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Coronavirus : faut-il avoir peur du spectre de l'inflation ?

ÉDITO - La crainte de l'inflation aiguillonne les milieux économiques depuis plusieurs jours. Elle a fait chuter les bourses du monde entier depuis le début de la semaine.

La place financière de Wall Street, à New York (Illustration)
La place financière de Wall Street, à New York (Illustration)
Crédit : AFP / Bryan R. Smith
Faut il avoir peur du spectre de l'inflation ?
03:29
Faut il avoir peur du spectre de l'inflation ?
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François Lenglet

Le retour de l'inflation, c'est la crainte qui se manifeste de plus en plus chez les économistes et à la Bourse. Vous avez remarqué qu'on dit d'ailleurs toujours le spectre de l'inflation. Et cette crainte aiguillonne en effet les milieux économiques depuis plusieurs jours. Elle a fait chuter les bourses du monde entier depuis le début de la semaine, en particulier hier.

Hier soir, Wall Street a nettement chuté parce qu'a été publié un chiffre qui semble confirmer ces craintes. La hausse des prix aux Etats-Unis sur un an est de 4,2%. Pour vous donner une idée, en France, on n'a pas connu une telle progression annuelle des prix à la consommation depuis 1985.

Sur les vingt dernières années, on est quasiment tout le temps entre 0 et 2%. Pire, les prix que payent les industriels aujourd'hui pour s'approvisionner en biens ou en matières premières connaissent une croissance encore plus élevée, ce qui donne à penser que la hausse pour le consommateur pourrait s'accélérer dans les mois qui viennent.

Tout tient en un mot : pénurie

Et chez nous, qu'est ce que ça donne ? C'est plus sage. c'est 1,2 seulement sur un an en France, on l'a appris hier également. Mais en Allemagne, ça pointe déjà à 2,1%. Et puis, ce calme relatif de la zone euro peut tout à fait s'expliquer par notre retard de phase par rapport à l'Amérique dans le cycle de la reprise économique. Nous pourrions donc voir aussi une poussée inflationniste dans les mois qui viennent.

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Qu'est ce qui l'explique ? Tout tient en un mot : pénurie. Quand il y a pénurie, le vendeur tire parti du rapport de force qui lui est favorable. Il ne peut pas servir à tout le monde et d'ailleurs, il monte ses prix à ce moment-là parce que, justement, ceux à qui il vend facturent plus cher.

Pénurie de matières premières : le cuivre est au plus haut. Pénurie de produits semi transformés : le PVC, le bois, l'acier manquent. Pénurie de gaz industriels. Les voitures neuves, par exemple, moins fabriquées par les constructeurs auto, manquent de composants électroniques.

La demande mondiale est d'autant plus vigoureuse qu'elle a été comprimée depuis plus d'un an à cause de l'épidémie. Et elle est attisée aujourd'hui par de gigantesques plans de relance partout dans le monde, financés par emprunt. Il y a une orgie de crédits d'Etat qui s'est déversée sur l'économie mondiale comme du white spirit sur un barbecue.

Les salaires vont-ils suivre ?

Toute la question maintenant, c'est de savoir si les salaires vont suivre. Aux Etats-Unis, la réponse tout à fait claire : oui. On en parlait lundi, le salaire horaire a progressé de plus de 8% sur un an, et bien davantage dans les secteurs en tension comme l'hôtellerie.

Encore une fois, pénurie. Pénurie de bras, cette fois ci. Et sur ce point, la situation est similaire chez nous. On pourrait donc voir les salaires accélérer. Cela veut dire qu'on est reparti dans la fameuse spirale prix salaires, comme dans les années 70 avec la valse des étiquettes. Il y a une chose qui est inquiétante, c'est que tous les économistes disent qu'il ne faut pas s'inquiéter car selon eux, c'est temporaire. Et en général, quand tout le monde est d'accord, c'est que tout le monde se trompe. 

En fait, on ne sait pas très bien parce qu'il est sans précédent que les États s'endettent à ce niveau en dehors des périodes de guerre. Bien sûr, il est sans précédent depuis longtemps que les banques centrales créent autant de monnaie pour financer les États. Ça ne peut pas ne pas provoquer de sérieux dérèglements. La poussée d'inflation d'aujourd'hui, c'est peut être le premier symptôme.

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