2 min de lecture Chine

Chine : menotté à un lit, un Ouïghour réussit à se filmer en détention

VU DANS LA PRESSE - Un ancien mannequin ouïghour de 31 ans est parvenu à se filmer dans un centre de détention en Chine. On le voit avec des vêtements sales et menotté à son lit.

La famille de Merdan Ghappar a décidé de rendre publiques ces images car elle est sans nouvelle du jeune homme.
La famille de Merdan Ghappar a décidé de rendre publiques ces images car elle est sans nouvelle du jeune homme. Crédit : Capture écran YouTube - BBC News
Sarah Ugolini
Sarah Ugolini

Ces sont des images glaçantes qui témoignent des terribles conditions de détention des Ouïghours en Chine. Dans une vidéo de 4 minutes et demie, Merdan Ghappar montre lentement et en silence la petite salle où il est enfermé. 

Selon France 24, c'est début mars que sa tante aurait reçu la vidéo via WeChat, avec une série de messages dans laquelle l’homme décrit ses conditions de détention. La BBC a dévoilé la vidéo filmée par cet ancien mannequin ouïghour pendant sa captivité dans un camp de détention. 

Le sol est sale et on aperçoit des barreaux aux fenêtres. Le jeune homme se montre menotté à son lit le visage fermé et sans un mot. Ses chevilles semblent enflées et il porte des vêtements sales. On entend également un message audio répété par un haut-parleur en mandarin et ouïghour blâmant les "forces séparatistes" d’encourager la communauté ouïghoure à "croire en un islam uni".

Des salles de 50m2 contenant jusqu'à 60 personnes

La BBC a traduit ce qui semble être un message de propagande pour renier l'existence du Turkestan oriental, un État souhaité par les indépendantistes du Xinjiang. "Il n'y a jamais eu de Turkestan oriental. Le soi-disant État du Turkestan oriental n'a jamais existé ou été reconnu", peut-on ainsi entendre sur la vidéo.

À lire aussi
Florence Parly, ministre des Armées. Coronavirus France
Covid-19 : Parly admet avoir dit à tort que les militaires revenus de Wuhan avaient été testés

Sa famille, qui a reçu les vidéos il y a cinq mois, a pris la décision de les rendre publiques pour alerter sur la situation alors qu'ils n'ont plus de nouvelles de Merdan Ghappar. En plus de la vidéo, des messages écrits par le jeune homme ont été diffusés. Le mannequin explique être couvert de poux, avoir vu des salles de 50m2 contenir jusqu'à 60 personnes et assure qu'il entend des cris provenant de "salles d'interrogatoire".

"J’ai vu 50 à 60 personnes enfermées dans une petite pièce, pas plus de 50 m². Les hommes étaient à droite, les femmes à gauche, chaque groupe enfermé de son côté dans des cages. Tous avaient un sac sur la tête, des menottes et des chaînes aux pieds reliées les unes aux autres. Des cris horribles venaient de là, des femmes comme des hommes. C’était absolument horrible, terrifiant", aurait écrit le jeune homme par messages.

La France veut une mission internationale sur place

Malgré l'insistance de la Chine à assurer que les camps de rééducation de Ouïghours ont été fermés, c'est une nouvelle preuve que cette minorité est toujours persécutée et détenue en grand nombre et sans aucun motif. 

Le 28 juillet dernier, la France a proposé qu'une "mission internationale émanant d'observateurs indépendants", "sous la houlette" de la Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, se rende au Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, pour enquêter sur la situation de la minorité musulmane ouïghoure. 

Dans cette région, "il y a des pratiques injustifiables qui vont à l'encontre des principes universels inscrits dans les grandes conventions internationales des droits de l'Homme", a estimé le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian devant l'Assemblée nationale. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Chine Détention Religions
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants