3 min de lecture Royaume-Uni

Brexit : qui sont les protagonistes de la crise parlementaire britannique ?

DIAPORAMA - Ces politiques britanniques mènent, à des degrés divers, la riposte à la volonté farouche du Premier ministre de sortir de l'UE sans accord au 31 octobre. Tour d'horizon des protagonistes de cette crise politique majeure.

Jeremy Corbyn, chef du Labour (principal parti d'opposition), le 4 septembre. Crédits : JESSICA TAYLOR / UK PARLIAMENT / AFP | Date : 05/09/2019
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Jeremy Corbyn, chef du Labour (principal parti d'opposition), le 4 septembre. Crédits : JESSICA TAYLOR / UK PARLIAMENT / AFP | Date : 05/09/2019
John Bercow, président (speaker) de la Chambre des communes, le 3 septembre Crédits : JESSICA TAYLOR / UK PARLIAMENT / AFP | Date : 05/09/2019
Philipp Lee, le député conservateur dissident qui a fait basculé la majorité, le 3 septembre Crédits : Roger Harris / UK PARLIAMENT / AFP | Date : 05/09/2019
Nicholas Soames, petit-fils de Winston Churchill opposé à la gestion du Brexit par Boris Johnson, ici en 2004 Crédits : JIM WATSON / AFP | Date : 05/09/2019
Jo Johnson, frère démissionnaire du Premier ministre, le 4 septembre Crédits : DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP | Date : 05/09/2019
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Thomas Pierre
Thomas Pierre et AFP

Shakespeare n'aurait pas fait mieux. Avec ses personnages haut en couleur, ses trahisons et ses rebondissements politiques, la Chambre des communes a depuis mardi 3 septembre des airs d'une pièce de théâtre historique. Sauf que se joue cette semaine dans un Parlement agité par le spectre d'un Brexit dur ("No deal") le sort du Royaume-Uni. Mais qui sont les différents acteurs de cette crise politique majeure ? RTL vous dresse leurs portraits. 

"Merde". Le mot "shit", qui résonne dans la vénérable enceinte de Westminster, émane des banquettes de cuir vert où est assis le Premier ministre. Un écart de langage inhabituel dans ces lieux, mais pas le seul de sa part. Depuis mercredi, Boris Johnson doit faire face à des camouflets tonitruants. 

Après la perte de sa majorité absolue, doublée d'une rébellion sans précédent au sein des rangs conservateurs, il a été désavoué par une majorité de députés en faveur d'un report du Brexit. Et ce, afin d'empêcher un Brexit sans accord. Si ses partisans louent son allant et sa "personnalité unique", ses détracteurs l'accusent d'esbroufe, d'opportunisme, et le compare au président américain Donald Trump. 

Depuis son banc, et devant tant de revers, le fougueux Premier ministre en a perdu ses nerfs mercredi, traitant le chef de l'opposition de "poulet au chlore" et de "mauviette".

Jeremy Corbyn, le leader travailliste

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Face à lui, pour recevoir ses noms d'oiseaux, se tient Jeremy Corbyn, chef du parti travailliste. Son nom seul fait trembler les milieux économiques britanniques. Avec la perspective d'élections anticipées au Royaume-Uni, ils redoutent en effet la possibilité d'un gouvernement travailliste mené par Corbyn.

Depuis des décennies, le chef du "Labour", très ancré à gauche, promet un programme basé sur la redistribution des richesses dans un pays où les inégalités se sont fortement creusées. Jeremy Corbyn entend notamment entreprendre des nationalisations (chemins de fer, électricité, Royal Mail) et relever le salaire horaire minimum à 10 livres (11,72 euros), contre 8,21 livres actuellement, tout en renforçant les droits des employés

John Bercow, le "speaker"

Une rivalité Johnson-Corbyn à laquelle le président (speaker) de la Chambre des communes, John Bercow a apporté sa touche mercredi en rappelant à l'ordre le Premier ministre pour les insultes envers son adversaire politique. Les noms de personnes ne doivent jamais être utilisés dans les interventions, seulement les fonctions ou l'expression "Mon Honorable Collègue". On est bien loin du langage fleuri de Boris Johnson ces jours-ci...

La suspension du Parlement qui a embrasé le Parlement la semaine passée et créé les conditions du volte-face du Premier ministre, John Bercow l'avait qualifiée de "scandale constitutionnel". "Il est absolument évident que l'objectif de la suspension est maintenant d'empêcher le Parlement de débattre du Brexit", assurait-il alors. Ces derniers jours ont montré que sous sa présidence, les "Commons" avaient su riposter.

Phillip Lee, le dissident conservateur

Ajoutez à cela des seconds rôles marquants, comme Phillip Lee. En plein discours du Premier ministre, ce député conservateur a choisi de faire défection spectaculairement en franchissant la travée centrale qui sépare gouvernement et opposition, pour aller s'asseoir sur les bancs d'en face, à côté du petit parti europhile des Libéraux démocrates. 

Dans sa lettre de démission, Phillip Lee dit regretter que le Brexit ait "contribué à transformer ce qui fut un jour un grand parti en (...) une faction étroite". Résultat : Boris Johnson en a perdu sa majorité absolue.

Churchill viré du parti

Un protagoniste tout ce qu'il y a de plus symbolique cette fois. Nicholas Soames, le petit fils de Winston Churchill a été mis à la porte du Parti conservateur. De quoi se faire retourner dans sa tombe le chef du gouvernement qui mena la Grande-Bretagne à la victoire pendant la Seconde Guerre mondiale. 

Ironie supplémentaire : c'est Boris Johnson, fan de l'ancêtre sur lequel il a écrit un livre, qui a décidé de renvoyer du parti tous les députés tories qui voteraient contre sa gestion du Brexit, ce qui a été le cas de Nicholas Soames.

Jo Johnson, le frère europhile

Dans cette série de rebondissements théâtraux, il ne manquait plus que la démission du propre frère du Premier ministre britannique. C'est chose faite depuis jeudi. Jo Johnson a annoncé son départ du gouvernement conservateur où il occupait un poste de secrétaire d'État, affirmant placer l' "intérêt national" avant la "loyauté familiale". 

"Ces dernières semaines j'ai été tiraillé entre la loyauté familiale et l'intérêt national - c'est une tension insoluble et il est temps pour d'autres d'assumer mes rôles de député et de membre du gouvernement", a tweeté Jo Johnson, favorable à un deuxième référendum sur le Brexit, alors que son frère veut une sortie de l'UE au plus vite. Une trahison supplémentaire, fratricide cette fois, que Richard III lui-même ne renierait pas...

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