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Coronavirus : Trump veut tripler la capacité d'accueil d'un meeting polémique

Donald Trump, dont un meeting électoral prévu à Tulsa (Oklahoma) est jugé à haut risque sanitaire, a annoncé vouloir en augmenter le nombre de participants.

Donald Trump le 6 avril 2020
Donald Trump le 6 avril 2020 Crédit : MANDEL NGAN / AFP
Ryad Ouslimani
Ryad Ouslimani
et AFP

Donald Trump tient un positionnement politique visant à minimiser la dangerosité de la Covid-19 depuis le début de la pandémie. Opposé aux positions de plusieurs gouverneurs qui ont décidé de confiner la population dans les différents États, il a toujours tenu un discours en faveur du maintien de l'activité économique. Comme un symbole, Donald Trump refuse aussi de porter un masque en public. 

C'est dans le même cheminement que le président américain se positionne à propos d'un grand meeting qu'il souhaite tenir à Tulsa, dans l'Oklahoma, afin de lancer sa campagne de réélection. Il a rejeté lundi 15 juin les appels à son annulation à cause des risques de Covid-19, annonçant même vouloir en tripler la taille.

"Nous avons une scène de 22.000 places, mais je pense que nous allons aussi utiliser la salle des congrès voisine et elle pourra contenir 40.000 personnes", a indiqué le président américain à des journalistes à la Maison Blanche.

Le choix de Tulsa vécu comme une provocation

Le risque sanitaire que s'apprête à prendre Donald Trump a d'ailleurs été le sujet d'un éditorial au vitriol du quotidien local Tulsa WorldUn rassemblement de masse dans un lieu fermé représenterait un risque trop grand, indique le journal.

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"Ce n'est pas le bon moment et Tulsa n'est pas le bon endroit pour un meeting de Trump", juge la rédaction du journal, rappelant que même si la ville de Tulsa et l'État de l'Oklahoma avaient autorisé la réouverture des commerces, la pandémie de Covid-19 continuait d'y progresser.

Le meeting, initialement prévu le 19 juin, jour de commémoration de la fin de l'esclavage, avait déjà dû être reporté au lendemain, "par respect pour la date" et ce qu'elle représente, avait annoncé Donald Trump.

Le choix de Tulsa, ville qui a été en 1921 le théâtre de certaines des pires émeutes raciales de l'histoire américaine, a par ailleurs été considéré comme une provocation après la mort de George Floyd et les immenses manifestations contre le racisme et les violences policières qui ont suivi.

Un meeting au mauvais moment

La venue de Donald Trump pourrait provoquer des manifestations qui risquent de devenir violentes, craint le quotidien local. "Là aussi, Tulsa se retrouvera toute seule à gérer la situation au moment où les ressources de la municipalité sont déjà utilisées au maximum", souligne l'éditorial.

Du point de vue sanitaire, les autorités locales semblent peu enclines également à voir une concentration de plusieurs dizaines de milliers de personnes. Le directeur des services de santé municipaux Bruce Dart a prévenu samedi dans les colonnes du journal que la situation sanitaire était actuellement en train de se détériorer dans la ville, après une cérémonie d'obsèques ayant rassemblé beaucoup de monde.

"Une grande réunion en salle de 19 à 20.000 personnes représente un risque énorme pour Tulsa aujourd'hui", a alerté Bruce Dart. "Je pense que c'est un honneur pour Tulsa qu'un président en exercice veuille venir rendre visite à notre communauté, mais pas pendant une pandémie".

Donald Trump a répondu lundi matin sur Twitter à ces appels à annuler le meeting, pour lequel, affirme-t-il, son équipe a reçu "près d'un million de demandes de billets".

Les participants signeraient une décharge

Il a accusé les "médias 'fake news' d'extrême gauche" d'avoir deux poids, deux mesures avec le coronavirus, en n'ayant "aucun problème avec les émeutiers et casseurs qui détruisent les villes dirigées par des démocrates" tout en "jetant l'opprobre" sur ses grands meetings.

"Ça ne marchera pas!", a-t-il insisté, disant que le nombre élevé de cas de Covid-19 recensés aux États-Unis était surtout dû à la capacité de dépistage sans équivalent de son pays. 

L'Oklahoma enregistrait samedi plus de 8.000 cas de Covid-19, dont 225 au cours des 24 heures précédentes, un nouveau record pour cet État. L'équipe de campagne du président a prévenu que les participants à ses futurs meetings devront signer un document disant qu'ils renoncent à toute poursuite si jamais ils attrapent le virus à cette occasion.

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