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ÉDITO - "La hausse des prix frappe davantage les Français défavorisés", assure François Lenglet

La hausse des prix due à l'inflation ne touche pas les Français de la même façon en fonction de leur lieu de vie, leur âge ou encore leur salaire.

L'inflation (illustration)
L'inflation (illustration)
Crédit : AFP / JOEL SAGET
ÉDITO - "La hausse des prix frappe davantage les Français défavorisés", assure François Lenglet
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François Lenglet - édité par Théo Putavy

L’inflation galope, mais pas au même rythme pour tout le monde. Nous avons l'habitude de lire les grands indicateurs de l’économie comme s’ils concernaient tout le monde de la même façon. Ce n’est pas la réalité, qui est faite de situations extrêmement diverses, selon l’âge, le niveau de vie et le lieu de résidence.

L'Insee nous apprend ainsi qu’un habitant de zone rurale subit en ce moment une hausse des prix de près de 6%, alors qu’elle n’est que de 4% pour les moins de 30 ans. Un écart de 2%, représente à peu près ce qu’ont reçu les Français, en moyenne, comme augmentation de salaire au début 2022. S’il y a de telles différences entre les Français face à l’inflation, c’est parce que ceux-ci n’ont pas du tout la même consommation. En moyenne, les plus de 75 ans consacrent 20 à 25% de leur budget à l’alimentation alors que c’est deux fois moins pour les moins de 35 ans. La hausse du prix des pâtes et de l’huile sera donc, en proportion du budget, deux fois plus forte pour les séniors que pour les jeunes. 

Tous les postes de dépenses concernés

Le plus frappant est le logement. Ici, le critère principal, c’est le niveau de revenu. Chez les 10% de Français les plus riches, seuls 7 à 8% des dépenses sont consacrés à se loger, d’abord parce que cette catégorie est généralement propriétaire de son habitation. À l’autre bout de l’échelle sociale, chez les 10% les plus pauvres, c’est le double, en proportion des dépenses, plus de 15%. 

On en déduit facilement que la hausse des loyers va donc faire deux fois plus mal chez les défavorisés. Et c’est encore la même chose pour les dépenses de chauffage. Un ménage modeste y consacre 6% de son budget, un ménage aisé 4%. Si les prix doublent comme c’est le cas pour le gaz, l’inflation va prendre 2 points de revenus supplémentaires aux défavorisés, par rapport aux autres. 

À écouter aussi

Le lieu de résidence joue aussi car, à cause du prix de l’essence, on se sert bien davantage de sa voiture pour travailler et vivre en zone rurale que dans les grandes villes. Un rat des champs dépense en gros trois fois plus en carburant qu’un rat des villes. Il est donc beaucoup plus sensible à la hausse du sans plomb. Une différence qui est bien sûr compensée par le prix des logements, bien plus faible à la campagne qu’à la ville.  

Sans l’indexation des salaires, l’inflation effectue des prélèvements de richesse considérables, qui sont brutaux et souvent inégalitaires. D’où les politiques d’aide du gouvernement, pour compenser ces prélèvements. L’autre chose à retenir, c’est que les grands indicateurs de l’économie, le chiffre de la hausse des prix notamment, ne sont que des moyennes, qui dissimulent des situations très hétérogènes. Et peut-être même de plus en plus hétérogènes, par rapport à une époque où il existait en France une classe moyenne importante dont le niveau de vie progressait régulièrement. 

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