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Christophe Gleizes emprisonné en Algérie : "Il se sent totalement coupé du monde, isolé", alertent ses parents

La mère et le beau-père du journaliste français Christophe Gleizes, détenu depuis deux mois en Algérie, ont pu lui rendre visite à deux reprises en août. Ils décrivent un homme qui "garde le moral" mais "isolé".

La mère du journaliste sportif français Christophe Gleizes, Sylvie Godard, et son beau-père, Francis Godard.

Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

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Nathan Joubioux & AFP

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Deux mois après sa condamnation, en Algérie, à sept ans de prison pour des contacts avec des dirigeants du football kabyle, le journaliste sportif français Christophe Gleizes garde "le moral", mais "se sent coupé du monde", confient ses parents, qui ont pu le voir lors de deux visites au parloir en août.

Emprisonné à Tizi Ouzou, à 100 km à l'est d'Alger, Christophe Gleizes attend désormais son procès en appel, prévu pour l'automne. Mais ses parents restent confiants, malgré les récentes tensions entre Paris et Alger. "Le premier choc, c'est l'apparence physique, je ne l'avais jamais vu le crâne rasé. Mais il allait bien, il était en bonne condition physique, il faisait énormément de sport pour se vider la tête", assure sa mère, Sylvie Godard. 


Seul journaliste français actuellement détenu à l'étranger, il a été condamné pour "apologie du terrorisme" et "possession de publications dans un but de propagande nuisant à l'intérêt national", des griefs "totalement absurdes" selon ses parents. "On ne peut pas interpréter autrement l'exagération invraisemblable de ces griefs si on ne comprend pas qu'il est une sorte de victime collatérale des mauvaises relations entre la France et l'Algérie actuellement", assure Francis Godard, son beau-père.

La crainte de ne pas obtenir de visas

Le 12 août, ils ont pu échanger avec lui pendant trente minutes, durant lesquelles ils ont pu lui transmettre les messages de sa famille, de ses amis, de ses collègues journalistes et de tout le comité de mobilisation lancé par Reporters sans Frontières. "Ça l'a rasséréné parce qu'il pensait qu'il était un peu oublié dans sa prison (...) il ne sait rien de ce qui se passe en France", assure Francis Godard, son beau-père.

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Puis, sa mère a pu le voir une seconde fois, neuf jours plus tard. "C'était une grande victoire pour nous", affirme-t-elle. "Il nous a exprimé qu'il avait de très bonnes relations avec le personnel pénitentiaire, très affable avec lui, et il s'entend très bien avec son codétenu", poursuit-elle. "Par contre, même s'il a le moral, même s'il est combatif, il se sent totalement coupé du monde, isolé", souffle-t-elle.

Cette dernière espère connaître la date de son procès à la fin du mois de septembre. "Il pourrait se dérouler, on espère, en octobre. [...] Nous ne savons pas si nous-mêmes pourrons y assister, parce que nous ne savons pas si nous aurons nos visas", explique Sylvie Godard, qui indique que le père de Christophe Gleizes n'a pas obtenu le sien afin de lui rendre visite cette semaine. 

Mais ce qu'elle espère surtout, c'est que son avocat français, Me Emmanuel Daoud, qui travaille avec l'avocat algérien Me Amirouche Bakouri, puisse obtenir son visa.

"On veut que Christophe ne soit pas un fusible"

Sylvie et Francis Godard suivent avec attention le durcissement des relations entre Paris et Alger. Emmanuel Macron a demandé, début août, "plus de fermeté" à l'égard de l'Algérie. Une prise de position qui inquiète la famille du journaliste, collaborateur des magazines "So Foot" et "Society".

"On ne peut pas se réjouir de la position actuelle du président de la République", avance son beau-père. "On veut que Christophe ne soit pas un fusible. [...] On ne veut pas qu'on se serve du cas de Christophe pour régler des questions politiques dans lesquelles Christophe n'a rien à voir", renchérit sa mère. 

Si les relations entre les deux pays se refroidissent ces dernières semaines, c'est aussi à cause d'un autre dossier, celui de Boualem Sansal, écrivain franco-algérien condamné à cinq ans de prison ferme, notamment pour atteinte à l'unité nationale. Mais pour Sylvie et Francis Godard, pas question "d'associer en permanence le cas de Christophe" à cet autre procès. "Tous les deux méritent à l'évidence d'être libérés, mais ces deux dossiers n'ont strictement rien à voir l'un avec l'autre", assurent-ils.

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