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"Avec ICE, ils ont peur" : à Minneapolis, des bénévoles livrent des courses à des immigrés cloîtrés chez eux

Depuis la mort d’Alex Pretti, abattu par des agents de l'ICE, police de l’immigration à Minneapolis, la peur s’est installée durablement dans certains quartiers. Par crainte d’être interpellés puis expulsés, des immigrés ne sortent plus de chez eux et dépendent désormais de bénévoles pour se nourrir, tandis que les opérations de répression se poursuivent dans le Minnesota.

Des agents fédéraux avancent lors d'une opération de maintien de l'ordre devant le Whipple Building, un bâtiment de l'ICE, à Minneapolis, dans le Minnesota, le 11 janvier 2026.

Crédit : Kerem YUCEL / AFP

À Minneapolis, les immigrés cloîtrés chez eux face à l'ICE sont ravitaillés par des bénévoles

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Arnaud Tousch - édité par Yasmine Boutaba

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Depuis ces deux drames, la peur s’est intensifiée au sein de la communauté immigrée à Minneapolis. Le 23 janvier, Alex Pretti, infirmier américain de 37 ans, a été tué par des agents fédéraux engagés dans des opérations anti-immigration.

Trois semaines plus tôt, Renee Good, mère de famille du même âge, avait elle aussi été abattue par des agents de l’ICE, à un peu plus de deux kilomètres de là. Beaucoup évitent désormais toute sortie, redoutant un contrôle qui pourrait mener à une arrestation ou une expulsion.

Dans certains quartiers, des familles vivent aujourd’hui cloîtrées chez elles. Les courses, les médicaments et les produits de première nécessité leur sont apportés par des bénévoles. "Ils ont un nouveau système de suivi, ils utilisent ce système pour suivre les personnes qui vont livrer les courses", a confié à RTL Ron, un habitant persuadé que la police de l’immigration surveille désormais aussi les réseaux d’entraide.

Des livraisons discrètes

Au volant de sa voiture, le bénévole se sait surveillé, il s’occupe depuis trois semaines de livrer bénévolement des courses à ceux qui ne sortent plus. En toute discrétion, il a rendez-vous à l’arrière d'une épicerie, le patron lui confie des produits. Cette peur a aussi un impact direct sur l’économie locale. À l’arrière de son magasin, un commerçant remet discrètement des produits à un bénévole venu les livrer. Sa boutique, autrefois fréquentée, est aujourd’hui presque vide.

"Depuis des années on a beaucoup de clients, mais depuis ce qu’il se passe avec l’ICE les clients ont peur de sortir. Notre chiffre d’affaires a diminué de moitié, c’est difficile en ce moment", a-t-il témoigné au micro de RTL.

Ce retraité de 62 ans fait partie des quelques bénévoles. Et les consignes sont strictes : pas de GPS, seulement une adresse et un numéro de téléphone. Devant les maisons, il appelle. À la fenêtre, un homme observe, vérifie, s’assure qu’il ne s’agit pas d’un piège. Les sacs sont laissés à l’extérieur, sans contact direct.

Ron répète ce geste jusqu’à quatre fois par jour. "J’ai deux enfants hispaniques et c’est le minimum que je puisse faire", a-t-il expliqué au micro de RTL. Une fois la livraison terminée, il s’est éloigné du quartier avant de rallumer son téléphone portable. Dans une ville sous tension, ces livraisons discrètes sont devenues un lien vital entre des habitants invisibilisés par la peur et un extérieur devenu trop risqué à affronter.

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