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États-Unis : comment expliquer la hausse des salaires dans la restauration ?

ÉDITO - Aux États-Unis, plusieurs enseignes comme McDonald's ou Chipotle Mexican Grill ont annoncé des hausses significatives des salaires.

Une enseigne McDonald's (illustration)
Une enseigne McDonald's (illustration)
Crédit : Jakub Porzycki / NurPhoto / NurPhoto via AFP
États-Unis : comment expliquer la hausse des salaires dans la restauration ?
03:49
États-Unis : comment expliquer la hausse des salaires dans la restauration ?
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Saison 2 - 28. Pourquoi une pénurie de personnel guette les entreprises
12:20
François Lenglet - édité par William Vuillez

McDonald's, le célèbre fast-food, vient d'annoncer une hausse significative de salaire pour ses employés : +10%. C'est l'augmentation qu'a décidée la chaîne de restaurants pour les 10.000 nouveaux employés qu'elle compte recruter. Il s'agit bien sûr de faire face à une demande très importante de la part des consommateurs qui veulent sortir à nouveau et manger dehors. 

Cette hausse de salaire ne s'appliquera qu'aux fast-food détenus en direct par McDo, les autres franchisés ne relevant pas de la même politique salariale. Le salaire minimum à l'embauche chez McDonald's va donc s'étager maintenant de 11 à 17 dollars de l'heure. Jeudi aussi, c'est Amazon, le géant du commerce en ligne, qui annonçait recruter 75.000 personnes à 17 dollars de l'heure également, alors que le salaire d'embauche avant la Covid était de 15 dollars dans certains endroits. 

Amazon offre également un bonus d'arrivée à tout nouveau recruté : 1.000 dollars et 1.100 dollars si vous êtes vacciné. Chipotle Mexican Gril, une autre chaîne de fast food, a elle aussi annoncé cette semaine qu'elle allait augmenter les salaires dans ces 2.800 restaurants. 

Pourquoi de tels excès de générosité?

Soyons un peu cyniques et réalistes : on peut attribuer tous ces excès de générosité au rapport de force, tout simplement. Il s'est inversé. Ce sont les salariés qui ont la main aujourd'hui parce que les entreprises ne parviennent plus à recruter. On l'évoquait ce jeudi, il n'y a plus assez de travailleurs : 8 millions de moins aujourd'hui aux États-Unis par rapport à février 2020, sur une population active de 150 millions, hors agriculture.

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Il y a aussi la fermeture des écoles et donc certains parents qui restent chez eux. Certains clients ont également toujours peur d'être contaminés. Au total, c'est presque 5% de salariés en moins à un moment où la demande explose. Pour McDonald's par exemple, les ventes du premier trimestre 2021 ont été supérieures de 13,6% à celles de l'année dernière. 

Quant à Amazon, on a souvent commenté l'extraordinaire année que l'e-commerce a connu à cause de l'épidémie. Le géant de Seattle avait d'ailleurs commencé à augmenter ses salariés il y a quelques semaines, de 150 à 200 dollars par mois, ce n'est pas rien. 

Une situation pareille à venir en France ?

Il y a un SMIC aux États-Unis, mais Joe Biden envisageait de le porter à 15 dollars de l'heure. C'était dans son programme. Ça a suscité pas mal de polémiques, notamment avec l'opposition républicaine. Il se trouve que la pénurie de ressources est en train de faire le travail de façon beaucoup plus efficace que s'il avait fallu le faire avec une loi. 

Cette augmentation de salaire peut arriver chez nous, mais pas tout de suite parce que la zone euro n'est pas encore aussi avancée que les États-Unis dans la reprise. C'est exactement le même calendrier que celui que nous évoquions jeudi à propos de l'inflation. Donc, jusqu'ici aujourd'hui, on ne voit rien venir. Côté salaires, le constructeur automobile allemand Volkswagen, premier employeur privé en Europe avec plus de 500.000 salariés, disait il y a 8 jours ne constater aucune pression à ce sujet. 

Mais attention, ça va probablement changer, notamment pour les restaurants et l'hôtellerie, dont les pratiques salariales étaient parfois, dans certains établissements, plus que chiches. On va voir ça en France avec la réouverture prochaine. La crise Covid sera peut être l'occasion de rattraper en partie le décalage entre les salaires de l'industrie, plus élevés et ceux des services. 

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