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Ecosse : pourquoi l’élection du 6 mai pourrait ouvrir la voie à un second référendum

ÉCLAIRAGE - En 2014, les Ecossais avaient choisi à 55% de rester au sein du Royaume-Uni. Mais pour les partisans d'un nouveau référendum, le Brexit a changé la donne.

Drapeaux de l'Ecosse et du Royaume-Uni, le 17 août, à Gretna. (archives)
Drapeaux de l'Ecosse et du Royaume-Uni, le 17 août, à Gretna. (archives) Crédit : ANDY BUCHANAN / AFP
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Thomas Pierre et AFP

Le Brexit aura-t-il ouvert la voie à un nouveau référendum d'indépendance en Ecosse ? S'il est encore trop tôt pour l'affirmer, le scrutin local de ce jeudi 6 mai devrait très certainement donner du grain à moudre aux ambitions européennes d'une partie des Ecossais. 

Avec cette élection, la Première ministre Nicola Sturgeon et son camp espèrent bien relancer la perspective d'une seconde consultation. Pour la dirigeante du SNP (Parti national écossais) une majorité indépendantiste au Parlement local, qui compte 129 sièges, priverait en effet le Premier ministre britannique Boris Johnson de toute "justification démocratique, électorale ou morale" pour s'y opposer.

En 2014, les Ecossais avaient choisi à 55% de rester au sein du Royaume-Uni. Selon Boris Johnson, il s'agit d'une consultation qui ne peut se produire "qu'une fois par génération". Mais les partisans d'un nouveau référendum soulignent que le Brexit, auquel les Ecossais étaient opposés à 62%, a changé la donne. Et ce particulièrement pour les secteurs de la pêche et de l'agriculture, frappés de plein fouet par la sortie de l'UE.

Un référendum d'ici 2023 ?

Après une salve d'enquêtes ces derniers mois donnant une majorité à l'indépendance, la tendance semble s'inverser. Selon un sondage Savante ComRes cette semaine, 49% des Ecossais voteraient non à un référendum immédiat, 42% opteraient pour le oui.
Nicola Sturgeon, à qui la gestion de la crise du coronavirus a assuré une solide cote de confiance auprès des Ecossais, entend attendre la fin de la pandémie et son parti promet un référendum d'ici 2023.

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Selon le SNP, l'indépendance ferait de l'Ecosse, qui compte 5,5 millions d'habitants, une "nation plus juste, plus prospère", qui à terme aurait vocation à réintégrer l'Union européenne. Mais les anti-indépendantistes mettent en avant le risque de fragiliser la reprise après la pandémie.

Selon le chef des conservateurs écossais Douglas Ross, un nouveau référendum représenterait une "distraction". Selon son homologue travailliste Anas Sarwar, l'Ecosse a besoin de responsables politiques "qui veulent unifier" le Royaume-Uni, "pas nous diviser".

Vers une "supermajorité" indépendantiste ?

La population s'interroge, elle, sur le calendrier. "Je soutiens en principe l'indépendance, mais je ne pense pas que ce soit le bon moment, particulièrement avec la pandémie", explique David Collin, 42 ans, employé dans les relations publiques à Glasgow. En raison des restrictions sanitaires, les partis font surtout campagne en ligne. 

Selon le système hybride, les électeurs votent deux fois: pour un candidat dans leur circonscription et pour un parti, 56 des députés du Parlement local étant élus à la proportionnelle. C'est sur cette partie du scrutin que se concentre Alex Salmond, prédécesseur de Nicola Sturgeon à la tête de l'Ecosse et du SNP. Son parti tout nouvellement créé, Alba, avec lequel il veut créer une "supermajorité" indépendantiste, remporte un soutien croissant selon les derniers sondages.

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