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ÉDITO - Crise en Ukraine : la menace peu convaincante de sanctions économiques envers la Russie

Selon François Lenglet, des sanctions économiques déjà appliquées dans certains pays montrent l'inefficacité de ces dernières, comme en Iran, en Corée du Nord ou encore à Cuba.

Des officiers de police russe, à Moscou (illustration)
Des officiers de police russe, à Moscou (illustration)
Crédit : KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP
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François Lenglet - édité par Florine Boukhelifa

Alors que la Russie menace toujours d’envahir l’Ukraine, les Occidentaux réfléchissent à des sanctions économiques, qui frapperaient Moscou en cas d’attaque. Parmi elle, le blocage du commerce de façon à priver le pays des produits qu'il importe, l'interdiction de tout transfert de technologie, le gel des avoirs considérables que possèdent les oligarques en Occident ou encore, l'interdiction de l'utilisation par les banques russes du réseau financier SWIFT, l’internet de la finance qui permet d’échanger de l’argent d’un pays à l’autre. 

 
Pour autant, ces sanctions ne sont pas très efficaces à en juger par les cas de Cuba, de l'Iran ou encore de la Corée du Nord. Ces pays vivent sous un régime de sanctions américaines depuis des dizaines d’années, mais les régimes n'ont pas bougé un cil. Au contraire, les éventuelles pénuries provoquées par les sanctions déclenchent parfois un sursaut nationaliste, qui aide le pouvoir en place.

La Russie elle-même est sous sanctions depuis 2014, en raison de l'invasion de la Crimée, de l'emprisonnement de l’opposant politique Alexeï Navalny, et de l'attaque d’un vol de Malaysian Airlines, le MH 17. Selon les estimations, ces mesures de restriction ont fait perdre seulement 1% du PIB au pays. Il n'y a guère qu’en Afrique du Sud, du temps de l'Apartheid, où les sanctions de l'ONU ont contribué à affaiblir le régime.

Les Occidentaux se pénalisent eux-mêmes

Il y a trois jours, l'ambassadeur russe en Suède l'a dit sans détour : "les sanctions, on n'en a rien à foutre". Selon lui, elles auraient même renforcé la Russie, et c'est vrai. En matière agricole par exemple, la Russie a mis les bouchées doubles, au point de devenir le premier exportateur de blé. En matière financière, elle a constitué un matelas de 600 milliards de dollars de réserves, grâce à ses exportations d’hydrocarbures et de minerais.

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Finalement, ce sont les Occidentaux eux-mêmes qui subissent le coût des sanctions, car ils ne peuvent plus exporter. La Russie n’est pas un marché très important pour nous, sauf pour le secteur du luxe. Cependant, si les transactions étaient vraiment interdites, une entreprise comme TotalEnergies serait très pénalisée, car elle exploite par exemple les gigantesques gisements de gaz de Yamal, au-delà du cercle polaire. Plus de 18 millions de tonnes de gaz liquéfié par an. 

Si les Américains décidaient de couper le réseau Swift, voire d’interdire l’utilisation du dollar à toute entreprise opérant en Russie, ce serait un coup dur pour le pétrolier. Pas question de frauder : BNP Paribas s’est risquée à ce petit jeu-là en commerçant avec l’Iran, sous sanctions américaines, ce qui lui a coûté 9 milliards de dollars d’amende qu'elle a été contrainte de payer au risque de se voir retirer sa licence bancaire américaine, ce qui l’aurait condamnée.

Point le plus important : la Russie, en mesure de rétorsion, pourrait stopper ses exportations de gaz à destination de l’Europe, qui représentent 40% de notre consommation. Il aurait alors fallu réduire notre dépendance vis-à-vis de la Russie dès 2014, comme Moscou l’a fait vis-à-vis de l'Occident. Le contraire a été fait, en construisant un nouveau gazoduc, Nordstream 2, à l’initiative de l’Allemagne, qui venait d’abandonner le nucléaire.

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