2 min de lecture Écologie

Climat : pourquoi Trump fait sortir les États-Unis de l'Accord de Paris

Donald Trump l'avait annoncé il y a 2 ans, c'est désormais officiel, les États-Unis ont engagé la procédure pour quitter l'Accord de Paris sur le climat.

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Climat : les États-Unis engagent la procédure de sortie de l'Accord de Paris Crédit Image : SAUL LOEB / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Philippe Corbé
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édité par Noé Blouin

Washington a formellement notifié a l’ONU sa décision de sortir de l’Accord de Paris sur le climat. Donald Trump l’a annoncé il y a deux ans et demi, mais dans les faits il ne s’était encore rien passé. Pour des raisons juridiques, il ne pouvaient pas enclencher leur sortie de l’accord avant ce lundi 4 novembre. 

En effet, aucun pays ne pouvait officiellement annuler sa signature avant le troisième anniversaire de l'entrée en vigueur de l'accord, le 4 novembre 2016. C’est donc fait, les Américains n’ont pas attendu un jour de plus. Le retrait sera effectif un an après la notification donc le 4 novembre 2020, soit le lendemain de l’élection présidentielle, le lendemain de la réélection ou de la défaite de Donald Trump.

Si l’administration Trump s’empresse de déclencher le processus, dès le premier jour où c’est possible, c’est d’abord pour envoyer un message politique à son électorat. Il a tenu sa promesse de 2016. Il répète souvent dans ses réunions publiques que le dérèglement climatique est un canular, il moque les démocrates qui promettent un grand plan vert. "Ça va coûter des dizaines de milliers de milliards de dollars", hurlent les partisans de Trump, relayés par certaines émissions de FOX News, qui font des graphiques farfelus avec des pets de vaches pour moquer ceux qui expliquent que l’élevage contribue aux émissions de carbone. 

Économie ou écologie ?

Même si des villes, des états américains, des entreprises, font des efforts pour prendre le relais de l’État fédéral, Donald Trump a annulé les régulations mises en place sous Obama pour limiter les gaz à effet de serre des centrales électriques, des puits de pétrole, des voitures. Les anciennes centrales au charbon peuvent fonctionner plus longtemps. 
En fait ce n’est pas que le dérèglement climatique ne l’intéresse pas. Au contraire.

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Il voit un grand intérêt politique à cette question : il veut faire passer un message très simple aux électeurs : l’écologie c’est mauvais pour l’économie, à vous de choisir entre l’écologie et l’économie. C’est caricatural, mais c’est un message qui permet de rassembler sa base, notamment dans les états industriels où il fait toujours croire que le "charbon propre" entre guillemets est un secteur d’avenir. En Pennsylvanie, dans le Michigan, état de l’automobile, des états clés de l’élection, cette question , "écologie contre économie ?", peut faire basculer le vote.

Si un démocrate qui a promis de revenir dans l’accord est élu en 2020, logiquement les États-Unis sortiront quand même, mais comment pourraient-ils re-rentrer une fois le nouveau président en place ? Joe Biden, l’ancien vice-président d’Obama, qui est pour l’instant le mieux placé pour affronter Trump, promet de revenir dans l’accord, mais il est plus prudent que d’autres quand il parle de climat. Car il sait qu’il a besoin de l’électorat des cols bleus pour être élu face à Trump. 

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