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Brexit : pourquoi Boris Johnson a décidé de suspendre le Parlement britannique

ÉCLAIRAGE - Le Premier ministre britannique a suspendu mercredi 28 août le Parlement pendant cinq semaines jusqu'au 14 octobre, soit deux semaines seulement avant la date du Brexit. Une manœuvre risquée et dénoncée par l'opposition.

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Brexit : Boris Johnson a décidé de suspendre le Parlement britannique Crédit Image : JESSICA TAYLOR / UK PARLIAMENT / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
Thomas Pierre
Thomas Pierre et Marie Billon

Boris Johnson joue déjà son va-tout. Le Premier ministre a suspendu mercredi 28 août le Parlement britannique pendant cinq semaines jusqu'au 14 octobre, soit deux semaines seulement avant la date du Brexit.

Le nouvel hôte du 10 Downing Street entend ainsi s'acquitter de sa promesse de livrer le Brexit aux Britanniques au 31 octobre. Et pour y parvenir le conservateur a peu de possibilité, si ce n'est de neutraliser le Parlement pour éviter de voir le "no deal" retoqué par les députés.

Sur la chaîne de télévision Sky News, il s'en est pourtant défendu en affirmant que le calendrier fixé "laissera amplement le temps aux députés de débattre de l'UE et du Brexit". Mais dans les faits, deux semaines paraissent bien légères pour que les députés puissent organiser une riposte à une sortie sans accord de l'Union européenne. 

Un "scandale constitutionnel"

Une manœuvre risquée, qui pourrait donc plonger un peu plus le Royaume-Uni, très divisé sur la question du "no deal", dans une crise politique ouverte. "Il est absolument évident que l'objectif de la suspension est maintenant d'empêcher le Parlement de débattre du Brexit et de faire son devoir de définir une trajectoire pour le pays", a déclaré le président de la Chambre des Communes John Bercow, qualifiant la décision de "scandale constitutionnel".

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Consultée, la reine Elizabeth II, elle-même, a donné son accord de suspendre le Parlement après les débats du 9 septembre. Dès lors, la session reprendra le 14 octobre avec le traditionnel discours de la Reine, dans lequel elle exposera le programme du gouvernement. 

Une "menace" pour la démocratie ?

Si le Parlement britannique est habituellement suspendu en septembre en raison des congrès annuels des partis, l'extension de cette suspension jusqu'au 14 octobre, douze jours après la fin de la dernière conférence, celle du parti tory, a provoqué la colère de l'opposition.

"C'est un scandale et une menace pour notre démocratie", a réagi Jeremy Corbyn, le chef du Labour, le principal parti d'opposition. Jeremy Corbyn a écrit à la reine pour lui demander un entretien, selon une source au sein du Labour.

"Je l'espère, un accord avec l'UE est imminent"

Au fond quelle est la stratégie de Boris Johnson ici ? Bien qu'il brandisse à tout va la menace d'un "no deal", le Premier ministre britannique espère toujours un nouvel accord avec Bruxelles. Un coup de bluff, dont le "timing" semble, de son aveu même, la clé. 

"Je pense qu'il est essentiel que le Parlement siège avant le Conseil européen (les 17 et 18 octobre, ndlr) et si, comme je l'espère, un accord avec l'UE est imminent, le Parlement aura la possibilité d'adopter la loi sur l'accord de retrait nécessaire à la ratification avant le 31 octobre", explique le chef du gouvernement dans son communiqué.

"Les semaines précédant le Conseil européen sont vitales pour mes négociations avec l'UE"

Boris Johnson
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Sous couvert de division, Boris Johnson dit pourtant vouloir créer l'unisson nationale au moment de sortir de l'Europe. "Les semaines précédant le Conseil européen sont vitales pour mes négociations avec l'UE", souligne-t-il, ajoutant : "En montrant unité et détermination, nous avons une chance de décrocher un nouvel accord qui puisse être adopté par le Parlement".

L'accord de sortie de l'UE conclu avec le gouvernement précédent de Theresa May après plus de deux ans de négociations acharnées avait été rejeté à trois reprises par les députés. Ces derniers n'avaient pas réussi à se mettre d'accord sur la forme que doit prendre le Brexit, voté en juin 2016 par 52% des Britanniques.

Quelques heures après l'annonce de la suspension du Parlement, une pétition publiée sur le site du Parlement et demandant de revenir sur cette décision avait réuni 100.000 signatures, seuil nécessaire à l'organisation d'un débat parlementaire.

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