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Brexit : quels sont désormais les scénarios possibles à la sortie de l'UE ?

ÉCLAIRAGE - Après l'adoption par le Parlement d'un texte de loi réclamant le report du Brexit en janvier 2020 et le rejet des élections générales convoquées par le Premier ministre le 15 octobre, la sortie de l'UE se complique encore un peu plus.

Quels sont désormais les scénarios possibles du Brexit ?
Quels sont désormais les scénarios possibles du Brexit ? Crédit : JUSTIN TALLIS / AFP
Thomas Pierre
Thomas Pierre et AFP

Le Brexit selon Boris Johnson ne se passe pas exactement comme prévu. Après avoir perdu sa majorité à la Chambre des Communes et échoué à convoquer des élections anticipées mercredi, le Premier ministre britannique a accepté jeudi 5 septembre de ne pas faire d'obstruction au texte législatif demandant un nouveau report du Brexit.

L'opposition à un Brexit sans accord redoutait jusqu'alors qu'à la Chambre des Lords, les alliés de Boris Johnson tentent de ralentir l'avancée du texte, en faisant traîner les débats. Or, le temps presse depuis la décision surprise du Premier ministre de suspendre le Parlement jusqu'à la mi-octobre, soit deux semaines seulement avant la date du Brexit.  

Les anti-"no deal" n'ont que très peu de marge pour légiférer afin d'empêcher un tel scénario. Justement, quelles issues sont désormais envisageables pour la sortie de l'UE ? 

Nouveau report

Prévu initialement le 29 mars 2019, le Brexit a été déjà reporté à deux reprisesfaute d'unanimité du Parlement sur les formes qu'il doit prendre. La loi votée mercredi par les députés contraint Boris Johnson, qui y est farouchement opposé, à demander à l'UE un report de trois mois, jusqu'à la fin janvier 2020. 

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Une "capitulation" à ses yeux. Boris Johnson a aussi affirmé haut et fort qu'en "aucune circonstance" il ne demanderait un tel report, et compte sur des élections anticipées pour le sortir de ce mauvais pas.

Elections anticipées

Même après le rejet du projet de Boris Johnson, elles apparaissent comme une option probable pour sortir de l'impasse. L'opposition travailliste ne voulait pas de la date du 15 octobre car elle craignait que le Premier ministre, usant de ses prérogatives, ne les repousse après le 31 octobre, ouvrant ainsi la possibilité d'une sortie de l'UE sans accord.

Mais en fait, les travaillistes sont en faveur de la tenue d'élections une fois leur loi sur un report du Brexit entérinée par la chambre des Lords. Elles sont aussi dans l'intérêt de Boris Johnson, qui a perdu mardi sa majorité au Parlement. Le scrutin sera dans tous les cas un pari risqué pour les deux grands partis de gouvernement, qui ne sont pas assurés d'une majorité absolue, dans un paysage politique bouleversé par les clivages sur le Brexit.

Brexit sans accord

Les discussions engagées entre Londres et Bruxelles n'aboutissent pas et Bruxelles, à bout de patience, refuse de reporter une troisième fois le Brexit. Le Royaume-Uni quitte l'Union européenne sans accord de retrait le 31 octobre.

Ce scénario est particulièrement redouté par les milieux économiques, qui craignent une dégringolade de la livre, une envolée de l'inflation, voire une récession, avec le rétablissement de droits de douane et le spectre de pénuries de produits alimentaires, d'essence et de médicaments.

Le gouvernement de Boris Johnson se prépare activement à ce scénario et multiplie les annonces de milliards destinés à encaisser le choc du Brexit. Même après une sortie sans accord, il devra retourner à la table des négociations avec les Européens pour définir leurs futures relations.

Brexit avec accord

En l'état, c'est le plus improbable des scénarios. Londres et Bruxelles parviennent à décrocher un accord et à s'entendre sur la question cruciale du filet de sécurité irlandais, ou "backstop", mécanisme visant à éviter le retour d'une frontière en Irlande entre la province britannique du Nord et la république membre de l'UE au sud.

Londres devait présenter de nouvelles propositions pour remplacer le "backstop" mais, selon le chef de la diplomatie irlandaise Simon Coveney, n'en a rien fait. L'UE a d'ailleurs souligné mercredi que le "risque" d'un "no deal" s'était accru et qu'elle ne croyait pas à un accord avec Londres d'ici le 31 octobre.

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