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Brexit : le Parlement refuse encore des élections anticipées, nouveau camouflet pour Johnson

Avec seulement 293 voix pour, loin des deux tiers des sièges requis pour déclencher des élections générales, les députés ont mis en échec pour la deuxième fois en cinq jours la proposition de Boris Johnson, qui voulait que les électeurs soient appelés aux urnes le 15 octobre.

Le Parlement britannique (illustration)
Le Parlement britannique (illustration) Crédit : PRU / AFP
Léa Stassinet
Léa Stassinet
et AFP

C'est une nouvelle défaite cuisante qu'ont infligée les députés britannique à leur Premier ministre Boris Johnson. Ils ont en effet refusé, pour la 2e fois en 5 jours, de déclencher des législatives anticipées, avant une suspension du Parlement jusqu'au 14 octobre, deux semaines avant la date prévue pour le Brexit. 

Avec seulement 293 voix pour, loin des deux tiers des sièges requis pour déclencher des élections générales, les députés ont mis en échec pour la seconde fois la proposition de Boris Johnson, qui voulait que les électeurs soient appelés aux urnes le 15 octobre. Avant le vote, le chef de gouvernement a assuré qu'il ne demanderait "pas un nouveau report" du Brexit, prévu le 31 octobre, en dépit d'une loi votée en ce sens par le Parlement, entrée en vigueur lundi après l'assentiment de la reine Elizabeth II. 


Recours en justice, démission ou autre, Boris Johnson n'a pas expliqué comment il compte s'y prendre. "Si vous voulez un délai, alors votez pour des élections générales !", a-t-il lancé au leader de l'opposition Jeremy Corbyn qui, selon lui, craint d'être défait dans les urnes. Celui-ci a rétorqué qu'il voulait une élection, mais se refuse à "risquer le désastre" d'une sortie de l'UE sans accord. 

La perspective d'un "no deal" inquiète

Avant tout scrutin, l'opposition veut s'assurer que la perspective d'un "no deal" est écartée et que le Brexit sera repoussé de trois mois, comme le Parlement l'a voté la semaine dernière. Ce texte oblige le Premier ministre à demander ce report à l'UE s'il n'obtient pas d'accord de sortie d'ici au 19 octobre, juste après un sommet européen. 

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Les camouflets se sont succédé depuis une semaine pour Boris Johnson. Lundi en début de soirée encore, la Chambre des communes a adopté un texte pour contraindre le gouvernement à publier des documents confidentiels sur l'impact d'un Brexit sans accord, que l'exécutif est soupçonné d'avoir minimisé. 

La séance de ce 9 septembre à la Chambre des communes est la dernière avant la suspension du Parlement pendant cinq semaines décidée par Boris Johnson. Elle a été marquée par l'annonce surprise de la démission prochaine du président de la Chambre, John Bercow, après dix ans passés dans le fauteuil de "speaker". Accusé ces derniers mois par les partisans d'un Brexit dur d'avoir outrepassé les règlements parlementaires à leur détriment, il a, les yeux embués, salué le sens de "l'intérêt national" des membres de la Chambre. 

La suspension du Parlement, dénoncée par John Bercow comme un "scandale constitutionnel", a suscité une vague d'indignation au Royaume-Uni, où ses opposants soupçonnent Boris Johnson d'avoir manoeuvré pour empêcher les députés de débattre du Brexit et précipiter le pays vers un divorce sans accord avec l'Union européenne. 

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