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Coronavirus : les États-Unis veulent croire dans le remdesivir

Un médicament expérimental, le remdesivir, a accéléré de 31% le temps de rétablissement des malades du Covid-19 dans un grand essai clinique parrainé par les Instituts de santé américains (NIH).

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Coronavirus : les États-Unis veulent croire dans le remdesivir Crédit Image : Ulrich Perrey / POOL / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Philippe Corbé
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édité par Thomas Pierre

Mercredi matin, nous vous parlions d’un espoir sur le vaccin, ce jeudi 30 avril, c'est d'un espoir sur un traitement. Un espoir partagé par les investisseurs de Wall Street puisque l’action du groupe pharmaceutique Gilead qui produit le médicament a bondi. 
Le Dow Jones a pris plus de 500 points, alors que par ailleurs des chiffres du PIB désastreux ont été publiés.

Ce médicament s’appelle le remdesivir. C’est un antiviral. Vous en avez peut-être déjà entendu parler, car plusieurs équipes de recherche à travers le monde mènent en ce moment des études, et c’est depuis plusieurs semaines l’une des pistes que privilégient les chercheurs.

Mais les autorités sanitaires américaines sont pour la première fois optimistes sur l’un de ces essais thérapeutiques. Pour la première fois, il apparaît qu’un médicament peut bloquer le virus de façon probante. Pour simplifier, pour la première fois, l’homme est plus fort que le virus.

Doit-on croire à cet espoir ?

En tout cas, le directeur de l’Institut national des maladies infectieuses, le Dr Fauci, toujours très prudent, qui a calmé à plusieurs reprises les espoirs prématurés sur la chloroquine, ce qui a fâché le président Trump, même lui a souligné dans le bureau ovale que c’est un moment important, car cela montre qu’on peut empêcher la progression du virus.

Pour être précis, le Dr Fauci dit qu’on voit dans cette étude un effet positif clair et significatif dans la réduction du temps de récupération. Qu’est-ce que cela veut dire ? 
En fait, ceux qui étaient infectés et ont été traités au remdesivir récupèrent plus vite que ceux qui ont reçu un placebo : en moyenne 11 jours plutôt que 15 jours.

Un effet limité

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Donc espoir, mais prudence, parce que même si ces résultats sont confirmés par d’autres études, l’effet est limité. À ce stade, ce n’est pas ce médicament qui va empêcher une personne contaminée de développer la maladie, ce n’est pas ce médicament qui va réduire de façon significative le nombre de morts, et donc ce n’est pas ce médicament qui va protéger le monde du coronavirus.

Mais il peut limiter la durée des soins et donc l’occupation des hôpitaux. Et surtout, cela peut être la base pour d’autres recherches pour mettre au point un traitement qui pourrait éviter de développer la maladie, ou d’éviter l’emballement rapide qu’on a constaté sur des patients quelques jours après leur infection. On en n'est pas du tout là.

Que disent les autres études ?

Alors une étude chinoise, publiée dans la revue britannique The Lancet, conclut que le remdesivir n’a pas eu d’effets cliniques significatifs. Mais cette étude à Wuhan est plus limitée, seulement 237 patients.

Néanmoins, l’administration Trump veut aller vite pour que la FDA, qui dans ce cas est en quelque sorte l’agence du médicament, accélère ces procédures pour que ce traitement au remdesivir soit rapidement disponible, même si, comme nous l'avons dit, l’effet est limité.

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