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ÉDITO - Mondialisation : "Il y a deux camps hostiles, voire ennemis", expose Lenglet

Les deux sommets internationaux qui ont eu lieu ces derniers jours, en Bavière et à Pékin, laissent entrevoir le nouveau monde, coupé en deux.

ÉDITO - Dans la mondialisation, deux camps se font face
ÉDITO - Dans la mondialisation, deux camps se font face
Crédit : AFP montage rtl.fr
ÉDITO - Mondialisation : "Il y a deux camps hostiles, voire ennemis", expose Lenglet
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ÉDITO - Mondialisation : "Il y a deux camps hostiles, voire ennemis", expose Lenglet
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François Lenglet - édité par Philippine Rouvière Flamand

Les sommets des grands pays émergents, menés par la Chine et la Russie, et celui du G7, mené par les États-Unis, organisés quasi simultanément, redessinent la mondialisation. Il y a encore quinze ans, on imaginait un directoire mondial, avec le G20, qui rassemblait tous les pays importants de la planète quand il fallait lutter contre la grande crise de 2008. Mais il y a désormais deux camps hostiles, voire ennemis. D’un côté, l’Amérique, l’Europe et leurs alliés. De l’autre, la Chine et la Russie. Impossible de ne pas choisir son camp dans un climat aussi tendu. La Suède et la Finlande viennent d’ailleurs de renoncer à leur neutralité pour intégrer l’OTAN, l’organisation militaire des Occidentaux. 
 
Le monde est dorénavant coupé en deux, les échanges commerciaux et financiers vont se réorganiser à l’intérieur de ces deux moitiés, et diminuer entre l’une et l’autre. On peut observer ce phénomène au regard des multinationales qui ont quitté la Russie à toute vitesse lorsque le Kremlin a lancé son offensive sur l'Ukraine. Il l'est également au regard de l’éloignement progressif entre la Chine et les États-Unis, au plan technologique, avec les sanctions prises contre Huawei, et au plan financier, avec l’interdiction pour les sociétés chinoises d’aller se faire coter à Wall Street !
 
Même les liens commerciaux s'amenuisent. En 2019, 61% des approvisionnements industriels de l’Occident provenaient de Chine, ça n’est plus que 47% aujourd’hui. À cela des causes ponctuelles, comme les restrictions sanitaires dans l’empire du Milieu, mais la géopolitique est en train de prendre le relai. On ne compte plus le nombre de patrons qui disent vouloir réduire leur exposition au marché chinois. C’est une révolution, il y a cinq ans, ils désiraient tous l’augmenter au contraire.

Le "Friendshoring"

Le nouveau terme à la mode, c’est le "friendshoring", contraction de "friends" (les amis), et "offshoring" (la délocalisation). Localiser ses implantations chez les proches, c’est désormais l’objectif. Proches donc plus sûrs, au plan politique, car tous les pays ont fait ces dernières années l’expérience de la dépendance, pour les masques, pour les semi-conducteurs, aujourd’hui pour l’énergie. Ils veulent se protéger contre ce risque. Des usines plus proches géographiquement, c’est aussi nécessaire pour des raisons environnementales. Le transport est réduit, et avec lui les émissions de carbone. 

En Europe, on mise alors sur l'Europe de l'Est, avec la Roumanie et la Bulgarie, ou aussi en Afrique du Nord. Mais surtout, on souhaite se réinstaller chez nous. Après avoir migré comme les cigognes en Chine, les usines vont revenir en Occident. L’héritier de la famille Rotschild, Nat Rotschild, lui-même dans les affaires, déclarait au quotidien britannique Telegraph: "L’ère de la domination chinoise sur l’industrie mondiale est révolue".
 
La mondialisation a vraiment changé, car pour qu’elle existe, il faut une seule grande puissance, qui impose sa loi, ses usages, sa monnaie, son droit, sa culture partout sur la planète, ce qui facilite les échanges. Or aujourd’hui, l’Amérique a un challenger : la Chine. D’une certaine façon, nous revenons à la situation d’avant la chute des régimes communistes, lorsque l’Amérique et l’URSS se faisaient face. 

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