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ÉDITO - Crise en Ukraine : les États-Unis "cèdent désormais du terrain", selon Lenglet

La crise ukrainienne révèle le recul américain dans certaines zones du monde.

Joe Biden à la Maison Blanche, le 26 août 2021
Joe Biden à la Maison Blanche, le 26 août 2021
Crédit : Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Est-on en train de changer de maître économique?
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ÉDITO - Les États-Unis sont-ils toujours la première puissance mondiale ?
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François Lenglet - édité par Étienne Bianchi

Alors que les combats en Ukraine s’intensifient, le principe d’un sommet entre le Russe Vladimir Poutine et l’Américain Joe Biden semble acquis. Mais les États-unis n’iront pas faire la guerre pour protéger l’Ukraine des visées de la Russie. 

Personne en Occident ne veut mourir pour Kiev, et pas l’Amérique davantage que l’Europe. C’est une extension de facto de la zone d’influence russe, au détriment de l’OTAN et des Occidentaux. Et c’est la confirmation d’une inflexion majeure : quoi qu’ils en disent, les États-Unis cèdent désormais du terrain, et cela sur tous les continents. Aux marches de la Russie, donc. 

En Afghanistan, avec le retrait de leurs troupes l’année dernière. En mer de Chine, avec les incursions presque quotidiennes de l’aviation chinoise au-dessus de l’île de Taiwan, en principe sous protection des États-Unis. Le maître du monde vacille. Il renonce à ses prérogatives, et cela aura des conséquences majeures pour l’économie mondiale. 

Recul américain

Les États-Unis restent quand même la première puissance mondiale et la première économie de la planète. C’est vrai, mais la tendance leur est défavorable, avec la montée des émergents, Russie et Chine, désormais alliées, qui ne veulent plus de la tutelle de l’Oncle Sam. L’Amérique domine le monde depuis la première guerre mondiale, sa puissance n’a cessé d’augmenter au fil du 20ème siècle jusqu’à son apogée, en 1990, avec l’effondrement du bloc soviétique. 

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Elle avait elle-même arraché le leadership mondial à l’empire britannique, qui avait dominé le monde de la chute de Napoléon, en 1815, jusqu’en 1914. Lesquels britanniques avaient succédé aux Français, qui avaient succédé aux Néerlandais, qui remplaçaient les Portugais et les Espagnols, eux-mêmes se substituant aux Italiens, au XVe/XVIe siècle. Tous ceux-là ont été tour à tour maître du monde chacun pendant plusieurs décennies.

Chaque puissance dominante a construit une mondialisation économique à son service, elle en a fixé les règles et les normes, elle a fait la police, elle a garanti la sécurité des échanges, imposé la monnaie mondiale – aujourd’hui le dollar.

La Chine nouveau leader mondial ?

Il y a tous les signes d’une transition, avec l’épuisement américain et l’agressivité russe et chinoise qu’on observe en ce moment. Le candidat le plus évident pour le poste de prochain maître du monde, c’est bien sûr la Chine. Et il faut noter que justement, la Chine est en train de mettre en place sa mondialisation à elle, avec les fameuses routes de la soie modernes.

Qu’un jour elle sera peut-être, comme l’ont été les États-Unis, le principal moteur économique de la planète. M. Li pourrait remplacer M. Smith comme consommateur en dernier ressort, qui achète les produits du monde entier. Et pourtant, la Chine a aussi des handicaps. C’est un pays fermé, qui n’a pas l’habitude de se déployer. C’est aussi un pays qui va vieillir très vite, et les vieilles nations ne sont pas belliqueuses, faute de chair à canon.

Alors, quel est le scénario le plus probable ? Peut-être un monde fragmenté, avec des puissances régionales, chacune construisant sa sphère de domination et d’échange. Après tout, c’est exactement ce que prépare la Russie. Quant à la Chine, une fois qu’elle aura récupéré Taiwan et affirmé sa maîtrise totale des mers qui l’entourent, elle n’aura plus de prétentions territoriales. 

Nous pourrions alors avoir une mondialisation économique elle aussi fragmentée, avec de grands ensembles régionaux. On en voit déjà des signes depuis la crise sanitaire, avec le rapatriement de la production de biens technologiques, les semi-conducteurs, pharmaceutiques, les médicaments, ou énergétiques. Faute de vrai maître du monde, la mondialisation va s’étioler

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