3 min de lecture Santé

Coronavirus : l’université d’Oxford promet un vaccin pour septembre

Alors que la plupart des équipes de recherche ont commencé par des essais sur quelques centaines de patients, ces chercheurs britanniques devraient, eux, tester leur nouveau vaccin sur plus de 6.000 personnes d’ici la fin mai.

Illustration d'un vaccin
Illustration d'un vaccin Crédit : AFP
Thomas Pierre
Thomas Pierre et AFP

L'espoir contre la pandémie de Covid-19 repose désormais sur les épaules des chercheurs du monde entier. Les premiers essais cliniques seraient d'ailleurs sur le point d'aboutir. Et parmi les huit laboratoires qui en sont arrivés au stade des essais cliniques sur des hommes, l'université d'Oxford figure en bonne place pour être la première à découvrir un vaccin.

Si leurs tests s'avéraient concluants, les scientifiques de l'Institut Jenner d'Oxford assurent, qu'avec la collaboration des autorités sanitaires, les premières millions de doses de leur vaccin pourraient être disponibles d'ici septembre, soit plusieurs mois avant les autres expérimentations annoncées. 

Une longueur d'avance cruciale obtenue grâce à des essais déjà effectués l'an passé sur une précédente forme de coronavirus, précise le New York TimesAlors que la plupart des équipes de recherche ont commencé par des essais quelques centaines de patients, ces chercheurs britanniques devraient, eux, tester leur nouveau vaccin contre le coronavirus sur plus de 6.000 personnes d’ici la fin mai. 

Une phase 1 accélérée

Plus précisément, le sérum que développent ces scientifiques est basé sur un adénovirus modifié touchant les chimpanzés. Il permet de "générer une forte réponse immunitaire avec une seule dose et il ne s'agit pas d'un virus qui se réplique", si bien qu'il "ne peut pas causer d'infection continue chez l'individu vacciné". Cela le rend "plus sûr pour les enfants, les personnes âgées" et les patients qui auraient des maladies sous-jacentes comme le diabète.

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Pour rappel, le but principal d'essais de phase I est de tester la sécurité et dans une moindre mesure l'efficacité d'un produit médical. Les essais de phase II puis de phase III, conduits à plus large échelle, ont surtout pour but d'en évaluer l'efficacité, avant une éventuelle autorisation de mise sur le marché par les autorités sanitaires. 

Dans sa première phase, l'essai mené par l'université d'Oxford, destiné donc à évaluer la sécurité et l'efficacité du vaccin, concernera jusqu'à 1.112 volontaires. 551 recevront une dose du potentiel vaccin contre le Covid-19, l'autre moitié un vaccin témoin. Dix participants recevront deux doses du vaccin expérimental, espacées de quatre semaines.

Un calendrier "hautement ambitieux"

Estimant à 80% les chances de réussite, l'équipe du professeur Sarah Gilbert prévoit, parallèlement aux recherches, de produire un million de doses d'ici l'automne afin de le rendre rapidement et largement disponible en cas de succès.

Mais les équipes qui mènent ces recherches précisent sur le site qui leur est consacré que ce calendrier est "hautement ambitieux" et pourrait changer. Le directeur des services sanitaires britanniques Chris Whitty a reconnu la semaine dernière que la probabilité d'obtenir un vaccin ou un traitement efficace "dans l'année qui vient est incroyablement faible". 

Huit laboratoires en pointe

Mais la mobilisation du gouvernement britannique, qui soutient fortement ces travaux , pourrait changer la donne. Devant une Chambre des communes réunie en partie par vidéo, le ministre de la Santé Matt Hancock a salué la semaine passée un "développement prometteur", soulignant qu'il faudrait en temps normal "des années" avant d'arriver à un tel stade de recherche. 

En effet, parmi la centaine de travaux de recherches dans le monde pour trouver un vaccin, huit en sont pour l'heure au stade des essais cliniques sur l'homme, selon la London School of Hygiene and Tropical Medicine. De tels essais ont déjà commencé en Chine et aux Etats-Unis et doivent débuter à la fin du mois en Allemagne, où l'autorité fédérale chargée des vaccins a donné son feu vert.

Un "pari" nécéssaire

Selon Nicola Stonehouse, professeure de virologie moléculaire à l'université de Leeds, cette stratégie choisie de ne pas attendre chaque étape avant de lancer la production est un "pari" d'un point de vue financier. Mais un pari nécessaire "dans la situation actuelle", explique-t-elle à l'AFP.

Trouver un vaccin est la seule voie possible pour un retour à la "normalité" dans le monde, a également prévenu le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, appelant dans ce domaine à accélérer les projets en développement. L'ONU a adopté une résolution en ce sens en appelant à un accès "équitable, efficace et rapide" à un éventuel vaccin.

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