3 min de lecture Attentats en Catalogne

Attentats en Espagne : Ripoll, une commune de 10.000 âmes visée par l'enquête

Au moins cinq des douze jihadistes suspectés d'avoir commis les attaques des 17 et 18 août auraient grandi dans la petite ville de Catalogne.

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Ripoll, la commune catalane qui intéresse les enquêteurs après les attaques des 17 et 18 août Crédit Image : PAU BARRENA / AFP | Crédit Média : Patrick Isson | Durée : | Date : La page de l'émission
Patrick Isson et La rédaction numérique de RTL

Ripoll sous le choc. Dans la petite ville catalane de 10.000 habitants, à quelque 700 mètres d'altitude au pied des Pyrénées, un groupe de jeunes Marocains a peut-être imaginé et préparé les pires attentats jihadistes commis en Espagne depuis le 11 mars 2004. "Que des voisins depuis toujours finissent par te faire ça...", se lamente Maria. Depuis les attaques perpétrées à Barcelone et Cambrils les 17 et 18 août, la commune intéresse particulièrement les enquêteurs catalans. La crispation est palpable après une journée d'arrestations et de perquisitions, menées sous le regard des villageois par des policiers cagoulés.

Une nouvelle perquisition a eu lieu samedi pendant deux heures dans l'appartement d'un imam de Ripoll, Abdelbaki Es Satty, d'après son colocataire, Nourddem, qui refuse de donner son nom de famille. "La dernière fois que je l'ai vu c'était mardi (15 août, ndlr) et il m'a dit qu'il allait voir sa femme au Maroc", assure le colocataire. D'après El Pais, qui cite des sources policières, l'imam pourrait être un des morts de l'explosion d'une maison, mercredi soir à Alcanar, dans l'extrême-sud de la Catalogne.

Des suspects natifs de Ripoll

Ripoll, fière de son statut de ville historique, avec un imposant monastère du IXe siècle, aurait abrité au moins cinq des douze suspects impliqués dans les attentats : des jeunes de nationalité marocaine, pour certains nés sur place de parents venus du Maroc. Moussa Oukabir, 17 ans, né à Ripoll mais Marocain, son voisin d'immeuble Mohamed Hychami, de 24 ans, né à Mrirt, et Said Aallaa, de 18 ans, né à Naour au Maroc, ont été abattus par la police vendredi 18 août après avoir lancé à toute allure leur voiture sur la promenade de la station balnéaire de Cambrils.

Au moins quatre personnes sont en garde à vue, dont des habitants du village et un homme de Melilla, enclave espagnole en Afrique du Nord. Un serveur assure en avoir croisé certains et leur avoir même "servi de la bière", à de nombreuses reprises. Dans l'immeuble d'un des présumés terroristes, une famille pleure. Yamila, une voisine, assure que Said Aala, leur fils, était un jeune bien et travailleur. "Un ami l'a appelé jeudi à 15 heures et il est parti faire un tour", dit-elle. C'était deux heures avant l'attentat de Barcelone.

Un maire désemparé

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Dans le village, on parle de radicalisation récente de ces hommes, de jeune filles qui se voilent davantage et de certains habitants devenus plus religieux et de moins en moins sociables. Le maire s'interroge ce samedi 19 août sur son pouvoir d'action face à la présence de membres de la cellule jihadiste. "Si des responsables comme ceux de Londres, la CIA, les Américains, les services de renseignement espagnols, ou même le gouvernement catalan avec les Mossos d'Esquadra ne sont pas capables de l'empêcher, comment la municipalité d'un village de 10.000 habitants avec seulement 14 policiers pourrait-elle l'empêcher ?", demande Jordi Munell.

Des recherches dans la presse locale montrent une polémique autour d'une nouvelle mosquée, en 2008, et, plus récemment, une tribune dans un quotidien local en ligne se plaignant "d'insultes" à l'égard des musulmans, mais aussi de la nécessité que l'exécutif de Catalogne "contrôle davantage la parole de certains imams qui prêchent lors du ramadan". Mais le maire assure que la communauté musulmane locale lui a expliqué que, "lorsqu'un imam tient un discours anti-occidental, violence machiste ou réinterprétation du Coran, il est rejeté ou on tente de le faire changer".

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