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Espagne : qui est Isabel Díaz Ayuso, la "Trump" espagnole ?

PORTRAIT - À 42 ans, la populiste Isabel Díaz Ayuso aura connu une ascension éclair depuis 2019, incarnant un nouveau type de leader au sein de la droite espagnole.

La présidente de la région de Madrid, la conservatrice Isabel Díaz Ayuso, le 2 mai 2021
La présidente de la région de Madrid, la conservatrice Isabel Díaz Ayuso, le 2 mai 2021
Crédit : JAVIER SORIANO / AFP
Thomas Pierre & AFP

Elle vient de remporter triomphalement les élections régionales à Madrid. En un temps record, Isabel Díaz Ayuso s'est imposée comme la nouvelle figure de proue de la droite espagnole, à laquelle elle veut donner un ancrage résolument populiste.

Membre du Parti populaire (PP, droite), le principal parti de l'opposition, Isabel Díaz Ayuso, encore pratiquement inconnue il y a quelques années, a connu une ascension météorique depuis 2019, année où elle a accédé à la présidence de la région de Madrid, la principale du pays.

Moins d'un an plus tard, en mars 2020, éclatait la pandémie de Covid-19, qui a frappé de plein fouet l'Espagne et plus particulièrement sa capitale. Cette crise sans précédent, qui aurait coulé la carrière de plus d'un politicien débutant, lui a, au contraire, servi de tremplin, mettant en évidence son goût prononcé pour la confrontation et les formules choc.

"Modèle madrilène"

Elle a dès le début multiplié les attaques féroces contre le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez, qu'elle rend responsable de la gravité de la situation sanitaire pour avoir, selon elle, abandonné à leur sort les régions. En Espagne, la politique de santé est toutefois de la compétence exclusive des régions. Et Isabel Díaz Ayuso a su mettre à profit cette situation pour résister pied à pied aux initiatives du gouvernement de gauche, qui souhaitait imposer des restrictions strictes pour freiner l'épidémie.

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Isabel Díaz Ayuso a ainsi tout fait pour permettre aux commerces, et notamment aux bars et aux restaurants, de rester ouverts, au nom d'une sorte de "modèle madrilène", un art de vivre qui, ces derniers mois, a attiré à Madrid les touristes de nombreux pays, notamment de France, excédés par les restrictions.

"La liberté" face au "communisme"

Sa détermination à protéger l'économie locale lui a valula reconnaissance éternelle des secteurs concernés. À tel point qu'une chaîne de restaurants du centre de Madrid a baptisé une pizza la "Madonna Ayuso". En décidant, le 10 mars, de mettre fin à son alliance avec Ciudadanos, un petit parti de centre droit, et de convoquer des élections anticipées, elle a clairement voulu capitaliser sur cette popularité. 

Durant la campagne, Isabel Díaz  Ayuso a fait de la défense de "la liberté" face au "communisme" le thème de sa campagne, donnant libre cours à son populisme et affirmant sans complexe qu'elle n'aurait aucun scrupule à s'allier à l'extrême droite si cela était nécessaire pour gouverner. Ce qui devrait être le cas, puisqu'elle n'a pas obtenu la majorité absolue de sièges. Habituée dans le passé à des adversaires au style plus policé, la gauche a commencé à comprendre qu'elle représentait un nouveau type de leader de droite.

Une "Trump" espagnole

Dans un article publié à la veille du scrutin, un sociologue de renom membre du parti socialiste, José Félix Tezanos, la décrivait comme une personne ayant "un faible bagage intellectuel et politique", affirmant que sa popularité venait de "l'univers des tavernes", c'est-à-dire des bars et des restaurants, "établissements que Madrid possède en abondance, peut-être plus que n'importe quelle autre ville du monde".

Il dressait même un parallèle avec Donald Trump, voyant des "traits similaires" avec l'ex-président américain, notamment le fait d'avoir atteint "des succès électoraux notables". Isabel Díaz Ayuso a fait beaucoup de chemin depuis ses modestes débuts en politique, lorsqu'elle s'occupait du compte Twitter de Pecas, le Jack Russell terrier de la présidente régionale de l'époque, publiant ses réflexions canines sur l'actualité.

Née le 17 octobre 1978 à Madrid, où elle a étudié le journalisme et obtenu un diplôme de communication politique, elle a d'abord travaillé dans le journalisme sportif, ainsi qu'en Irlande et en Equateur, avant d'adhérer au mouvement de jeunesse du PP, alors dirigé par l'actuel leader du parti, Pablo Casado.

Elue députée régionale en 2011, elle a creusé son sillon jusqu'à devenir tête de liste aux élections de 2019. Son triomphe va encore accroître son influence au sein du PP, mais aussi augmenter le risque de frictions avec le leader du parti, Pablo Casado, qui s'efforce de modérer et de recentrer la ligne politique du PP.

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