3 min de lecture Union européenne

Brexit : Emmanuel Macron joue la carte de la fermeté, Boris Johnson conciliant

ÉCLAIRAGE - Le président français a estimé qu'une solution pourrait être trouvée "d'ici 30 jours" sur la question de la frontière irlandaise pour aboutir à une sortie ordonnée du Royaume-uni de l'UE.

Boris Johnson et Emmanuel Macron, le 22 août 2019
Boris Johnson et Emmanuel Macron, le 22 août 2019 Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
et AFP

Une rencontre qui s'annonçait tendue. Et pourtant... Boris Johnson et Emmanuel Macron ont affiché, ce jeudi 22 août, un ton plus conciliant sur le Brexit. Le chef d'État français et le premier ministre britannique ont affirmé leur volonté de trouver un accord pour une sortie ordonnée du Royaume-uni de l'Union européenne, en jugeant possible de s'entendre sur la frontière irlandaise. 

"Je veux un accord", a déclaré le Premier ministre britannique à son arrivée dans la cour de l'Élysée pour la deuxième étape de sa première tournée à l'étranger depuis son arrivée au pouvoir fin juillet. "Je pense que nous pouvons avoir un accord et un bon accord" en vue d'un Brexit le 31 octobre, a-t-il insisté. 

À ses côtés, Emmanuel Macron s'est montré plus prudent mais s'est déclaré "confiant" qu'une solution puisse être trouvée "dans les 30 prochains jours" entre Londres et les 27. 

Emmanuel Macron le plus sévère de l'UE ?

Les moyens de parvenir à un Brexit devaient occuper l'essentiel du déjeuner entre Emmanuel Macron et Boris Johnson, qui se retrouveront samedi pour le sommet du G7 à Biarritz. Emmanuel Macron a rappelé qu'il était souvent dépeint, notamment par la presse britannique, "comme le plus dur de la bande" au sein de l'Union européenne sur le dossier du Brexit. 

À lire aussi
Un pêcheur français, le 31 juillet 2018, au large de Ouistreham (Normandie). environnement
Surpêche : une décision de l'Union européenne pourrait menacer la survie des océans

C'est, a-t-il expliqué, "parce que j'ai toujours dit très clairement : il y a un choix qui a été fait (par les Britanniques), donc ça ne sert à rien d'essayer de ne pas appliquer ce choix". Mais, a-t-il insisté, "je suis comme la chancelière Merkel confiant sur le fait que l'intelligence collective et notre volonté de construire doivent nous permettre de trouver quelque chose d'intelligent dans les 30 jours s'il y a une bonne volonté de part et d'autre".                   

La question du "backstop" à trancher

Le principal défi est de trouver une solution au principal point d'achoppement : le mécanisme dit de "filet de sécurité", ou "backstop", prévu dans l'accord conclu entre Londres et l'UE en novembre 2008 mais rejeté ensuite à plusieurs reprises par le Parlement britannique. Cette disposition controversée, sorte de "police d'assurance" pour l'Union européenne, vise à éviter qu'émerge à nouveau après le Brexit une frontière entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande au sud, au risque de réveiller le conflit sur l'île. 

Sur cette question, "un travail doit pouvoir se faire" d'ici "30 jours", a déclaré Emmanuel Macron, en insistant sur le fait qu'il doit l'être "dans le cadre de ce qui a été négocié" au cours des deux dernières années. 

Mais il est dans le même temps été très clair : le "backstop" est un "élément-clé" qui apporte des "garanties indispensables à la préservation de la stabilité en Irlande à l'intégrité du marché unique", deux lignes jaunes infranchissables pour lui. "On va pas trouver un nouvel accord de retrait qui soit loin des bases" déjà trouvées, a-t-il insisté. 

Une relation franco-britannique "essentielle"

Emmanuel Macron avait souhaité que les discussions avec Londres soient "les plus amicales et confraternelles" possibles. En recevant Boris Johnson, il a insisté sur le fait que la relation franco-britannique était "essentielle et inaltérable, quel que soit le moment et quelles que soient les circonstances". Avant de souligner "la nécessité d'entretenir", après le Brexit, "cette relation privilégiée", notamment en matière de politique étrangère ou de défense

"Faisons en sorte de réaliser le Brexit d'une façon intelligente et pragmatique dans l'intérêt des deux parties", a souhaité Boris Johnson, en appelant à "intensifier le partenariat" entre son pays et la France. Car, a-t-il précisé, "tandis que les bus français roulent dans les rues de Londres (...) vos TGV circulent sur des rails construits par British Steel".   

Le marathon diplomatique du chef du gouvernement britannique se terminera à Biarritz, en France, par la première participation du dirigeant conservateur à un sommet du G7, marquée en particulier par un entretien avec le président américain, Donald Trump, fervent partisan d'un Brexit sans concession. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Union européenne Brexit Emmanuel Macron
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants