais l'opposition démocrate n'est pas la seule à dénoncer la politique défendue par Stephen Miller. L'an dernier, Neil Comess-Daniels, le rabbin d'une synagogue de Californie fréquentée à un moment par la famille du conseiller du président, avait ainsi vertement critiqué la séparation des enfants migrants de leur famille à la frontière sud. "Vue d'une perspective juive, la relation parent-enfant est sacro-sainte. La perturber est cruel. Stephen Miller, la politique que vous avez aidé à concevoir et mettre en application est cruelle", avait-il lancé dans un sermon cité par les médias américains.

Katie McHugh, l'ancienne responsable de Breitbart qui a fourni les emails de Stephen Miller, va encore plus loin. Pour elle, qui s'est décrite dans une interview sur CNN comme une raciste repentie, Stephen Miller est clairement "un suprémaciste blanc" parce que "son idéologie est celle de la domination et du contrôle des personnes de couleur".

L'exécutif américain avait, après la publication des emails en novembre, défendu Stephen Miller. Un porte-parole de la Maison-Blanche, Hogan Gidley, s'était notamment demandé "pourquoi tant de personnes à gauche persistaient à attaquer des membres juifs de cette administration". Donald Trump a lui-même par le passé été accusé d'alimenter le racisme et le suprémacisme blanc, ce qu'il nie catégoriquement.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
États-Unis Racisme Extrême droite
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants